2 pages du futur livre de François Bertin chez Warum éditions

Le réverbère

Hier matin, en vélo, je me suis pris un réverbère. PAF ! Une seconde de distraction, et pas vu l’arrière d’une camionnette qui rétrécissait l’espace derrière les voitures garées.

C’était étroit, mais je pouvais passer. Si j’avais vu la chose venir, je serais passé tranquillement, élégamment même, en accélérant avec un poil de morgue et cette sensation si agréable d’avoir 12 ans. Mais la surprise m’ayant déstabilisé, j’ai donné un violent coup d’épaule au pilier de métal qui n’a pas bronché. Selon les lois de la physique, mon corps tentant de pivoter autour de cet axe trop fixe, ma hanche s’est écrasée lourdement à son tour. Par réflexe, mon poignet est venu frapper le métal qui n’a même pas crié. Je ne sais pas comment j’ai évité la chute, mais j’ai repris maladroitement ma trajectoire, bien conscient qu’il n’y avait plus rien de gracieux là-dedans… En m’éloignant, je ressentais encore l’onde du choc dans tout le corps qui s’additionnait d’une légère contrition morale.

Étrangement, il me reste peu de choses de ce petit accident. Une trace brune sur le poignet, une légère onde de douleur dans les lombaires et la hanche et une raideur dans la nuque. Le choc a suffisamment été réparti sur la hauteur du corps pour m’éviter les hématomes.

M’en fous, car dans l’après-midi, François Bertin de l’atelier d’en face (distance : largeur du couloir), m’a remis la première partie de son livre en chantier sous forme d’une liasse de feuilles libres. J’avais été très surpris, lors de notre première conversation, de découvrir des similitudes entre ce que j’avais écrit en avril 2013 et son projet. Je lui avais donné mon texte et j’avais récolté des compliments et même un enthousiasme qui m’apparut sincère. Très agréable.

C’était donc à mon tour de le lire. Et ces feuilles volantes m’ont apporté un vif plaisir. En effet, nous avons quelques souvenirs presque communs, ou cousins, et une même manière de découvrir sa libido. Et moi qui croyais avoir écumé mes souvenirs présexuels, la lecture de son livre en chantier m’a provoqué une salve de réminiscence ! Des choses enfouies, perdues, dont je n’avais même plus idée me sont revenues, ravivées, comme à 13 ans,  la ligneuse grande sœur de mon copain avec qui je jouais au foot, entraperçu dans leur salle de bain. Ou encore cette fois, bien plus tard, où j’avais dû dormir dans la chambre de la sœur d’un ami. Une chambre de fille, avec toutes les odeurs et toutes les textures d’une chambre de fille. C’était si troublant de se glisser dans les draps de cette absente à l’aura si forte ! Et d’autres souvenirs encore que je ne noterais pas ici, par pudeur ou pour les garder pour ailleurs, peut-être…

Oui, ma vie actuelle émaillée de privilèges peut bien supporter un réverbère trop inflexible ! En un seul après-midi, parcourir les charmants carnets de dessins de Giulia Sagramola, parler avec elle de la spontanéité du premier trait,

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Carnet de Giulia Sagramola

ensuite lire un gros chapitre d’une fluide, élégante et sensible bande dessinée autobiographique, et enfin terminer en discourant sur le roman et les personnages avec son auteur…

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2 pages du prochain livre de François Bertin chez Warum

 

 

La remarquable performance de Robin Lord Taylor en futur Pingouin

Une lecture de Gotham, la série

En passant, rapidement, une lecture de Gotham, la petite série qui met en scène l’enfance de la faune hétéroclite qui peuple les aventures de Batman. Conformément à l’ambiance très noire des derniers films, et conformément à l’évolution des comics depuis les années 70, cette série est un pulp, un polar crasseux presque classique. Les histoires tournent autour du commissariat d’une ville (Gotham) corrompue par une mafia folklorique ayant des ramifications partout, de l’industrie à la finance en passant par la politique et la police… Puisque Batman est encore un enfant, le héros central est « le seul policier intègre » de la ville, qui doit devenir, dans l’avenir de la série et le présent des comics depuis 1939, le célèbre « commissaire Gordon » qui peut convoquer Batman grâce à un projecteur qui tatoue les nuages d’une chauve-souris géante. Read More →

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L’écriture revient par la fenêtre

Je suis dans mon atelier, seul, au calme. La porte est ouverte sur le couloir silencieux. j’ouvre la fenêtre, pour laisser entrer le bruit de la rue. Le bruit de la circulation. Je me lève régulièrement et me penche dehors. Je regarde cette minuscule part du monde. Activité ancestrale, vieille comme les fenêtres. Personne ne se dit jamais que la fenêtre a eu une « invention », son moment zéro, qui vient peut-être longtemps après le « mur ». Mais c’est un objet technologique d’une importance considérable. Qui mesure l’incidence de la fenêtre sur les modes de vie et sur la culture humaine ? Sur la peinture, c’est documenté, mais sur l’ensemble de la culture ? La roue, c’est bien, mais la fenêtre, c’est pas mal non plus ! Si tu enlèves la fenêtre, toute la littérature antérieure au téléphone portable s’effondre ! (Pour dire : si tu enlèves le téléphone portable toute la fiction contemporaine s’effondre)

voilà. Voilà comment je reviens à l’écriture par la fenêtre. Juste en observant les voitures, en tentant de capter des choses infimes sur la vie des conducteurs, en observant le va-et-vient des clients du bar au coin de la place, ceux qui stagnent sur la terrasse en bois, et mes quelques camarades qui passent dans un sens ou dans l’autre, qui vont faire leurs courses au marché ou qui traversent dangereusement.

Oui, il est temps de revenir écrire ici.

 

 

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Dissémination turque

Je note ici pour mémoire les usages de mes petites photographies de smartphone que je publie sur le tumblr Romanticiphone. Je découvre aujourd’hui qu’un portrait de Céline Guichard se retrouve dans une revue turque d’art et littérature (je crois) à la ligne bien punk : « LÖPÇÜK #03″ de novembre 2014.

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