Répulsion

Je regarde quelques images d’un film sans savoir…

Révulsé, me dit « Ha ! Mais quelle obscénité ! »

Et comprends…

Żuławski salit tout ce qu’il touche. Découvre ainsi qu’il a pissé sur Gombrowicz…

Gombrowicz réduit ici à une éructation hystérique !

Encore une preuve que le génie national est un mythe à la con.

(Et, au fait, Sartre t’emmerde)

Monde

Ceux qui ont tout gaspillent tout.

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Point de vue

Petit tour de vélo pour constater que le temps orageux excite à mort l’infernale armada de poids lourds et de bagnoles. Pour le français motorisé, c’est « après moi la pénurie ! ». Et pour moi, vous êtes tous des fous dangereux.

D

L’écriture est une forme de Goliath.

triste

Nos dirigeants sont incompétents, vaniteux et largement manipulés. Pas franchement de raison d’être fier… Ni nous, ni eux.

out

J’arrive plus à écrire.

Tard

Si je n’étais pas brisé, je vous épaterais, sûrement. Je fais ce qui vient, avec ce qui reste de moi, sur mes ruines encore fumantes.

 

Mais je ne trouve plus aucune raison.

Illusion d’optique.

On a toujours l’impression d’une déliquescence des choses dont on s’éloigne.

Massive

Il y a des mensonges de masse qui ont tué et torturé plus que toutes les armes du monde. Il y a des mensonges de masse qui fondent et pervertissent nos vies. Il y a des mensonges de masse qui nous torturent et se font prendre pour des tourments personnels. Il y a des mensonges de masse qui fondent des civilisations et provoquent leur effondrement.

La guerre du jour

Nous vivons une guerre mondiale chaude, rageuse et destructrice. La guerre de l’attention. Et dans cette guerre, vous êtes tous de petits fantassins largement inconscients d’être malicieusement enrôlés par le camp qui vous est hostile.

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TV illustrée

Sophie Guerrive me signale qu’une de mes photos illustre un article sur son dernier livre, “Capitaine Mulet“, sur le site d’un programme TV…

Source de la photo

( On me souffle à l’oreille — mais c’est un secret, chuuut ! — que la journaliste a eu quelques petits problèmes de compréhension… Bon, ce n’est pas bien grave et en même temps, c’est juste un programme TV, hein ! Ce n’est pas comme s’il se prenait pour un mag culturel ! )

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Troubles

En ces temps troublés et troublants, l’envie de lire des phrases qui m’emportent et de voir un art fort. Seul ce qui m’élève par l’esthétique calme ma viscérale angoisse d’être. J’ai peur de ces moments de vertiges que me provoquent le chaos du monde, sa complexité, son impossible résolution.

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Presque carrée, soudain, la beauté

C’est vrai qu’on dit que le cinéma mondial va mal, que c’est plus regardable, hideux, ennuyeux, convenu et vulgaire…

Mais ce n’est pas vraiment vrai. Partout, il y a des perles, rares, mais brillantes. Et ici par exemple, il y a les Frères Larrieux. J’avais raté “21 nuits avec Pattie”. Charme, invention, poésie, subtilité, force, élégance, justesse, pur moment de bonheur.

L’usage malicieux des acteurs.

Les mots et l’image. Tout.

 

21jours

 

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Une génération

Une génération effacée. Elle était la dernière, indestructible. Il me reste la chose étrange qu’elle m’a faite à la mort de son mari. Une chose qui n’appartient qu’à moi.

Laissons les autres à leurs erreurs, leurs petites peurs, et regardons l’infinie solitude en face.

La beauté est à ce prix. La solitude absolue de l’être. Pour des inséparables, c’est ballot ! Oisillons ballottés par la guerre, mais solides, solides, taillés dans une roche ancienne. Comme ces amis d’un pays en trouble, d’un pays en guerre avec lui même, qui rient des bêtises pourtant très lourdement conséquentes de tout ce qui porte un uniforme.

Elle n’était pas méchante, elle était dure. Ce qui ne change rien pour un enfant. Mais elle avait quelque chose dont on a hérité : L’insoumission.

 

 

Poésie perdue

Cette nuit, un rêve étrange.

Je cherche quelque chose, ou plutôt « des choses » dans ma bibliothèque.

Mais cette bibliothèque n’est pas ma bibliothèque réelle. C’est une bibliothèque éclatée, répandue sur un territoire assez vaste, constituée de constructions de taille réduite, en bois, comme des hangars, granges ou cabanes, et des terrains accidentés, boueux, mais aussi d’une petite terrasse pavée. Je passe d’un endroit à l’autre, d’un coin à l’autre, d’un recoin à l’autre, m’élevant sur la pointe des pieds, me pliant, me penchant, fouillant pour retrouver, je crois, quelques petits fascicules de poésie illustrée. Le terrain couvert par cette bibliothèque est humide et encombré et je me souille les pieds et les genoux, et même les mains qui s’enduisent de boue et de poussière.

Dans ce rêve, je n’ai pas vraiment perdu ces livres, mais plutôt simplement négligé, comme si j’avais oublié ce rayon là de [ma] bibliothèque [imaginaire].

À la toute fin du rêve, notion insaisissable, j’avance vers le centre de la petite terrasse, vers l’espace d’un carreau de sol manquant. Dans ce carré de terre libre au milieu de cette terrasse bien lisse pousse un arbuste plutôt moche. Je me mets à genoux et au pied du tronc chétif et grisâtre, je récupère un cahier carré richement illustré. C’est à ce moment, dans le rêve, que je formule ce que je cherche : les livres de poésie. Et je me souviens de la conscience réflexive qui me fait remarquer que tous mes livres de poésie [dans le rêve] sont illustrés par des artistes contemporains. Le rêve ne distingue pas la poésie des mots et des images, comme une confusion des genres à la Charles Grivel.

Coïncidence

Hier soir, juste après le coup de fil de ma soeur, j’ai eu beaucoup de mal à me décider à traverser les 5 mètres qui séparent nos deux immeubles pour rejoindre la fête d’anniversaire d’Armelle…

J’ai hésité, mais je me suis rendu compte des blagues que ça susciterait si j’envoyais «je ne peux pas venir, ma grand-mère est morte ».

client

Le roi du monde

Notre époque ne déplore pas seulement la disparition des journalistes, mais aussi et surtout celle du politique, définitivement remplacé par une règle simple empruntée au petit commerce : le client est roi.

 

 

J’aimerais bien qu’on m’explique le plan

Nous vivons dans un pays très largement désindustrialisé. Bien. Nous vivons de l’exploitation des restes d’un empire coloniale (inavouable), de quelques contrats d’armement (immoral), du tourisme (pas glorieux) et en particulier de notre spécialité : le tourisme culturel (un résidu de gloire ancienne). Le gouvernement d’avant, personne ne semble s’en souvenir, a vendu une part du patrimoine (et bazardé les réserves d’or si je me souviens bien). Celui-ci vient de détruire le tourisme avec l’état d’urgence prolongé et partout, dans un beau mouvement collectif, les pouvoirs régionaux détruisent les structures culturelles…

À moins que, parano, le plan soit, comme l’avait dit Sarko, d’essorer les Français pour enfin leur faire sortir leur saleté d’épargne qui a résisté à la crise. Entendre : qui a résisté à l’irrésistible mouvement financier mondial de toutes valeurs vers le haut de cette merde de pyramide sociale. Vers le 1% qui chaque jour a moins besoin de nous, encombrante plèbe.

Moi, je n’ai pas d’épargne. Mais vous sûrement. Pour l’instant.

Mais il va rester quoi dans ce minuscule pays ?

J’aimerais bien qu’on m’explique le plan !

 

celine

Les images de Céline Guichard

[ Texte écrit en mars 2016 pour le catalogue de l’exposition “Mauvaises Graines II”, du 10 Mai au 16 Juin 2016, Espace Topographie de l’art / Paris ]

Les images de Céline Guichard provoquent rarement l’indifférence. Elle n’a pourtant jamais l’intention de choquer, mais une intention farouche, oui, de ne pas réprimer les images qui naissent du jeu complexe de la pratique quotidienne du dessin, de ses recherches visuelles et de toutes les réminiscences qui la traversent. Read More →

Ne pas croire les proverbes

Toute ma vie m’a confirmé une chose : quand tu l’ouvres, tu t’exposes. Pourtant, au-dessus de tout et au-delà de toutes les conséquences possibles : le silence est toujours coupable.