Mélancolia

Mélancolia

Tout va bien. Oui, vraiment, tout va bien.

Bon, Eva est revenue hier soir. Et repartie déjà, laissant une traînée d’angoisse derrière elle.

Mais tout va bien.

Même mon étrange salariat, si définitivement exogène, est en ce moment transfiguré par mes petits camarades. Je suis emporté par leur bonne humeur, leur mélange de candeur, de légèreté, de sérieux aussi, le tout agrémentée Lire la suite

Nerval

Nerval

« Qu’ils sont heureux les Anglais de pouvoir écrire et lire des chapitres d’observation dénués de tout alliage d’invention romanesque ! A paris, on demanderait que cela fût semé d’anecdotes et d’histoires sentimentales, — se terminant soit par une mort, soit par un mariage. L’intelligence réaliste de nos voisins se contente du vrai absolu. »

Les nuits d’octobre, Gérard De Lire la suite

Antichrist, dessine-moi un arbre, un pont, une maison !

Antichrist, dessine-moi un arbre, un pont, une maison !

Antichrist, un film de Lars Von Trier, 2009

En 2009, Lars Von Trier présente son nouveau film à Cannes, Festival qu’il affectionne particulièrement, puisqu’il considère qu’il lui est redevable de sa carrière internationale. Son exercice de sublimation du cinéma de genre américain fait scandale, et Lars Von Trier est humilié publiquement par un journaliste hystérique.

Toi, là

…Esprit.

Je sais que tu as un cerveau. J’entends bien que tu as de l’esprit. Bien. Beaucoup ont un cerveau, et certains ont un esprit. Bien, mais cela, là, cela va-t-il plus loin ? Y-a t’il autre chose ? Est-ce que cette autre chose passe par le corps, ou plutôt par certaines aptitudes sensorielles ? Je n’en suis pas sur. Non, qui es-tu ? Qui est-tu Lire la suite

Brusquement

Je me suis souvenu.

J’avais oublié, dans la scansion des jours égaux. J’avais oublié comment j’avais été seul, et comment j’avais aimé, un jour, me découvrir moins seul.

Alors, puisque je me souviens, avant d’oublier encore, je devrais inscrire.

Je pensais au roman, et même, même à la troisième personne.

Et pourtant, comment espérer échapper à soi, comment donc ne pas être au Lire la suite

Le Coltin Graphik #2

Le Coltin Graphik #2

Le Coltin graphik est un artzine A5 dos carré de bonne tenu, un peu trop et un peu dur à ouvrir… Il présente, sur le thème du cinéma, 54 pages de dessins d’artistes parisiens et autres de qualité très variable. Mais il y a la couverture de Muzo et 4 somptueuses pages de Céline Guichard dedans (en haut).

Édité et colporté par Siranouche éditions.

 

 

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Alors que l’enfer guète, Nabokov

Alors que l’enfer guète, Nabokov

« Il me faut maintenant épier la beauté comme jusqu’alors
personne ne l’a épiée. »

Chant quatre, Feu pâle, de Nabokov

Notes réflexives du dimanche 26 avril 2009

Notes réflexives du dimanche 26 avril 2009

Je ne sais encore comment inscrire certaines intuitions « globalisantes » qui s’imposent, parfois conscientes de leurs imperfections, mais éclairant un ensemble historique énorme… Je me demande très sérieusement si ma vie telle qu’elle est peut laisser la place à l’inscription de telles intuitions, qui demanderaient quelques dizaines d’années exclusives chacune.

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Lourdeur, une aigreur

Lourdeur, une aigreur

Toujours la même.

Je comprends le sourire légèrement cynique de Bourdieu buvant sa blonde. La société est écrasante de tristesse.

Dans l’après-midi, une angoisse. Je descends dans le bureau des filles. Je m’installe derrière l’ordinateur de Ch., notre apprentie, et je regarde.

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Dimanche 12 avril /2

Dimanche 12 avril /2

Cette semaine, coupé en deux par l’enterrement de Bernard, j’ai entendu, dessous mon bureau en mezzanine, A.L. dire que « je pouvais dessiner, mais que je n’avais pas le temps », puis-qu’entièrement accaparé par la construction d’un portail Web pour la ville. Je n’ai pu retenir une colère idiote.

Et cette tristesse qui me traverse à chaque fois que Lire la suite

Dimanche 12 avril /1

Trouble, comme la boue dont on fait les golems. J’attends avec impatience que quelque chose me lave la tête, que l’horizon se dégage, que les larmes, comme la pluie, lavent l’atmosphère des scories empoisonnées.

J’aime voir net les collines de l’horizon. Je me souviens d’en avoir peint, à l’adolescence, des idéales, pour une cousine de mon père. J’avais tenté, à la gouache, Lire la suite

Bon pour le service

Bon pour le service

On ne goûte jamais assez les moments où l’air est bon.

Je me laisse parfois glisser le long du paysage, chemin de transverse qui m’assure une trajectoire aérienne. J’espère toujours ne pas être pressé. Mais je le suis, de naissance, et la traverse, l’azimut brutal, sied à mon tempérament. Sale manie, qui me fait prendre pour accessoire les temps de déplacement, Lire la suite

Spinoza ne console pas de tout

Spinoza ne console pas de tout

« … l’Ame a en aversion d’imaginer ce qui diminue ou réduit sa propre puissance d’agir et celle du corps. » affirme un corollaire à la proposition XIII de l’Etique de Spinoza…

Pendant que nous buvions un café, dans ce hangar dans lequel Bernard organisait ses fêtes, Serge racontait la dernière visite qu’il lui avait rendue à l’hôpital.

« Tout de suite, il m’a dit qu’il Lire la suite

Reprise

Reprise

J’avais à peine changé le nom de cette première feuille que j’ai visualisé mes genoux écorchés, et les rustines kitchs qu’on achetait en mercerie pour réparer les pantalons…

Non, après une semaine à me demander comment j’allais enfin commencer à écrire dans ce nouveau « contenant », dont j’ai longuement mûri la structure. Je me suis enfin décidé Lire la suite

Enciclopedia #0

Enciclopedia #0

Une des plus belles revues que j’ai pu avoir entre les mains ! Ce graphzine  italien de 19X25 cm et d’un gros centimètre d’épaisseur, dos carré, entièrement sérigraphié, « TUTTO FATTO A MANO » comme annonce un autocollant sur la couverture, est une superbe œuvre d’art. Enciclopedia  #0 est édité et donc entièrement réalisé par Strane dizioni.

Les participants Lire la suite

Souvlaki Circus

Souvlaki Circus

80 pages agrafées pour un graphzine A6, c’est sûrement une limite de l’exercice… Pourtant, ça passe et ça donne un très joli livre de dessins d’Amanda Vähämäki & Michelangelo Setola :  « Souvlaki Circus ». Et les dessins sont très beaux, élégants, sensibles, fabriquant un onirisme désuet, léger, avec les codes du croquis sur le vif. Je goûte fort !

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Douleur du réseau

Douleur du réseau

(Ce texte est une esquisse)

« L’Univers nous reprend, rien de nous ne subsiste, 
Cependant qu’ici-bas tout continue encor. 
Comme nous sommes seuls ! Comme la vie est triste ! »

Jules Laforgue

Le syndrome d’Alexandrie

Douleur au singulier. Mais il serait possible de préciser, et d’aborder des douleurs, comme celle évidente de la ruche, cette confrontation brutale à la Lire la suite

Sésame

Je viens à l’instant de décider de rouvrir ce blog. J’ai eu un premier réflexe, trouver une nouvelle forme, à la manière des expériences réalisées pour le M2, il y a maintenant deux ans, mais une pesanteur, celle de l’abandon, a gagné sur mes velléités d’invention. Je suis suspendu, et je n’aime pas ça. Est-ce qu’écrire ici sert à tendre mes Lire la suite

L’essai à l’état gazeux

L’essai à l’état gazeux

Sur « l’Art à l’état gazeux » d’Yves Michaud, Hachette Littérature.

À la manière de l’auteur, je me suis tenu à une discipline de fer : ne citer personne, rester dans le plus grand vague, celui de l’opinion gazeuse.

Souvent, les commentateurs de l’Art contemporain sont durs avec lui, et ne se trompent guère sur la description qu’ils en font. Leur erreur à peu près générale concerne plutôt l’art du passé, qu’ils fantasment et imaginent d’après un ensemble de poncifs dont on n’arrive pas à les décrotter. Ainsi, le livre d’Yves Michaud « l’Art à l’état gazeux » est exactement le genre de livre que j’attendais depuis longtemps sur l’Art de la fin du XXe siècle : la tentative d’une histoire sous l’angle ethnographique, qui dessine un paysage historique pour ce temps proche, mais traité « comme un autre temps parmi les autres temps », contrairement à ce que je lisais si souvent, dans d’autres textes qui semblaient imaginer ce temps trop proche pour faire histoire.

Le Tendon Revolver

Le Tendon Revolver

Le Tendon Revolver est une très jolie revue des éditions United Dead Artists, un collectif « généraliste » (dessin, texte, photo) format comics de haute tenue, autant dans l’impression que dans le contenu. Un objet de luxe, bel écrin de l’initiateur Stéphane Blanquet accompagné de Blexbolex Lire la suite