Premiers regards sur le programme du FIBD2012

L’avant programme du festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2012 est disponible en téléchargement sur le site officiel depuis la fin décembre. On peut donc déjà jeter un œil sur ce qui nous attend cette année…

L’avant programme en téléchargement

fibd2012-288x300À mon sens, la qualité principale du festival international de la Bande dessinée est justement sa dimension internationale. Chaque année, participants ou simples visiteurs venus du monde entier envahissent cette petite ville de province française, la transformant temporairement en un incroyable lieu de rencontre et de découverte. Par goût personnel, mais peut-être aussi par usure, je suis sensible à cet aspect-là de l’événement plutôt qu’à la grande foire commerciale qui pourtant justifie et pérennise son existence. Dans ce premier billet, je vais donc privilégier cet aspect des choses avant de m’intéresser plus tard aux autres facettes du Festival.

Les « rencontres internationales » :

Le lourd de chez lourd, c’est évidement la présence d’Art Spiegelman, qui, s’il est déjà venu, est là cette année en tant que Président, ce qui devrait lui conférer autant responsabilité que privilège. Et parmi les privilèges, celui d’imprimer sa marque à l’ensemble du festival. Mais c’est au moment du bilan qu’il faudra se demander jusqu’à quel point l’œil panoptique d’un Spiegelman aura influencé cet opus…

L’interview d’Art Spiegelman en trois parties sur Youtube :

Angoulême 2012 – Interview Art Spiegelman (1/3)

Angoulême 2012 – Interview Art Spiegelman (2/3)

Angoulême 2012 – Interview Art Spiegelman (3/3)

Donc, au programme cette année, une « rencontre internationale » avec Art Spiegelman, même si ce n’est pas une première et que j’imagine qu’on va de nouveau lui poser des questions sur Maus, et qu’il aura surement déjà dit ce qu’il avait à en dire au Festival comme ailleurs. Mais l’inédit, cette année, c’est l’inscription au programme d’une rencontre avec Françoise Mouly, sa femme, et accessoirement (c’est un euphémisme) directrice artistique du New-Yorker.

Cette double rencontre avec ce couple d’acteurs majeurs de l’histoire graphique de la fin du XXe siècle représente pour moi le moment fort de ce festival. Un moment qui dépasse en importance le monde par ailleurs assez clôt de la Bande dessinée.

Évidemment, les rencontres avec Chris Ware (déjà vu) ou Charles Burns (déjà vu),  vedettes incontournables de ces dernières années apparaissent par contraste plus consanguines, plus « bédéphiliques ». Mais si on a un peu l’impression de rejouer chaque année la même scène, c’est peut-être simplement parce que les auteurs qui sortent du lot au court d’une décennie changent peu et qu’on ne découvre pas systématiquement un grand auteur chaque année… à l’image des réalisateurs qu’on retrouvera pour chacun de leur nouveau film dans la sélection Cannoise.

Les expositions :

Je n’ai jamais particulièrement gouté les expositions de bande dessinée. Mais je dois avouer que le programme du festival m’a parfois offert de très belles surprises, comme en 2009 avec l’exposition des auteurs sud-africains du magazine Bitterkomix, ou encore en 2011 avec le choc visuel des planches du Hong-Kongais, Tony Wong Yuk-Long :

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Ces expositions contre nature représentent donc, pour me contredire, un excellent vecteur de découverte des productions qu’on n’aurait peut-être pas eu le réflexe de feuilleter, ou à laquelle on n’aura tout simplement pas accès. Le nombre de traductions est toujours limité, et largement accaparé par le Manga mainstream et le comics Marvel et DC.

De ce point de vu, le programme de cette année est déjà prometteur, avec une expo sur la bande dessinée suédoise, une autre sur la BD espagnol, une « spéciale Taïwan », et enfin une dernière présentant le travail d’une cinquantaine d’auteurs européens. Autant de chance de découverte donc ! On peut y ajouter l’Espace Mangasie qui institutionnalise chaque année un peu plus la présence de l’immense production asiatique.

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Et bien sûr, je vais clôturer ce rapide premier regard par l’EXPO, c’est-à-dire l’exposition officielle, celle du président, Art Spiegelman. La surprise, c’est qu’il semble y avoir deux expositions autour de Spiegelman, la première, l’officielle, dans le bâtiment Castro, et l’autre en face, de l’autre côté du fleuve, dans l’enceinte du Musée de la BD : « Le Musée privé d’Art Spiegelman ».

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Alors, pour les novices et en guise de conclusion provisoire, on reconnait la communication du Musée de la BD, qui dépend de la Cité de la bande dessinée et de l’image (et qui n’a rien à voir avec le Festival, donc) à la typo illisible dessinée par Étienne Robial…

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