Bonjour tout le monde !

Le titre de ce premier billet de “ma vie normale” est celui du premier billet par défaut de WordPress. Laissons les choses en l’état.

L’ouverture de ce blog “dans le blog” coïncide avec une forme de libération. Mais il est l’enfant d’une longue réflexion, et de mois, voire d’années de frustration. Dans les blogs antérieurs, en effet, je ne pouvais pas inscrire mes journées, par interdit juridique, et donc, disparaissaient de  ma vie les choses les plus drôles. Et en même temps, disparaissait le fait que je suis du genre à raconter des bêtises toute la journée, et les situations souvent grotesques de la vie sociale commune. Disparaissait aussi des blogs antérieurs des pans entiers de ma vie, dont le sexe, à cause d’à cause de. Les implications des uns et des autres, les prévenances, mes délicatesses morales, etc.
 Enfin, toutes ces choses ont produit des dizaines de billets que je n’ai jamais publiés, et la frustration montait. Il fallait faire quelque chose. La première, se débarrasser de la disparition de mes journées. Et ça voulait dire reprendre le contrôle de mes journées, et surtout, en reconquérir la propriété. Bien sûr, je me retrouve avec un trou de 15 ans, 15 ans de vie, 15 ans d’anecdotes sur lesquelles je n’aurais, définitivement, jamais aucun droit. Il faudrait s’interroger sur la barbarie de cette situation. Mais ce n’est pas mon propos. Et pour autre chose, il fallait prévenir : “bon, je te préviens, le prochain blog va parler de cul. Il serait préférable que tu ne le lises pas… OK ?” Petite discussion, et OK. OK ? Alors j’y vais.
Mais la raison, la raison, c’est que je me suis rendu compte du portrait faussé que dessinaient ces blogs. Puisque l’humour disparaissait, puisque la volupté aussi, il ne restait que le pire, le ressassement, les humeurs grises d’une âme qui n’a pas besoin de ça, déjà. Alors, ne restait de moi qu’un portrait en poète tourmenté.

ciel

Ce portrait ne ment pas, mais il est tronqué. C’est une parcelle de moi. Et je n’arrivais plus à me confronter à ce bout de moi qui prenait son indépendance, et venait même influencer gravement l’ensemble de ma vie. 
Je voyais dans le regard de mes lecteurs que je croisais une image de moi réduite à mes cinq minutes de morosité journalière…

Je savais depuis longtemps que cette situation, et ce placement éditorial, d’une certaine manière, n’étaient plus tenables. Et puis la morosité étant contagieuse… Mais j’attendais que certaines contingences s’évanouissent d’elles-mêmes, un poil lâchement…
Alors, même si je sais le langage créé pour mentir. Même si je sais ça, je n’écris pas pour mentir. Et quel que soit mes efforts, le mensonge s’approfondissait.
Donc, nouveau blog. Et vogue !

Comment ( 1 )

  1. / david duquerroigt
    Faut dire le 22 mars c'est un anniversaire et même d'un mouvement qui eut son temps. Bon, c'est vrai la plupart des gens qui lisent ici (ou publient) ne l'ont pas connu, mais quand même. Salut.

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