cinéma

Visite de La Maison Russie

Me suis laissé prendre, hier soir, doucement, par le visionnage de « La Maison Russie » (1990), adaptation d’un roman de John Le Carré par Fred Schepisi. Je n’ai jamais lu de livre de John Le Carré, n’ai aucun goût pour les histoires d’espionnage, et n’identifie pas du tout Fred Schepisi… Et ce n’est pas la liste de ses films qui m’aide à comprendre qui est ce gars ? Mais voilà… Je me laisse glisser, malgré le scénar romantique attendu et un encéphalogramme plat, dans de superbes plans touristiques à la limite du reportage. C’est beau, c’est visuellement inattendu, c’est loin des clichés, et c’est assez agréable. On aimerait presque s’éterniser dans ces très beaux portraits de villes. Dans sa fantaisie romantique, le scénario est bien plus crédible que les ramassis de clichés violents qu’on nous sert habituellement sur l’espionnage. C’est sans violence physique, sans violence autre que la pression psychologique sur les personnages, et à ce propos, le réalisateur se serait efforcé de rendre tangible cette oppression et de faire monter un peu la sauce, et le film aurait été remarquable. Il était déjà relativement beau, il aurait suffi de peu, peut-être juste de supprimer la moitié de l’insupportable musique…

Ha si, quand même : Sean Connery y joue comme un pied.

Ha oui, aussi, à peine, derrière, un sujet très très sérieux : comment une bonne part de la haute bourgeoisie américaine qui tirait directement profit de la course aux armements a eu du mal à faire le deuil de la guerre froide…

Blade Runner 40′

Revu Blade Runner, l’original, dans la version… heu… je sais pas trop. Wikipédia dit qu’il en  existe 8 versions ! 8 ? Pourquoi ? Haaaaaa ! c’était donc l’un des premiers films « produits marketing », dont les versions ont été testées sur un public choisi avant diffusion !

Avec ensuite, pour vendre, revendre, rerevendre, la pseudo polémique sur la version du réalisateur ! Ha !

Alors, j’étais dans la salle à l’époque, et j’en ai un bon souvenir, fun, romantique, mais il me semblait qu’il y avait une insupportable voix off ?

J’étais, bien avant sa sortie, un gros lecteur de Dick. Je n’ai aucun souvenir d’avoir fait un quelconque lien. C’était autre chose. Mais j’étais ado et c’était de la SF, et ça me suffisait.

Aujourd’hui, je regarde ça d’un oeil distrait, l’histoire étant lessivée depuis longtemps, et je suis frappé par une chose, LA chose la plus GROSSE du film : C’est juste un pastiche 80 d’un polar 40 ! Juste ça, rien de plus, sans une once d’invention, et la SF y est dérisoire : des voitures de flics volantes, mais juste décoratives, sans rôle, et des androïdes si parfaits qu’on ne les distingue en rien des humains. Sont juste un poil plus forts… La belle affaire ! Et ma cervelle tordue s’est mis à jouer, tout le long du film, calquant sur l’image 80 l’image 40 fantômes, retrouvant les traces du polar classique, remplaçant la SF par des bouts de fictions réalistes équivalentes. Et ça marchait mieux. Et ça rendait le film inutile. Et ça dévoilait sa vérité. Et je suis incapable de le classer au rayon SF, maintenant. 

Une petite voix me dit, « tu le savais. C’était dit, c’était le projet esthétique, avec les contre-jours, les fumées, les ventilos, le look du blade runner… » Oui, OK, mais à ce point ? À ce point qu’il ne reste rien d’autre ? 45 ans plus tard, avec l’éloignement, ce film se rapproche de ses modèles, et vient s’y fondre, tranquille, en « polar tardif » sans originalité. 

(Mais j’aurais dû m’en douter. Je sais maintenant qu’on plongeait en postmodernité, et les autres films qu’Hollywood nous envoyait, à l’époque, étaient tous des pastiches du cinéma 50′)

Noter au passage le changement de sensibilité sociétale : la scène la plus romantique tombe aujourd’hui « sous le coup de la loi » dans pas mal de pays.

Pauvres zombies !

J’avais bien noté, et ceci, depuis une bonne grosse décennie, que le Zombie était de retour au cinéma, mais que ce Zombie-là, en apparence old style, n’avait plus grand-chose à voir avec celui de George A. Romero.

En général, pour faire le malin et racheter la daube, l’intello franchouille t’explique que l’original, le Zombie de Romero, est une métaphore du consommateur moderne, esclave volontaire de « la société de consommation », et pourquoi pas, de « la société du spectacle ». OK, donc, le Zombie c’est l’homme moderne asservi par le mode de vie moderne : le gars ou la fille avec son pavillon, ses deux bagnoles, poussant son caddie dans son allée préférée de supermarchés, s’avachissant le soir devant sa TV, s’empoisonnant le week-end avec son barbecue, etc. (complétez la panoplie vous-même). Read More →

Les deux vies de Mikhaïl Mikhaïlovitch Tsekhanovski

En cherchant des renseignements sur les auteurs de la « librairie des écrivains« , je découvre par hasard les travaux graphiques de Mikhaïl Mikhaïlovitch Tsekhanovski ( Михаи́л Миха́йлович Цехано́вский ), un artiste russe né en 1889 et mort quelques jours avant ma naissance.

Réalisateur et animateur ayant participé au modernisme soviétique dans les années 20, il a aussi produit des affiches, des illustrations et des graphismes d’une grande clarté formelle, moins austères que nombre de ses amis plus radicaux des avant-gardes, et d’une simplicité qui les rend étonnamment actuels.

1926 :

Dans les années 40, son esthétique première, entre avant-garde (structure géométrique) et art populaire russe (imitation des silhouettes en papier découpé), se perd dans un calque des productions Disney, qui semble maintenant plus daté que les productions antérieures. Paradoxe de l’Histoire.

Je vois dans cette évolution stylistique de Mikhaïl Mikhaïlovitch Tsekhanovski, peut-être est-ce un abus de ma part, l’illustration du virage réactionnaire qui suivit l’instrumentalisation des avant-gardes par le régime soviétique.

Mais sa « première époque » est vraiment à la fois d’une synthèse épatante et d’une grande fraîcheur visuelle !

 

Un film de 1929

 

 

Les couilles du singe du Chōjū-jinbutsu-giga

Mon camarade Elric Dufau revient d’un voyage d’études au Japon. Il en a ramené une pile de livres, rééditions de mangas anciens et quelques livres sur l’histoire du manga :Elric Dufau de retour du Japon - Photo Alain François

Mais il m’a aussi ramené une « boule » en plastique (Gachapon), tirée d’une de ces machines à souvenir  comme il en existait en France dans les fêtes foraines, de ces étranges coffres métalliques qui arboraient « Plaisir d’offrir, joie de recevoir ».

Ici, une page de forum qui évoque la chose

Dans cette boule de plastique toute contemporaine, elle, j’ai découvert, ho surprise ! un gadget de très bonnes tenues, un petit singe en plastique extrait des rouleaux Japonais du XIIe siècle appelés « Chōjū-jinbutsu-giga« , et couverts des aventures d’animaux anthropomorphes. 

Mon petit singe de plastique, adapté à la troisième dimension et un peu modifié pour qu’il puisse s’accrocher n’importe ou, est extrait de cette portion du rouleau :

L’intégralité du premier rouleau : https://commons.wikimedia.org/wiki/Chouju_Jinbutsu_Giga_1st_scroll

Le singe en plastique n’est pas vraiment adapté « directement » de ce rouleau historique, mais plutôt un élément du « merchandising » autour d’un coup publicitaire commandé par l’entreprise Marubeni Corporation au célèbre studio Ghibli  : leur adaptation animée du rouleau a « fait le buzz » et ainsi le tour du monde

J’ai fait remarquer à Elric que ce singe était anatomiquement « conforme » à son modèle dessiné et à la biologie : il arbore fièrement une belle paire de couilles d’autant visible que sa position les mets en valeur ! Et je me suis demandé si, en France, dans le même cadre (C’est-à-dire un cadre de distribution grand public), on aurait laissé ses organes à ce pauvre singe ! 

Gasp ! Tu as bien fait d’être Japonais, petit singe !

 

 

 

 

Alien : Les images sont innocentes

J’ai vu Alien, l’original, alors que je venais d’avoir 14 ans. Une époque où le pire film d’horreur était en plastique, ou grouillant ridicule dans une eau saumâtre. J’avais l’âge légal pour rentrer dans la salle depuis quelques jours. Le choc. Je suis resté accroché à mon siège, et ensuite, pendant des jours, j’ai rêvé que j’évacuais l’Alien dans l’espace…

C’était un conte horrifique parfait, simple, ne dépassant pas son ambition, formellement inédit.

Ensuite, ça a tourné au n’importe quoi, à la prolifération, au film de militaire…

Les deux derniers, « Prometheus » & « Alien: Covenant », sont impressionnants à la fois visuellement, puisqu’aujourd’hui on peut représenter et mettre en scène à peu près n’importe quoi, et à la fois par le niveau de débilité du scénario. Oui, j’ai pensé ça, en les revisionnant, parce que je me disais que, peut-être, j’étais passé à côté. Non, je ne suis passé à côté de rien. Tout est idiot, des comportements incohérents, des psychologies de bazar, des combinaisons de l’espace non ignifugées, des scientifiques nuls, des explorateurs incompétents, des colons débiles, des extraterrestres cons et moches…

Ne parlons même pas du ressassement de film en film des mêmes scènes clefs, à l’envi, jusqu’à la corde, jusqu’à annihilation totale et définitive de toute possibilité de suspens…

À force de n’importe quoi, l’évidence s’insinue, comme un parasite de l’espace dans une combinaison pas franchement étanche : les gens qui ont fait ça sont idiots.

[Je crois que la (l’une des) très très mauvaise idée, c’était de faire de l’Alien une arme de destruction massive : pourquoi une race plus avancée scientifiquement que nous aurait besoin d’un tel machin incontrôlable, malgré tout maladroit et artisanal, pour dératiser une planète ?]

Pink Pieles

Vu ce soir, « Pieles », le conte rose-bonbon d’Eduardo Casanova, jeune réalisateur espagnol. Ce n’est pas un grand film, mais encore une « première œuvre curieuse » et déjà un amusement. En espérant qu’il confirme, car oui, les réalisateurs finissent mal, en général…

À suivre. Et d’ailleurs, facile à suivre sur Instagram :

 

La boucle des portes de la nuit

Les films en une nuit sont des boucles. Je voulais vérifier ça en regardant « Les portes de la nuit » de  Marcel Carné, voir s’il était comme « After Hours » de Martin Scorsese que j’avais vu en salle, à sa sortie.

Réponse : Oui, « Les portes de la nuit » est une boucle.

Je me suis demandé combien j’avais vu de films dont l’action se déroule en une nuit ?

L’extraordinaire « Qui a peur de Virginia Woolf ? », je crois… et je suppose presque tous les films d’horreur… 

Trouve sur le web une page qui recense les films dont l’action se déroule en moins de 24h… Il y en a une pelletée, et majoritairement des saletés. La concision temporelle n’est pas un gage de qualité…

Et donc, « les portes de la nuit« . Pas l’impression de l’avoir déjà vu. Film beau, mais chiant (apparemment, un critique l’avait rebaptisé « les portes de l’ennui » à sa sortie), relativement dispensable et surtout terriblement sinistre. Bon, c’est du Carné… Read More →

Vite, rester vertical

Après le gros malaise au visionnage du dernier film de Justine Triet (pire encore que le précédent), je viens encore de voir un bon film d’Alain Guiraudie. Décidément, celui-là sort du lot, loin, très loin du reste et si drôle et singulier. Son étrange monde se déploie, fantasque, métaphorique, grotesque et perplexe, pourtant juste, simple et beau. Sa société érotisée des hommes fuyants se déplie de film en film, et dans ce dernier encore, qui se termine vertical parmi les loups.

Le cinéma

Amusons-nous : après le ballon rouge de Lamorisse, le personnage baudruche nouveau paradigme du cinéma : la liberté retenue, l’évasion contrariée, la promesse non tenue…

Dans les rêves, la chute

Vu le dernier Dumont : « Ma Loute ». Des passages sublimement beaux, mais à la fin, un sentiment moyen, d’une chose prometteuse qui ne décolle pas vraiment… à propos de choses qui décollent, c’est quoi le trip personnage à l’hélium ?

Chez Dumont, l’inspecteur ballon sur la plage évoque le rêve de Marcello Mastroianni dans Huit et demi, mais voilà que je vois passer une image du dernier Tim Burton — imposture (la poésie, c’était pas lui) qui décline les films vulgaires depuis 20 ans — avec, encore, un personnage baudruche ! Une mode ?

Alain Delon

Je vois passer un extrait de film sur facebook.

Je dis « mais comment fait-il ça ? »

« Quoi ? »

« Ça là ! »

Je rejoue la vidéo

« regarde ! Il ne fait rien, mais avec ostentation ! Comment fait-il ça ? »

 

Les Proies (note)

Hasard de la TV : dans « Les Proies » de Don Siegel (1971), des évocations de Vilhelm Hammershøi,  un corbeau à la con et les pensées des personnages en voix off. Étrange.

Aquarius, telenovela

Je regarde ce très beau film de Kleber Mendonça Filho, Aquarius, et je ne sais pas pourquoi, me demande si l’immeuble des années 40 face à la mer existe, ou si tout ça a été rasé depuis longtemps ? (Mon ami de Recife me répond : oui, elle existe)

Passons ! Passons aussi rapidement sur son utilisation politique, qui n’appartient pas vraiment au film, mais à sa réception conjoncturelle. Et même si mes amis brésiliens m’ont souvent parlé de la situation politique de leur pays, je me garderais bien de m’avancer sur le sujet. Je ne peux donc que recevoir l’objet esthétique. 

Et l’objet est beau. Pourtant, je n’arrive pas à me le dire totalement réussi. Quelque chose de trop linéaire ? Et aussi un trouble du discours, qu’on peut bien simplifier par le commentaire, mais qui, de fait, reste trouble. Et peut-être est-ce ce trouble qui permet son instrumentalisation politique ?

Et c’est un paradoxe, car j’en garde un souvenir limpide, limpide comme sa lumière, limpide comme ces moments d’extases visuelles, comme cette manière miraculeuse de filmer les rêves. 

Et même si j’en garde aussi un trouble de réception, devant une symbolique qui m’échappe parfois ou qui n’est pas totalement maîtrisée dans l’accumulation des problèmes sociétaux (problèmes de riches) à peine relevés.

Paradoxe supplémentaire, ce bordel de discours sous-jacents, à peine esquissés, glissants et contradictoires, participe sûrement au réalisme du film — la vie est ainsi —, mais me garde à distance, m’empêche l’enthousiasme total. Et je ne suis pas en train de réclamer pour chaque œuvre un discours clair et manichéen (sûrement pas ! Je préfère même le contraire), mais au bout du compte, au bout du film, en particulier avec cette petite vengeance foireuse de la fin, irréaliste, puéril, mais réaliste dans sa maladresse, je reste suspendu, incertain, déçu devant les promesses esthétiques et les plans intelligents qui accouchent… d’épisodes de telenovelas.

 

Évolution liquide

Vu « Évolution » de Lucile Hadzihalilovic, réalisatrice de « innocence ». Belle surprise, beauté, étrangeté, et histoire hermétique qui laisse libre l’imagination et les interprétations. Un dispositif de départ qui évoque de très loin celui de « Traitement de choc » d’Alain Jessua. Mais juste pour l’univers médical, la rive, les rochers et une intrigue…
Ici, pas de fable d’anticipation sociétale, mais un conte onirique et aquatique, un fantastique impeccable qui sait créer l’inédit à partir de petits riens, d’effets visuels subtils, de jeux d’ombres et de textures, qui résonnent avec des fondamentaux de mon imaginaire. D’où adhésion perso perso ! Un film liquide comme un rêve, pas pour tout le monde, je suppose… Décidément, il n’y a bien que les filles qui font des films en ce moment !

Dog Day

Hier soir, fatigue de plomb, qui m’a saboté le visionnage de Dog Day, du seul grand réalisateur autrichien vivant, Ulrich Seidl.

le grand réalisateur autrichien que cache le trop exposé et largement surestimé Michael Haneke…

Répulsion

Je regarde quelques images d’un film sans savoir…

Révulsé, me dit « Ha ! Mais quelle obscénité ! »

Et comprends…

Żuławski salit tout ce qu’il touche. Découvre ainsi qu’il a pissé sur Gombrowicz…

Gombrowicz réduit ici à une éructation hystérique !

Encore une preuve que le génie national est un mythe à la con.

(Et, au fait, Sartre t’emmerde)

Presque carrée, soudain, la beauté

C’est vrai qu’on dit que le cinéma mondial va mal, que c’est plus regardable, hideux, ennuyeux, convenu et vulgaire…

Mais ce n’est pas vraiment vrai. Partout, il y a des perles, rares, mais brillantes. Et ici par exemple, il y a les Frères Larrieux. J’avais raté « 21 nuits avec Pattie ». Charme, invention, poésie, subtilité, force, élégance, justesse, pur moment de bonheur.

L’usage malicieux des acteurs.

Les mots et l’image. Tout.

 

21jours

 

Pourquoi je repense à Chabrol ?

Peut-être parce qu’il manque aujourd’hui… Qu’on aurait bien besoin de voir encore sur grand écran toutes les crasses honteuses que cache si mal l’hygiénique esthétique bourgeoise

Une lecture de Gotham, la série

En passant, rapidement, une lecture de Gotham, la petite série qui met en scène l’enfance de la faune hétéroclite qui peuple les aventures de Batman. Conformément à l’ambiance très noire des derniers films, et conformément à l’évolution des comics depuis les années 70, cette série est un pulp, un polar crasseux presque classique. Les histoires tournent autour du commissariat d’une ville (Gotham) corrompue par une mafia folklorique ayant des ramifications partout, de l’industrie à la finance en passant par la politique et la police… Puisque Batman est encore un enfant, le héros central est « le seul policier intègre » de la ville, qui doit devenir, dans l’avenir de la série et le présent des comics depuis 1939, le célèbre « commissaire Gordon » qui peut convoquer Batman grâce à un projecteur qui tatoue les nuages d’une chauve-souris géante. Read More →

validation de la création artistique par le public

L’insignifiant White Bird pose la question de la validation de la création artistique par le public. En effet, ce film existe, car il est l’adaptation d’un roman qui a eu du succès. Il n’y a donc pas de « motivation d’auteur ». La source de cette adaptation est « un oiseau blanc dans le blizzard » de Laura Kasischke. Une écrivaine qui n’est elle-même qu’une version molle et « plus grand public  » de Joyce Carol Oate (dernièrement adaptée, elle,  par Laurent Cantet). L’histoire, déjà niaise, demandait un effort surhumain pour être transcendée. Un bâclage ne fait que confirmer l’insipide des nourritures culturelles communes.

Oui, voilà ce qui se passe quand on fait « valider la création par la réception », ou pire, qu’on répond à une commande de producteur qui sans aucune légitimité est persuadé de savoir ce que veut le public : impossible d’obtenir autre chose que le ressassement des vieilles sauces, et au bout, l’ennui !

De l’autre côté du miroir

Le miroir, seuil, froid et dur, cassant coupant, déchirant les organes. Tu ne passes pas de l’autre côté comme ça, comme on fait un pas en avant. Non. 7 ans ont passé. Étrange conte. Étrange décompte.

Tiens, hier soir visionné deux choses pas mal du tout.

  • Super trash, un très bon doc sur une décharge géante (évoque « L’Île aux fleurs » de Jorge Furtado).  Super trash c’est un mec qui décide de vivre deux ans « sur » et « de » la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet. Ça aurait dû être chiant, mais il filme ça malin, très malin même, limite western ! Une réussite. Montage dynamique, aussi et quelques trucs marrants comme le miroir devant la caméra pour s’impliquer dans le film en mode auto-fiction. Pas mal du tout ! Je ne parle pas du contenu ? Hum… Tout finit à la décharge. Tout, ou plutôt tout ce que nous sommes. Point. Et la décharge, en miasme empoisonné, nous revient gentiment par infiltration. Nous nous empoisonnons nous-mêmes, toujours aussi cons. Relire Effondrement de Jared Diamond avant de croire qu’on est capable d’autre chose…

  • Et ensuite, sur Arte, un reportage un peu léger sur l’origine des cartes du Tarot. Je passe sur l’attribution abusive d’une fresque horriblement mal dessinée au pauvre Botticelli qui n’aurait jamais foiré un raccourci du bras comme ça ! Bon, mais sinon, brusquement, enfin, une théorie plus que crédible sur l’origine des lames du Tarot. Et tout aussi brusquement, des siècles de mystères qui s’effondrent et une pratique divinatoire qui devient profondément ridicule. Car, si ces étranges images ne sont plus qu’un manuel scolaire voué à l’enseignement de la philosophie pseudo-platoniste de Marsile Ficin, alors inutile d’imaginer qu’elles vont vous éclairer l’avenir !

White Bird, que reste-t-il de Gregg Araki ?

Avec les troubles du mois dernier, j’allais complétement oublier de noter le visionnage de White Bird, le dernier Gregg Araki. Peut-être parce que celui-ci est peu mémorable ? Peut-être… Rien de plus ? Presque…

Avant tout, j’aime bien Gregg Araki. J’aime bien sa manière décomplexée de brasser la pop culture, et même, pourquoi pas, son obsession du moment traumatique de la sortie de l’adolescence. Même s’il n’est pas Larry Clark… Loin de là. Read More →

Maestro : imitation de la beauté

En regardant Maestro, de Léa Fazer, je me posais cette question : l’imitation de la beauté produit-elle de la beauté ?

Mais avant ça, une autre question, sur ce désir actuel de quelques auteurs discrets de parler du cinéma d’auteur dans leur film. C’est un sujet en soi, de mettre en scène le tournage ou la promotion d’un film d’auteur, mais aussi d’aborder les problèmes complexes et irrésolus du goût que posent ces objets esthétiques qui peinent souvent à trouver leur public.
Problèmes complexes et nuancés abordés par la distraction des adolescents comme unique critère de financement dans le film de Claude Duty (Chez nous c’est trois ! ), et ici, dans « Maestro », par la rencontre de l’acteur « au gout vulgaire » avec un réalisateur poète, pseudo Rohmer incarnant la notion même d’auteur. Read More →