Une lecture de B. Traven

Je termine le B. Traven que Golo m’a prêté avant de partir pour la semaine. J’étais très intrigué à plus d’un titre. C’était l’un des livres de Golo qu’il me restait à lire, et je ne comprenais pas pourquoi un type comme moi, qui depuis l’enfance enregistrait les écrivains comme d’autre les joueurs de foot avait pu passer à côté de Traven ? Je pense maintenant qu’Hollywood m’a caché l’auteur… Ce qui arrive souvent, qu’Hollywood cache, voire détruise un auteur. Mais à la lecture passionnante de la biographie qu’en a tiré Golo, je comprends à la fois l’attachement qu’il a pour cet auteur — ce livre représente un labeur monumental — et pourquoi celui-ci est resté loin de moi. C’est un exilé voyageur, comme Golo lui-même, et je dois bien avouer que mes idoles littéraires, comme Kafka ou Pessoa, sont bien plus immobiles et grises, bien plus intégrées, et participent même de cette armée honnie de la « classe moyenne » collaboratrice de tous les systèmes,  à l’image du centre flasque de ma vie.

Ce mitan d’une vie grisâtre sur lequel j’ai tiré un trait pour revenir à cette bohème que je n’aurais jamais dû quitter, par une fuite presque immobile qui provoqua tant de rencontres, dont celle avec cet extraordinaire Golo, éternel exilé.

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