Percée

Quelle merveille, l’écriture ! c’est net, c’est clair, même ici… Rien à voir avec la vie mentale, le merdier sans nom des humeurs internes. Et ce corps qui hurle, qui te trahit…

Ta gueule, Ceronetti, vieux puritain !

Ça non, pas silencieux ! À moins que mon esprit ne le sabote. Mais ça revient au même, ça te lâche… Et le mélange inextricable corps/esprit… Tu piges plus rien !

Et l’écriture. Et là, ce qui est bouilli devient net, et la nécessité de mettre les mots dans l’ordre, les uns derrière les autres, et l’activité mentale qui se met en ordre de marche, dans le fil des phrases, et enfin, de la clarté ! Et ce qui n’est que douleur sale devient expression. Ce qui est sans issue trouve une échappatoire. Ce qui tourne à vide se débobine et s’inscrit ici aux dépens du pauvre lecteur. Oui. Mais au moins, moi, je suis soulagé ! Et tant qu’à faire… C’est peut-être difficile à comprendre, mais même lorsque s’inscrivent les pires horreurs, l’écriture est toujours un mouvement positif. C’est toujours de l’ordre dans le chaos. C’est toujours une médiation et ce qui fait souffrir le plus, c’est bien l’absence de lien, de communication, cette salope de solitude ontologique !

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