cinéma

Pink Pieles

Vu ce soir, “Pieles”, le conte rose-bonbon d’Eduardo Casanova, jeune réalisateur espagnol. Ce n’est pas un grand film, mais encore une « première œuvre curieuse » et déjà un amusement. En espérant qu’il confirme, car oui, les réalisateurs finissent mal, en général…

À suivre. Et d’ailleurs, facile à suivre sur Instagram :

 

La boucle des portes de la nuit

Les films en une nuit sont des boucles. Je voulais vérifier ça en regardant “Les portes de la nuit” de  Marcel Carné, voir s’il était comme “After Hours” de Martin Scorsese que j’avais vu en salle, à sa sortie.

Réponse : Oui, “Les portes de la nuit” est une boucle.

Je me suis demandé combien j’avais vu de films dont l’action se déroule en une nuit ?

L’extraordinaire “Qui a peur de Virginia Woolf ?”, je crois… et je suppose presque tous les films d’horreur… 

Trouve sur le web une page qui recense les films dont l’action se déroule en moins de 24h… Il y en a une pelletée, et majoritairement des saletés. La concision temporelle n’est pas un gage de qualité…

Et donc, “les portes de la nuit“. Pas l’impression de l’avoir déjà vu. Film beau, mais chiant (apparemment, un critique l’avait rebaptisé “les portes de l’ennui” à sa sortie), relativement dispensable et surtout terriblement sinistre. Bon, c’est du Carné… Read More →

Vite, rester vertical

Après le gros malaise au visionnage du dernier film de Justine Triet (pire encore que le précédent), je viens encore de voir un bon film d’Alain Guiraudie. Décidément, celui-là sort du lot, loin, très loin du reste et si drôle et singulier. Son étrange monde se déploie, fantasque, métaphorique, grotesque et perplexe, pourtant juste, simple et beau. Sa société érotisée des hommes fuyants se déplie de film en film, et dans ce dernier encore, qui se termine vertical parmi les loups.

Le cinéma

Amusons-nous : après le ballon rouge de Lamorisse, le personnage baudruche nouveau paradigme du cinéma : la liberté retenue, l’évasion contrariée, la promesse non tenue…

Dans les rêves, la chute

Vu le dernier Dumont : “Ma Loute”. Des passages sublimement beaux, mais à la fin, un sentiment moyen, d’une chose prometteuse qui ne décolle pas vraiment… à propos de choses qui décollent, c’est quoi le trip personnage à l’hélium ?

Chez Dumont, l’inspecteur ballon sur la plage évoque le rêve de Marcello Mastroianni dans Huit et demi, mais voilà que je vois passer une image du dernier Tim Burton — imposture (la poésie, c’était pas lui) qui décline les films vulgaires depuis 20 ans — avec, encore, un personnage baudruche ! Une mode ?

Alain Delon

Je vois passer un extrait de film sur facebook.

Je dis « mais comment fait-il ça ? »

« Quoi ? »

« Ça là ! »

Je rejoue la vidéo

« regarde ! Il ne fait rien, mais avec ostentation ! Comment fait-il ça ? »

 

Les Proies (note)

Hasard de la TV : dans “Les Proies” de Don Siegel (1971), des évocations de Vilhelm Hammershøi,  un corbeau à la con et les pensées des personnages en voix off. Étrange.

La noisette

Je croquais dans cette noisette, brusquement conscient de la séquence narrative incroyablement complexe qu’elle m’offrait. de l’approche des lèvres, des dents, au dernier arôme de fond de bouche, une aventure longue et inouïe de subtilité. Et je me disais que les industriels se dispensaient de cette complexité et tentaient, surtout, d’éviter toute variation et tout raté, car on est jamais à l’abri d’une mauvaise expérience, avec une noisette… Avec les produits industriels, cinéma, littérature ou bande dessinée, nous sommes à la fois garanti de retrouver ses pantoufles, et de n’être réveillé par rien de fâcheux… et malheureusement, ni d’excitant non plus.

 

 

Évolution liquide

Vu « Évolution » de Lucile Hadzihalilovic, réalisatrice de « innocence ». Belle surprise, beauté, étrangeté, et histoire hermétique qui laisse libre l’imagination et les interprétations. Un dispositif de départ qui évoque de très loin celui de “Traitement de choc” d’Alain Jessua. Mais juste pour l’univers médical, la rive, les rochers et une intrigue…
Ici, pas de fable d’anticipation sociétale, mais un conte onirique et aquatique, un fantastique impeccable qui sait créer l’inédit à partir de petits riens, d’effets visuels subtils, de jeux d’ombres et de textures, qui résonnent avec des fondamentaux de mon imaginaire. D’où adhésion perso perso ! Un film liquide comme un rêve, pas pour tout le monde, je suppose… Décidément, il n’y a bien que les filles qui font des films en ce moment !

Dog Day

Hier soir, fatigue de plomb, qui m’a saboté le visionnage de Dog Day, du seul grand réalisateur autrichien vivant, Ulrich Seidl.

le grand réalisateur autrichien que cache le trop exposé et largement surestimé Michael Haneke…

Répulsion

Je regarde quelques images d’un film sans savoir…

Révulsé, me dit « Ha ! Mais quelle obscénité ! »

Et comprends…

Żuławski salit tout ce qu’il touche. Découvre ainsi qu’il a pissé sur Gombrowicz…

Gombrowicz réduit ici à une éructation hystérique !

Encore une preuve que le génie national est un mythe à la con.

(Et, au fait, Sartre t’emmerde)

Presque carrée, soudain, la beauté

C’est vrai qu’on dit que le cinéma mondial va mal, que c’est plus regardable, hideux, ennuyeux, convenu et vulgaire…

Mais ce n’est pas vraiment vrai. Partout, il y a des perles, rares, mais brillantes. Et ici par exemple, il y a les Frères Larrieux. J’avais raté “21 nuits avec Pattie”. Charme, invention, poésie, subtilité, force, élégance, justesse, pur moment de bonheur.

L’usage malicieux des acteurs.

Les mots et l’image. Tout.

 

21jours

 

Pourquoi je repense à Chabrol ?

Peut-être parce qu’il manque aujourd’hui… Qu’on aurait bien besoin de voir encore sur grand écran toutes les crasses honteuses que cache si mal l’hygiénique esthétique bourgeoise

Une lecture de Gotham, la série

En passant, rapidement, une lecture de Gotham, la petite série qui met en scène l’enfance de la faune hétéroclite qui peuple les aventures de Batman. Conformément à l’ambiance très noire des derniers films, et conformément à l’évolution des comics depuis les années 70, cette série est un pulp, un polar crasseux presque classique. Les histoires tournent autour du commissariat d’une ville (Gotham) corrompue par une mafia folklorique ayant des ramifications partout, de l’industrie à la finance en passant par la politique et la police… Puisque Batman est encore un enfant, le héros central est « le seul policier intègre » de la ville, qui doit devenir, dans l’avenir de la série et le présent des comics depuis 1939, le célèbre « commissaire Gordon » qui peut convoquer Batman grâce à un projecteur qui tatoue les nuages d’une chauve-souris géante. Read More →

validation de la création artistique par le public

L’insignifiant White Bird pose la question de la validation de la création artistique par le public. En effet, ce film existe, car il est l’adaptation d’un roman qui a eu du succès. Il n’y a donc pas de “motivation d’auteur”. La source de cette adaptation est « un oiseau blanc dans le blizzard » de Laura Kasischke. Une écrivaine qui n’est elle-même qu’une version molle et « plus grand public ” de Joyce Carol Oate (dernièrement adaptée, elle,  par Laurent Cantet). L’histoire, déjà niaise, demandait un effort surhumain pour être transcendée. Un bâclage ne fait que confirmer l’insipide des nourritures culturelles communes.

Oui, voilà ce qui se passe quand on fait “valider la création par la réception”, ou pire, qu’on répond à une commande de producteur qui sans aucune légitimité est persuadé de savoir ce que veut le public : impossible d’obtenir autre chose que le ressassement des vieilles sauces, et au bout, l’ennui !

De l’autre côté du miroir

Le miroir, seuil, froid et dur, cassant coupant, déchirant les organes. Tu ne passes pas de l’autre côté comme ça, comme on fait un pas en avant. Non. 7 ans ont passé. Étrange conte. Étrange décompte.

Tiens, hier soir visionné deux choses pas mal du tout.

  • Super trash, un très bon doc sur une décharge géante (évoque « L’Île aux fleurs » de Jorge Furtado).  Super trash c’est un mec qui décide de vivre deux ans « sur » et « de » la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet. Ça aurait dû être chiant, mais il filme ça malin, très malin même, limite western ! Une réussite. Montage dynamique, aussi et quelques trucs marrants comme le miroir devant la caméra pour s’impliquer dans le film en mode auto-fiction. Pas mal du tout ! Je ne parle pas du contenu ? Hum… Tout finit à la décharge. Tout, ou plutôt tout ce que nous sommes. Point. Et la décharge, en miasme empoisonné, nous revient gentiment par infiltration. Nous nous empoisonnons nous-mêmes, toujours aussi cons. Relire Effondrement de Jared Diamond avant de croire qu’on est capable d’autre chose…

  • Et ensuite, sur Arte, un reportage un peu léger sur l’origine des cartes du Tarot. Je passe sur l’attribution abusive d’une fresque horriblement mal dessinée au pauvre Botticelli qui n’aurait jamais foiré un raccourci du bras comme ça ! Bon, mais sinon, brusquement, enfin, une théorie plus que crédible sur l’origine des lames du Tarot. Et tout aussi brusquement, des siècles de mystères qui s’effondrent et une pratique divinatoire qui devient profondément ridicule. Car, si ces étranges images ne sont plus qu’un manuel scolaire voué à l’enseignement de la philosophie pseudo-platoniste de Marsile Ficin, alors inutile d’imaginer qu’elles vont vous éclairer l’avenir !

White Bird, que reste-t-il de Gregg Araki ?

Avec les troubles du mois dernier, j’allais complétement oublier de noter le visionnage de White Bird, le dernier Gregg Araki. Peut-être parce que celui-ci est peu mémorable ? Peut-être… Rien de plus ? Presque…

Avant tout, j’aime bien Gregg Araki. J’aime bien sa manière décomplexée de brasser la pop culture, et même, pourquoi pas, son obsession du moment traumatique de la sortie de l’adolescence. Même s’il n’est pas Larry Clark… Loin de là. Read More →

Maestro : imitation de la beauté

En regardant Maestro, de Léa Fazer, je me posais cette question : l’imitation de la beauté produit-elle de la beauté ?

Mais avant ça, une autre question, sur ce désir actuel de quelques auteurs discrets de parler du cinéma d’auteur dans leur film. C’est un sujet en soi, de mettre en scène le tournage ou la promotion d’un film d’auteur, mais aussi d’aborder les problèmes complexes et irrésolus du goût que posent ces objets esthétiques qui peinent souvent à trouver leur public.
Problèmes complexes et nuancés abordés par la distraction des adolescents comme unique critère de financement dans le film de Claude Duty (Chez nous c’est trois ! ), et ici, dans « Maestro », par la rencontre de l’acteur « au gout vulgaire » avec un réalisateur poète, pseudo Rohmer incarnant la notion même d’auteur. Read More →

Un tramway nommé… ennui

Passage TV et révélation : “Un tramway nommé Désir”, si tu fantasmes pas sur le torse de Brando jeune (C’est pas ma came)… C’est quand même une pauvre chose surjouée gavée d’humour involontaire, de ridicule qui tue, de scènes improbables et psychologiquement infondées et surtout, surtout, d’interminables tirades de la frigide Vivien Leigh !

Ce n’est pourtant pas la première fois que je le vois. Mais quand j’ai commencé à rire, à rire, j’ai enfin accepté d’outrepasser son aura monstrueuse, et enfin compris que j’avais vu des tas de meilleurs films de l’époque, et même de bien meilleur Kazan (il faudrait revoir, mais j’ai un bon souvenir de « Sur les quais » par exemple). Read More →

Le deuil de Laura Ingalls

J’ai découvert au hasard d’un partage d’article sur facebook que Laura Ingalls est un personnage historique. C’est idiot peut-être, mais découvrir la chose m’a troublé. J’ai trouvé ce trouble idiot, puisque je n’ai pas d’attachement nostalgique à ce personnage de fiction.
Oui, enfant, j’ai subi « la petite maison dans la prairie », car lorsqu’on est enfant on absorbe ce qui se présente. Mais depuis toujours, j’ai une répulsion pour les fictions larmoyantes. Comme celles qui, à l’image de la littérature morale du XIXe siecle, n’hésitent jamais à se vautrer dans la boue poisseuse du pathos. Read More →

“Chez nous c’est trois !”, deux, quatre, une ? On sait plus…

Viens de voir, en deux passages TV (une première fois juste la fin, et ensuite enfin du début) le film de Claude Duty « Chez nous c’est trois ! » Oui, c’est un film sorti en salle en 2013, mais pas vu…

Un visionnage sans grande passion, mais avec plaisir et intérêt. Surprise de découvrir un film au ton relativement juste. Ce qui est très rare. Je le note ici pour deux choses : Read More →