Devant moi

Devant moi, à trois mètres, un ouvrier démonte l’échafaudage, libre, sans protection, habillé de vêtement de travail en lambeaux, littéralement en lambeau : des filaments de textiles hirsutes pendent des poches retournées, comme le dernier des clochards. Il se penche vers moi, sans me regarder, pendant dans le vide, pour désolidariser l’échafaudage du mur. Ensuite, il teste l’équilibre de l’ensemble, qui brangeole dangereusement, et son collègue, en contrebas, fait une moue dubitative. Je me demande s’ils vont laisser la tige filetée dans le mur, maintenant qu’elle est difficilement accessible. Mais je ne pense qu’à une chose : je ne veux pas qu’il tombe sous mes yeux. Déjà, l’un de ses collègues, tout à l’heure, démontant un pan lourd de l’échafaudage, se l’est fait tombé dessus par maladresse et a été sauvé par les murets. Ils sont maladroits, nonchalants, et comme à l’abandon. Pourtant, le travail avance, même si l’évacuation d’un des leurs par les pompiers, il y a quelque temps, ne semble pas leur avoir servi de leçon.

 

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