Sa fête à l’Aragon

Il y a quelque temps, je disais à Golo combien j’estimais l’écriture de Louis Aragon, et brusquement, en réaction, il me balance quelque chose comme « Ha non ! Pas le traître ! » qui m’amuse fortement. Et je me dis trop rapidement « Hum, on déteste plus ses traîtres que ses ennemis… » Je n’y pensais plus, quand quelques semaines plus tard, Golo m’offre ces étranges cartes postales des années 80, éditées par un ami à lui, microéditeur pirate. Ces cartes sont à la fois drôles, avec leurs noms d’éditions fantaisistes, et terribles. Elles rappellent un temps où les passions idéologiques n’étaient pas éteintes et sont le témoignage d’un fait culturel français aussi majeur qu’étouffé : la manière dont la plupart des écrivains français du XXe se sont entachés d’indignité par complaisance ou complicité avec des expériences politiques sanglantes. Il reste à écrire une histoire de la bourgeoisie culturelle Française au Xxe siècle, de ses compromissions autant avec le nazisme, le fascisme que le stalinisme…

Elles sont aussi un exemple d’éditorialisation idéologique et parodique de photographie d’archives :

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