Les vagabonds n’ont pas perdu le goût de la chose chantée

Je continue mon exploration du défunt éditeur Ludd. Alors que je ne suis pas particulièrement luddiste… mais je dois bien avouer que ces livres très bien faits, beaux papiers, cahiers cousus solides et textes de choix joliment typographiés sont vraiment très agréables à tenir, à ouvrir, à lire.  Aujourd’hui, lu un  livre fin, édition 1987, maquette d’Angèle Soyaux, juste une nouvelle de Jorge Semprun : « Les vagabonds n’ont pas perdu le goût de la chose chantée ». Titre trompeur. Même sortants de la guerre, ces trois jeunes gens livrés à eux-mêmes, alcool, dialogues enlevés, qui sonnent juste, et drôles, dragues et encore dislocation sociale, auront du mal à passer pour des vagabonds, restent des fils de [très] bonne famille, cultivés, subtils malgré leurs très narcissiques problèmes de fin d’adolescence. Une conclusion qui doit contrebalancer, faire leçon et troubler le lecteur, aujourd’hui malheureusement un peu usée (l’usure de la fiction est cruelle, n’épargne aucun drame). Et je ne suis pas fanatique des illustrations de Kantoroovicz, mais elles donnent quand même un charme à l’objet.

Et au bout, et tout du long, une lecture absolument lumineuse. 

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