Les amantes de Elfriede Jelinek, roman

Les amantes de Elfriede Jelinek, roman

Je connaissais l’existence de Elfriede Jelinek. Je connaissais son existence comme ça, parce que j’avais noté son nom en comprenant qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir un écrivain derrière « la Pianiste », comme dans tous ces films bâtis par un bon texte. J’avais ensuite noté, dans un coin, qu’elle avait « mal » reçu le Nobel. J’avais aussi entendu ou lu quelques remarques sur son caractère, que sa traductrice et amie française l’avait lâchée, lassée de sa noirceur

Je connaissais son existence et m’étais promis de la lire, intrigué, même le nez tendu vers un bon effluve. Mais je n’avais pas encore croisé un de ses livres. Comme il n’y a pas d’actualité littéraire, antinomie, oxymore de propagande, je me foutais bien de la croiser maintenant ou dans dix ans.

Ce sont « les amantes » qui me sont tombées entre les Lire la suite

Poly and her Pals, Thierry Groensteen et le patrimoine

Poly and her Pals, Thierry Groensteen et le patrimoine

Tout véritable amateur de BD connaît Thierry Groensteen, l’homme qui a donné ses lettres de noblesse à la théorie de la Bande dessinée. Universitaire, professeur et même un temps directeur du Musée de la Bande dessinée d’Angoulême, il entame depuis quelques années une nouvelle carrière en se lançant dans l’aventureuse profession d’éditeur, passant ainsi de la théorie à la pratique, mais aussi de l’institutionnel à l’entreprise personnelle. On attendait du grand théoricien une ligne éditoriale à la hauteur de ses exigences intellectuelles. Avec 50 titres en seulement deux ans d’existence, les jeunes « Éditions de l’An 2 » démarrent sur les chapeaux de roues et en effet, la ligne est ardue ! Trois grandes catégories de livres naissent des envies longtemps contenus, de notre professeur tournesol tautologique :

Continuer le voyage

Continuer le voyage

Simon Hureau sort la suite de « Palaces » : « Bureau des prolongations »

Je suis rentré vendredi soir dans un état de fatigue totale. Une drôle de semaine, de ces semaines trop remplies. Ceux qui travaillent en production sur un ordinateur et gèrent d’innombrables dossiers qui surgissent dans le désordre le plus total savent de quoi je parle. On finit laminé physiquement, mais surtout mentalement. Jusqu’au dernier moment, s’est superposé à la fatigue physique et à la confusion mentale le stress de ne pas terminer à temps agrémenté de quelques crises d’affolement qui submerge parfois à voir l’heure tourner trop vite et l’ordinateur si puissant calculer si lentement ! Enfin mon collègue fini par me soulager des affiches à terminer pour qu’in-extrémiste je finisse un site internet déjà annoncé dans le journal distribué le matin…

Pub

Je suis souvent bien joué, je suis parfois bien écrite mais pourtant

je suis de la merde pour de la merde.

Je suis… une bonne pub.

Enfin Ripple

Enfin Ripple

Ripple, une prédilection pour Tina
de Dave Cooper aux Editions du Seuil

Avant il y avait la crumbette.

la crumbette, cousine des initiatrices de Fellini, met en mouvement perpétuel le broyeur formé par ses deux fesses sur les trottoirs de Greenwich Village. Son short est court, très court, son décolleté géant, ses mollets en béton vibré. Pour l’éternité, elle domine de ses talons et de sa masse le corps fébrile d’un Crumb vacillant.

les expos de bande dessinées, c’est toujours aussi chiant !

les expos de bande dessinées, c’est toujours aussi chiant !

Quel ennui !
Alors qu’il ne faut rien moins que vous confronter à un chef-d’oeuvre pour réveiller votre âme flétrie de moderne flétri — de vous coltiner ces murs tapissés de gribouillis qui sont fait pour être lu dans un gros fauteuil au milieu de votre salon, voir dans votre lit, et bien sûr parasités par des processions de touristes apathiques…
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Merde, Choron.

Merde, Choron.

Le plus grand créateur de périodique français de la fin du vingtième siècle est mort.

Oui. Les autres sont des nains, des pisses-petit, des propres du fond. Un ramassis de bien élevé incapable de désobéir à leur mère, incapable d’inventer, juste bon à formuler joli, à ressasser à longueur de pages inutiles, instantanément désuètes, leurs certitudes héritées. Pour savoir ce qu’on doit penser de l’ensemble de cette prétentieuse production de journaux, revues et magazines des quarantes dernières années, il suffit de se pencher deux secondes sur leurs équivalents du dix-neuvième siècle et d’y fleurer les seuls fumés qui s’en dégagent encore : la bêtise et l’ennui. Les sérieux suffisants nous assassinent le temps et persistent à longueur de faillite et de renflouement suspect à se croire pertinent.

Un soir sans fraicheur

Un soir sans fraicheur

Un carré de lumière grise se reflète dans la fenêtre entre-ouverte. On sent le bleu de l’extérieur qui vient jouer avec l’orangé de la lumière de la cuisine.

« PALACES » de Simon Hureau

« PALACES » de Simon Hureau

Un carnet de voyage en bande dessinée

EGO COMME X, éditeur de Bande dessinée, nous a habitué depuis maintenant 10 ans à suivre l’introspection de ses auteurs, à accepter leur égotisme radical, leurs pensées les plus intimes. Voilà pourtant un album atypique et discret qui prend le contre-pied de sa ligne éditoriale : Palace, de Simon hureau, est un carnet de voyage « reconstruit » à la suite d’un drôle de séjour au Cambodge. Scandé par des planches d’études sur les insectes et batraciens locaux, il se présente comme un récit de voyage en bande dessinée entièrement voué aux seules sensations du voyageur.

La vie du sens

Les artistes produisent

Les marchands récoltent

L’université range

La société digère

La communication défèque

Dog Ville = chef d’œuvre

Dog Ville = chef d’œuvre

Je n’en reviens toujours pas. Même si Lars Von Trier a sa place depuis longtemps parmi mon petit panthéon des cinéastes vivants, je me suis résolu à accompagner les filles voir son petit dernier avec une certaine appréhension.

Ce que j’avais pu entendre sur le film ne m’avait pas stimulé, en tout cas pas comme les quelques images sublimes de Eléphant de Gus Van Sant entraperçues à la télévision. De plus, le film de Lars n’était même pas programmé dans ma ville. Enfin je l’ai crû. Céline était dépitée. Et là, Eléphant gagne la Palme. Et c’est lui qui ne passe pas ici. Et la semaine qui suit, enfin, DogVille à l’affiche. Donc, un jour férié, soleil de plomb, tout le monde en terrasse et nous au cinéma. Bien sûr, comme il ne reste plus qu’un multiplexe, le Lars passe dans une petite salle d’où l’on entend le son des autres films. La réflexion de Céline « il y a plus d’habitant à Dogville que de spectateurs dans cette salle » ne fait que répondre à mon interrogation : Qui peut bien aller voir du Lars Von Trier en salle dans ce désert culturel ?

Je me demande s’il est encore utile d’écrire

Je me demande s’il est encore utile d’écrire

Parfois je crois que je nage, tranquille, et même je suis pris d’une sorte d’euphorie qui me porte à accomplir, mais très vite je ne sais quoi faire de cet élan et l’impression d’avoir gaspillé quelque chose me remplit d’amertume.

Je me retrouve toujours à surnager, sur-vivre, et même à me noyer entre deux eaux perpétuellement balancé entre l’envie Lire la suite

Little Annie Fanny

Little Annie Fanny

littleannyfanny02_27122001Little Annie Fanny, après-tout, n’est qu’une bimbo de bande dessinée. Ses attributs sont normalement anormalement surdimensionnés, son vocabulaire est normalement limité, parfaitement adapté à son intelligence et son insondable naïveté s’évanouit seulement lorsqu’un homme désargenté tente d’assaillir son lit. Rien à priori de bien excitant… pour l’esprit.

Gaz flowers de Scott Batty

Gaz flowers de Scott Batty

Gaz Flowers est une monographie de 7×10 cm, ce qui n’est pas courant. Dans ce format micropublication, à 450 exemplaires (c’est marqué dedans), Le Dernier Cri édite un catalogue des têtes composites et morbides de Scott Batty, et un texte de Pacôme Thiellement. De cette taille, pas toujours facile à ouvrir, mais mignon tout plein !

http://www.multimania.com/scoba

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Toute étincelle naît d’une rencontre

J’aime les rencontres spatio-temporelles. J’aime les coïncidences, les hasards qui avec le recul se transforment en fatalité. Sans en tirer aucune leçon abusive sur le destin, je prends plaisir à lire une histoire construite là où il n’y avait qu’amoncellement d’événements fortuits. Ainsi parfois des images se télescopent, se percutent, Lire la suite

La bicyclette épileptique

La bicyclette épileptique

Chez « le promeneur », on se pique de bibliophilie et on édite étroit un livre à l’italienne… Massacrant ainsi les dessins et la lecture…

Dommage, car sinon, c’est une histoire d’Edward Gorey, et donc c’est délicieux. Le trait chancelant miraculeux porte élégant l’histoire absurde et gentiment délirante. Edward Gorey, c’est parfait, et Lire la suite

Implicite, détournement du Web-Porno

Jeu sémantique implicite/explicite

Appropriation détournement.

Depuis 1999, je détourne des images pornographiques transitant sur le web. Le choix est rigoureux, selon des critères esthétiques qui me sont propres. L’idée est de rendre ces images, utilitaires donc explicites, inutiles et implicites, de les dé-iconiser ( l’icône, en tant que vecteur de dévotion, Lire la suite

Le code de Narcisse

Le code de Narcisse

Comme ceux-là qui jouent avec le code de la mouche drosophile lui faisant pousser des pattes en place des mandibules ou encore lui créant sur le dos une paire d’ailes surnuméraires, je joue de mon propre code génétique pour m’inventer une anatomie improbable.
C’est le musée imaginaire de mes possibles formes.
• Banques d’organes ?
• Sculptures Lire la suite