Tiens ! Je ne parle jamais des livres que je n’aime pas…

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Oui, je ne suis pas très pour faire de la pub aux choses que je n’aime pas. Mais là, je viens de lire deux livres qui me restent en travers de la gorge :

« Anji San » de Georges Akiyama

Il est assez rare que je ne sache pas mettre les mots sur une sensation. Mais là, voilà, la lecture assez ennuyeuse de ce manga, et malaise diffus, si diffus que je n’arrive pas à le qualifier. Je me suis même demandé comment je pouvais trouver malsain ce livre bouddhiste, moi qui trouve amusant les horreurs d’un Maruo où Shintaro Kago ? Pourtant, c’est le cas. Je crois que la vraie perversion d’une oeuvre se cache non dans l’explicite, mais dans le souterrain, le non-dit, le non exprimé, le caché, voire l’hypocrisie. Et je crois qu’on atteint le comble du malaise lorsqu’on sent, comme ici, l’auteur pas complètement clair avec lui-même… Devant mon incertitude, j’ai même pensé à un hiatus culturel, mais quand même, j’ai tellement lu de manga sans jamais ressentir ça, que je ne peux croire à un malentendu. Il y a donc quelque chose, dans ce livre, qui me chiffonne. Et voilà, du coup, c’est peut-être intrigant, alors que je n’ai pas aimé ! Je savais bien qu’il ne faut pas dire du mal d’un truc au risque de se contredire en en faisant publicité !

Et « la Grande Odalisque » & « Olympia » de Vivès / Ruppert & Mulot

Par contre, là, pas de malaise insaisissable, pas de sensation difficile à exprimer. Double daube hideuse et insupportablement misogyne. Un fantasme de nerds puceaux, ou bloqués dans la psyché puceau, mais prétentieux ! De la nourriture pour bétail, ou à la limite, adolescent… Que c’est laid ! Et quelles audaces chaque page renouvelée dans les clichés de la pétasse ! Le comble étant le truc marketing de la couverture fantasmatique, avec chaque fois la gonzesse à poil dans une situation romanesque, qui ne fait pas parti de l’histoire, mais d’un rêve raconté par l’un des protagonistes. On sent le « j’ai eu une super idée ! » reconduite sur les deux livres, et qui finit par montrer ce qu’ils ne disent pas : BD de branleurs pour… pour qui en fait ?

Je suis maso, mais surtout je ne désespère pas des gens, alors j’ai aussi lu « La technique du périnée » de Rupper & Mulot… Bon, faut leur expliquer que couper les doigts (évoque une BD de Bizarre Sex de 1972), ce n’est pas une métaphore de la masturbation, mais de la castration. Déjà ça. Ensuite, je vois bien que l’esthétique lorgne sur l’Art contemporain (mais en passant par Moebius, faut pas trop non plus !), qu’on nous fait systématiquement maintenant, le « c’est moche, mais c’est fait exprès t’y comprends rien », sauf que j’en viens, des arts plastiques, et que je m’y retrouve pas, pas comme chez le sublime Yuichi Yokoyama par exemple. Non, je suis juste devant de la laideur plate, insipide, aussi désertique dans le fond que dans la forme, moins sexy qu’une fiction TF1, et avec cette sensation persistante et désagréable de voir s’étaler devant moi la psyché d’un puceau qui le restera ad-viternam, car on peut baiser et sur-baiser en restant puceau, c’est-à-dire en se masturbant à deux…

Tout ça est d’une beauferie consommée. et en parlant de consommation… c’est très conforme à l’époque. Passons, après tout, je viens de lire trois très bons livres de copains. Je vais plutôt me remettre à parler de ça, du plaisir à lire de l’esprit, de la finesse, de l’invention.

Je crois que je touche du doigt (sic !) le pourquoi je ne peux plus lire mes vieux Metal Hurlant… Et pourquoi je ne rachète pas, comme pourtant ils le font tous, mon adolescence…

 

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