Le 24 mars 1995

Transcription numérique de mes archives pré-numériques (petit carnet retrouvé, avec juste quelques pages…) :

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L’arrière du 4×4 est pas très confortable. Nous passons devant “l’aire de la fontaine Colette ». C’est charmant. Je m’ennuie ferme. Il y a des voyages qui m’amusent. Celui-là m’emmerde. Il fait trop chaud. Même si j’ouvre la fenêtre, je n’arrive pas à avoir de l’air frais. J’ai mal aux riens et je change tout le temps de position. Sur ces petits sièges d’appoint, tous les mouvements de la voiture sont accentués. La voiture étant très longue, je ne peux pas communiquer avec mes parents devant. Tant mieux. ça m’arrange. Ça faisait des années que je n’avais pas été dans la même voiture qu’eux. Je m’ennuie. Voilà. « Aire du moulin rouge ». Cette région de France n’est pas très belle. C’est loin d’être la plus belle. “Tours” ! Enfin ! Je commence a avoir une migraine désagréable. C’est ça, c’est un voyage pas vraiment pénible, non, juste désagréable. C’est très délicat d’écrire avec les cahots de la voiture. D’habitude, les voyages me débloquent les neurones et je pense, je pense, comme si le fil de la route servait de rail à mes pensées. Là… Rien ! Si je n’écrivais pas, j’aurais la tête vide. j’ai maintenant les tempes dans un étau. Ma mère ne sait se servir de rien dans cette voiture. Tout à l’heure, elle a ouvert le capot à la place du bouchon d’essence et maintenant elle essaye d’allumer la radio… La balance est mal réglée et le son est très bas devant, et très fort derrière… Juste à côté de mon oreille ! Sa ma mère lisait ça, ce que j’écris là, elle dirait : « tu te plains tout le temps ! ».

J’essaie de fixer mes pensées sur toi. Toi. Mais je n’arrive pas à ressentir des choses positives. Je sens qu’en arrivant je vais être chiant.

ça m’énerve de ne pas être là ce soir avec toi pour ton départ, mais je sais que ça aurait été déprimant de me retrouver demain matin chez moi sans toi, avec toi à la mer.

« Amboise » ! C’est bien là que Léonard de Vinci a terminé sa vie ? Je crois. Prochaine sortie « Chenonceau ». À la radio, une fille raconte que novembre/décembre est la période des dépressions et que les scientifiques disent que c’est à cause du manque de lumière. Alors, elle préconise des cures de lumière. Tient, le château de Chambord. J’ai pensé à deux trois petites choses douces. Quelques petites attentions que tu as eues à mon égard, quelques petits mots que j’aie aimés. Ça me calme. Je ne suis plus grognon, ça me détend et m’aide à patienter. Je ne sais pas si nous arrivons bientôt… Sur cette autoroute, il n’y a jamais de kilométrage… Bizarre. « Vous êtes à 150 kilomètres de Paris-Notre Dame ». Enfin ! Mais c’est un panneau touristique… Ha, ça y est, la sortie ! ça s’appelle « Meung »… Génial…

[Sur la dernière page] : « La sensation aiguë de faire ce qu’on a à faire. »

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