Diabolique Roman Muradov

Diabolique Roman Muradov

[dropcap]H[/dropcap]ier j’ai accompagné Kathrine Avraam qui voulait rencontrer Roman Muradov, un jeune auteur qu’elle avait cité dans un mémoire de M1 sur l’abstraction narrative, l’année passée. Comme je ne suis pas l’actualité BD, je ne savais rien de ce jeune illustrateur russe qui a déjà une solide notoriété. J’ai fait quelques photos et il m’a offert Continue reading Diabolique Roman Muradov

Presque nu sous la pluie

Cette nuit, deux rêves, une double évasion, une double perdition et la découverte d’un pays de cocagne… Au milieu, je me laissais prendre par une forte pluie d’été nocturne, dans une grande rue animée par une grande fête.   [Je sais, « double perdition », ça sonne bizarre ! :)]

Subtile

Les plantes, contre la vitre, sont irisées de lumière. J’ai le réflexe de les photographier, avec même en sous-programme le dilemme du choix : serait-ce mieux avec le smartphone ou le reflex ? Et puis non. Le spectacle me suffit. Voilà un geste très narcissique : il n’y aura pas de trace, juste une jouissance personnelle. (Pas d’autre Continue reading Subtile

Narcisse et Céphalée

Narcisse et Céphalée

Les dessins de Marine Blandin sont beaux. Beaux et jubilatoires. Je crois que si je les aime tant, c’est aussi parce qu’à travers l’archéologie des références purement BD, j’y trouve aussi des évocations du dessin des expressionnistes allemands. Une dislocation chantante à la George Grosz, ou quelque chose comme ça. Enfin, c’est beau. Et c’est Continue reading Narcisse et Céphalée

Les rêveries de la descente nocturne

Ce matin, je lutte contre une immense tristesse, irrationnelle. Quelque chose qui m’attrape au centre, et tire vers le bas, jusqu’au sol, vers cette pulsion d’acceptation finale, cette prescience du corps inerte qui s’abandonne déjà à la putréfaction. Non. Accepter l’augure des maigres rayons de soleil qui percent le plafond de nuage. Me vient un Continue reading Les rêveries de la descente nocturne

Pink Pieles

Pink Pieles

Vu ce soir, « Pieles », le conte rose-bonbon d’Eduardo Casanova, jeune réalisateur espagnol. Ce n’est pas un grand film, mais encore une « première œuvre curieuse » et déjà un amusement. En espérant qu’il confirme, car oui, les réalisateurs finissent mal, en général… À suivre. Et d’ailleurs, facile à suivre sur Instagram :  

Vivre aux frontières du cône de frottement

« le monde n’est qu’une bransloire perenne ; toutes choses y branslent sans cesse, la terre, les rochiers du Caucase, les pyramides d’Aegypte, et du bransle publicque et du leur ; la constance mesme n’est aultre chose qu’un bransle plus languissant. » Le plus beau cerveau de par mes contrées ne pouvait imaginer que ce « pérenne » deviendrait douteux. J’ai Continue reading Vivre aux frontières du cône de frottement

Zibaldone [1587-1590]

Zibaldone [1587-1590]

Leopardi parsème ses considérations linguistiques si datées de petites choses comme celle-ci : « Celui qui a perdu tout espoir d’être heureux ne peut songer au bonheur des autres, car on ne peut le rechercher que par rapport au sien propre. Il ne peut plus même s’intéresser au malheur d’autrui. »

Zibaldone [986-988]

Zibaldone [986-988]

« En toutes choses, le plaisir est toujours la fin et l’utile n’est que le moyen. » Une minuscule phrase, Giacomo Leopardi sait qu’il transgresse. C’est ce qu’on attend d’un auteur.

Serré

Mélancolie du milieu de la nuit. Sentiments désagréables d’être encore perdu. De rester troublé, comme les eaux sales. Dans des douleurs impures, inconfortables. Inconsolable, irrécupérable, minable. Gaspillé, jeté, prisonnier. D’une vie dissonante.    

En bas de chez moi, un homme souffre

Il vient d’inhaler une dose du produit qu’il utilise pour nettoyer l’immeuble. Des fenêtres, on conseille à son collègue affolé d’appeler les secours, et son patron… son patron rechigne, la conversation au téléphone dure, pendant que l’autre, au sol, souffre gémit, se tient le visage avec un pull… Les voisins se scandalisent de l’immobilisme, la Continue reading En bas de chez moi, un homme souffre