Le blog d'Alain François

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Sébastien Chrisostome rien que pour moi !

Alors là, comment dire ? Le truc qui fait plaisir ! Hyper plaisir !

Oui ! Plaisir ! Mais comment ?

Comme ça : Avril 2014, un repas chez des amis. Je fais tout naturellement la connaissance de mon voisin : Olivier Joignant, qui s’occupe de la petite revue « Amazing ». Stéphanie Cadoret, qui me connait mieux, lui parle de mes articles sur Culture visuelle. Il est très intrigué par celui sur les femmes chattes [ la femme-félin, figure zoomorphe transculturelle ] et me demande s’il peut le publier dans « Amazing ».

Pourquoi pas ?

Sauf que je lui signale qu’un article Web, c’est pas franchement un article papier ! C’est même plus souvent l’équivalent d’un petit livre. Qu’à cela ne tienne ! Il veut juste le dernier chapitre.

OK, vendu ! Ou plutôt donné, puisque nous sommes entre gens gracieux…

Cet article est relativement vieux, un peu loin de moi, et donc j’ai presque instantanément oublié cette histoire. Mais 3 mois plus tard, Olivier Joignant me demande qui va illustrer l’article ? Après tout, c’est une revue graphique !

Là, je bondis comme un félin (ça m’arrive…) : «  Sébastien Chrisostome ! Oui, Sébastien ou personne ! Enfin… S’il veut bien bosser gratos pour ça. »

Et le Sébastien sollicité, placide, qui dit juste oui, simplement oui, comme ça.
Oui ? Le plaisir !

Donc, Sébastien a réalisé deux superbes illustrations rien que pour moi !
Dès que la chose est sur papier, je balancerais un billet. Celui-ci, c’était juste un billet sur le plaisir, rien que pour le plaisir !

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La mission importante du jour

Aujourd’hui quoi de notable ? Et bien l’air de rien, une mission de la plus haute importance ! Et qui ne supporterait aucun contre-temps : J’ai [réussi à] peler 3 carottes et 2 patates.

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Une promesse non tenue

Guichard4Je m’étais promis de ne plus faire de site « comme ça », « en passant », parce que ça prend un temps fou, qu’en plus, il faut s’actualiser techniquement constamment et que j’atteins vite la limite de mes compétences en la matière. Mais voilà, c’était sans compter le passage à PHP5.5 qui a mis la plupart de mes sites en rideau. Je viens donc de construire à zéro un site pour Céline Guichard qui en a un besoin urgent, puisqu’elle a une grosse expo perso très bientôt. Donc, voilà une adaptation rapide d’un superbe thème d’Anders Norén pour WordPress (et abandon de SPIP par la même occasion ! Snif !) pour sauver la présence en ligne d’une artiste épatante !

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Toujours cette position volontariste

Je refuse le symptôme. La notion même de symptôme. Je considère qu’il y a toujours quelque part le moyen de la communication. Au-delà des symptômes, au-delà de la folie de chacun, et qu’on peut transcender ses propres automatismes, ses défenses instinctives, ses asservissements mentaux pour accéder à l’autre.
Les manigances mentales ont un effet très superficiel sur moi. Est-ce mon narcissisme qui me garantit contre ça ? Je ne sais pas… Mais voilà

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Campagne verte

En janvier, les écologistes de mon coin me contactent. je dois remplacer au pied levé un autre graphiste pour réaliser l’intégralité de la campagne de Com. Sauf que la campagne électorale, elle, est déjà largement commencée. Petite course pour rattraper le temps perdu.

Mais au bout du compte, les affiches, les flyers, le programme, etc., sortiront à temps. Graphiquement, j’ai dû « faire avec » ce qui existait déjà.

J’ai été un peu surpris, mais après tout, même si je n’ai jamais voté écologiste, je ne peux pas nier une certaine sensibilité aux  changements climatiques…

Et puis tout c’est passé dans la bonne humeur et c’était donc plutôt une bonne aventure.

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La souris et le [pseudo]-photographe

Pour le 41e Festival International de la Bande dessinée d’Angoulême, j’ai « couvert » l’événement avec une souris journaliste pour le Huffington Post…

Bon, ok, la vérité, c’est qu’Elric Dufau, auteur de BD, tient un blog sur le Huffington Post, et qu’il a fait de moi le correspondant local (virtuel) ET photographe (réel) de sa souris reporter… C’est clair ? En fait, Elric explique ça mieux ici (même si je ne suis pas spécifiquement « graphiste », mais passons…) :

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Le blog d’Elric est ici : www.huffingtonpost.fr/elric-dufau

 

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Romantic Iphone, le projet

Romantic iPhone is a visual intimate/extimate diary made exclusively ​​with a smartphone, describing my life within its community of cartoonists and other image producers. It’s a book of memories, an object of social art, an autofiction, a collective fiction. Within its constraints – the square photo format and the exclusive use of a smartphone camera – this journal plays with the conventions of photo-sharing and explores the aesthetic implications of digital filters.
To get to know me better,
> Check out my visual research notebook
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Romantic iPhone est un journal visuel intime/extime exclusivement réalisé avec un smartphone. Il raconte ma vie au sein de la communauté des auteurs de bande dessinée et autres producteurs d’image. C’est un album souvenir, un objet d’art social, une autofiction, une fiction collective. Malgré les contraintes, format carré et usage exclusif de l’appareil photo du smartphone, il s’amuse des usages communs de la photographie de partage et des esthétiques induites par l’usage des filtres.

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Kuro Éden, Il y a une universalité du fantastique…

Et cette nouvelle exposition de la Galerie Da-End le démontre, d’une certaine manière, en éclairant l’étrange relation que Céline Guichard entretient avec le fantastique japonais et en particulier avec l’incroyable tradition des Yôkai.

Ce n’est pas le seul ingrédient de cet univers visuel protéiforme. Il y a, en toute logique, de nombreux ingrédients occidentaux : les évocations baroques, le grotesque roman, le fantastique XIXe, le surréalisme bien sûr et même les influences du Comics US et de l’imagerie punk-rock des années 80…

Lorsqu’on interroge Céline Guichard sur ses évidentes influences japonaises, elle reste prudente :

« Je ne me suis pourtant jamais inspirée directement des images des artistes contemporains japonais, que je ne connaissais pas il y a encore quelques années. Mais lorsque j’ai découvert le travail de Toshio Saeki, et ensuite des artistes se revendiquant du genre que l’on nome ero-guro, je m’y suis retrouvée comme “en famille”. Je me souviens juste avoir recopié en classe de 6e une estampe japonaise de Kitagawa Utamaro dans un manuel scolaire. Mais c’est seulement bien des années plus tard que j’ai découvert que l’image reproduite, “Les amoureux”, avait été largement recadrée de manière à faire disparaitre sa dimension érotique ! Bien sûr, maintenant, j’ai tendance à cultiver ces références que j’ai intégrées à l’ensemble des imageries très différentes qui me nourrissent, comme celles de Goya, de Diane Arbus, de Pierre Klossowski ou Lucian Freud, Louise Bourgeois ou même Georges Pichard et pourquoi pas les livres d’emblèmes, le cinéma…»

On pourrait donc s’interroger sur les chemins que Céline Guichard a dû emprunter pour qu’une française née au cœur de la campagne du sud-ouest produise des images qui flirtent de manière aussi évidente avec l’imaginaire traditionnel japonais. Certes, sa génération a grandi devant ces « mangas » si décriés dans les années 80. Mais il est difficile d’y trouver une source esthétique. Le dessin standardisé et aseptisé de ces animations n’a pas grand-chose à voir avec ses productions actuelles…

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Mais, au-delà des influences directes possibles, ces coïncidences esthétiques doivent être lu comme une communauté d’esprit, qui est autant la conséquence de la mondialisation culturelle en cours, de l’importance croissante de la culture asiatique dans le cadre de cette mondialisation, que des origines voisines de nos imaginaires : les traditions populaires qui ont toute une prédilection pour le fantastique et l’érotisme grotesque. Par exemple, j’écris ici à quelques kilomètres d’une campagne qui a son histoire de loup-garou, où l’on trouve à certains moments de l’année une pâtisserie en forme de pénis géant que ne renieraient pas quelques villages japonais…

D’après Edgar Morin, le monde des doubles (des esprits, les Yôkai au Japon) est le monde d’avant les dieux. Le temps des dieux est le temps de séparation des vivants et des esprits. Le fantastique, par son jeu sur les nombreuses modalités du double, le Tanuki qui sort du sexe d’une femme chez Saeki, les maladies symbiotiques ou les hybrides chez Guichard, se place donc dans un espace préreligieux… Ce fantastique originel se retrouve dans toutes les traditions populaires, ces mêmes traditions qui innervent les images de Toshio Saeki, mais aussi de Céline Guichard, et dès lors leur rencontre dans cette galerie-écrin n’est plus tant géoculturelle que sociologique… En effet, tous les fantastiques populaires se mettent d’accord sur ces quelques ingrédients clefs : le double sous toutes ses formes, un goût pour la déformation, le grotesque, la violence, un accès direct au corps et à la sexualité, sans euphémisation…

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LOLcat, La déchéance du chat

Pour Julien

C’était Noël. Julien me balance dans ma boite Facebook un bon vieux « jingle cats« , et brusquement la chose me saute aux yeux !

Si l’on prend un peu de recul sur ce monstrueux phénomène des lolcats, se cache derrière cette théorie de chats grimaçants une révolution copernicienne, au moins : le changement d’image d’un des deux animaux les plus populaires au monde. Rien que ça.

L’Internet a réalisé ici un petit miracle, ou une catastrophe, selon, en changeant définitivement l’image d’un animal dont les qualités avaient pourtant traversé les siècles et les civilisations avec une grande stabilité. Et ces qualités « félines », entre douceur et violence aveugle, déjà inscrite dans les déesses égyptiennes, vont être définitivement altérées et même occultées par une quinzaine d’années de gags idiots. Le chat, symbole de noblesse et d’indépendance est aujourd’hui tourné en dérision, offert en pâture à la moquerie du commun, humilié sur chaque écran du monde !

L’image, l’image du chat dont il est question ici est celle dont on dit qu’elle s’écorne. C’est une chose opérative, mais insaisissable, un monstre composite, un mystère qui justifie Culture visuelle. Ce n’est pas que le champ sémantique, les connotations et dénotations, c’est la réputation, c’est l’aura de Benjamin, c’est le rhizome des conversations d’André Gunthert, c’est une nébuleuse à croissance variable, parfois explosion, parfois discrète, parfois à retardement, rémanente ou éphémère… Cette image peut être construite et peut être détruite, comme celle de DSK, brusquement, ou encore dégradé comme celle de Depardieu. Elle peut être re et reconstruite, comme celle de Nicolas Sarkozy qui passera de traitre à présidentiable, de présidentiable à perdant antipathique, de perdant à… on verra. L’image peut être infiniment persistante, comme celle d’Ulysse, qui a creusé un sillon profond dans la culture mondiale. Cette image est alors plus importante que sa source historique ou fictionnelle, et finit même parfois par se détacher de cette source.

L’image peut-être lourde de conséquences, provoquer la déchéance sociale d’un homme, mais pire encore, elle peut aussi se construire dans un médiocre texte politique il y a 2000 ans, s’incarner juridiquement au moyen-âge, et aboutir à la Shoas. L’image, comme le dit la doxa, te colle à la peau. Pas facile de s’en défaire. L’image de Findus va hennir pour quelque temps…

Et donc, l’image du chat. Du félin en général.

Incroyablement stable depuis des millénaires. Puisqu’on sait ça. L’archéologie le dit : petit félin divinisé par les Égyptiens pour les mêmes qualités que celle qu’on leur prêtait il y a encore 15 ans… Le chat était noble, élégant, sauvage et tendre, affectueux, mais indépendant, tour à tour violent et zen. C’était le chat, indomptable et féroce, connecté aux esprits, voire maléfique. Une mythologie, une passion très répandue, le compagnon des écrivains, le symbole d’une cohabitation étrange qui ne s’avilit pas en domestication…

Jusqu’à l’Internet… Et cette image si solide, une image en béton, indestructible, survivant à la fin des civilisations, vient brusquement s’abîmer dans l’immensité d’un océan d’humour infantile à l’échelle de la planète. Et même si l’on dit « sur l’Internet, personne ne sait que vous êtes un chien » (On the Internet, nobody knows you’re a dog), ce qui au passage, est de moins en moins vrai, c’est le chat qui devient la mascotte phagocytée du réseau global. Mais pas le chat comme chat ! Pas le chat totem ! Non ! Un chat-clown nouveau, toujours ridiculisé !

Et comme DSK, c’est terminé… Plus possible de voir un chat sans se marrer. Plus possible de voir un Sofitel… Plus possible de ne pas penser à toutes ces facéties qu’on s’échange partout, en tout temps et à propos de n’importe quoi. Le chat transformé en langage grotesque, en micro-lien social, en matière noire du Web. Le chat gag. Le chat rictus. Le chat est mort.

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Fable Marine, charme nautique…

imageIl y a une qualité d’une œuvre qui est au dessus des autres qualités. C’est une chose dont on parle peu, car elle est difficile à saisir. Elle est subjective, rare, pas du tout rationnelle, elle ne s’enseigne pas, ne peut se fabriquer à partir de règle… Pourtant au bout du goût, au bout de tout jugement esthétique, c’est la petite qualité qui fait la différence. Cette qualité, c’est le charme.
Pour comprendre de quoi il retourne, il suffit de penser au cinéma de David Lynch… Même si l’on a parfois l’impression «que quelque chose nous échappe », et même si l’on pourait se laisse aller à soupçonner qu’en fait, il n’y a peut être rien à comprendre, ce cinéma fascine… Il fascine, alors même que l’objet culturel ne semble répondre à aucune règle du genre…

Ainsi, on n’enseigne pas le cinéma de David Lynch… (Même si j’ai eu des cours sur lui à la Fac). Et c’est si vrai que ceux qui tentent de lui voler cette chose qui fascine, qui tentent de capturer l’atmosphère lynchienne, échouent tous. Il y a donc quelque chose, une toute petite chose, ingrédient secret, qui fait que ce qui devrait être ridicule, rideau rouge, musique à grosse ficelle et personnages caricaturaux, nous embarque pour un étrange rêve éveillé.

Ce phénomène, c’est le charme… Et je crois aujourd’hui qu’aucune œuvre ne m’a touché par autre chose… Aucune. Le charme est si puissant, comme qualité d’une œuvre, qu’il permet de se dispenser de toutes autres qualités. Nombreux sont ceux qui veulent t’enseigner comment raconter une histoire, comment la structurer… Mais y a-t-il vraiment une recette ? Le film considéré aujourd’hui comme le plus grand, Vertigo, est une répétition d’une même structure avec symétrie centrale. Aucun scénariste n’oserait, aucun producteur n’accepterait ça aujourd’hui ! Et pourtant…

Donc, l’intégralité des conseils en la matière est inutile. Absolument et définitivement inutile, car le charme est inattendu, et les conseils, eux, toujours attendus…

Tout ça pour toucher du doigt ce qu’on n’arrive pas à toucher, justement… Cette petite chose merveilleuse qui habite les eaux chlorées et si trompeusement limpides des Fables nautiques de Marine Blandin… Cette jeune auteure à su créer, très simplement, un petit univers clôt, celui d’un centre nautique, qui nous capture au point de ne plus vouloir en sortir… Et d’ailleurs, pour évacuer le reproche tout de suite, c’est le défaut du livre, de finir par répondre aux codes de la narration, comme l’on répond au Code de la route, et donc, irrémédiablement nous extraire de l’histoire ! Mais l’avions-nous demandé ?

fables2Alors, pour cette petite chose-là, j’ai mis longtemps à me décider à poster mon article, ne voulant pas peiner l’auteur que j’ai la chance de croiser souvent, puisque nous sommes presque voisins… Oui, je n’arrivais pas à me résoudre à noter ma petite déception alors même que ce livre contient une chose aussi inattendue que ce charme insaisissable des œuvres oniriques. Il y a une jubilation enfantine à découvrir sa théorie de personnages drôles, burlesques, surréels et même inquiétants. Il y a une autre jubilation à sentir monter le mystère dans ce cadre qu’on imaginait limpide, transparent, hygiéniste et pragmatique…

J’ai maudit le genre et son formatage, quand j’ai compris que nous aurions la clef de cet énigmatique barbotage en un seul petit volume. Moi, je voulais au moins autant d’épisodes qu’a pu en vivre le personnage paranoïaque de Patrick McGoohan ! C’est ça que je voulais, rester coincé longtemps dans ce lieu étrange, dans ces eaux mystérieuses, parmi ces êtres exotiques au comportement si intrigant ! Oui !

Voilà, je me suis enfin décidé à formuler une légère réticence à propos d’un livre que j’ai aimé. C’est agaçant. Mais en fait… je m’en fous, parce que Marine Blandin est jeune, elle débute, et ce livre DOIT être le ferment d’une œuvre riche et pléthorique !

Oui, j’attends maintenant beaucoup de ma voisine ! Elle l’a bien cherché !