Notes réflexives du dimanche 26 avril 2009

Je ne sais encore comment inscrire certaines intuitions « globalisantes » qui s’imposent, parfois conscientes de leurs imperfections, mais éclairant un ensemble historique énorme… Je me demande très sérieusement si ma vie telle qu’elle est peut laisser la place à l’inscription de telles intuitions, qui demanderaient quelques dizaines d’années exclusives chacune.

Bien, après trois mois de confusion, et malgré une étrange continuité mentale « de fond », je vis un indéniable réveil intellectuel. Et je ne comprends pas cette inertie qui me fait appréhender la chose, de manière que je suis pris d’une angoisse (une retenue) à me consacrer à l’écriture… Alors que j’espère toujours « que les choses se passent bien », quand elles semblent bien vouloir se passer, je reste au guet, à craindre de tremper le premier orteil dans une eau aussi attirante que glacée. Désagréable. Je ne sais plus si c’est comme je le dis, une conséquence de la dévoration de mon énergie par le salariat, ou si « ça » aurait lieu même si j’étais rentier. Je ne saurais jamais. Indéniablement, je me sens fatigué, et ceux qui n’écrivent pas ne peuvent savoir, l’écriture demande une énergie folle, intacte, brute, bien loin des fantasmes adolescents d’une pratique pulsionnelle inspirée et nocturne.

Il faut se donner, s’abandonner, sombrer, ou tout vocable équivalent, et que se soit pour la poésie ou pour la recherche, s’immerger sans avoir peur de perdre tout le reste. Mes chaînes sont un tout le reste qui me retient au bord.

Voilà pourquoi il n’est pas acceptable d’entendre la Bourgeoisie s’enorgueillir de donner sa culture au monde. L’observation est d’une bêtise toute sociologique, qui prend un état de fait pour cause ontologique.

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