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La vie humaine est triste. Nos ancêtres communs (nous avons tous les mêmes, connard) le savaient.

La vie humaine est courte et triste, mais réussit souvent à être infiniment longue, s’étirant en torture morale et physique.

Elle s’est, pour une part de l’humanité, largement adoucie.

Mais elle reste ce qu’elle est : triste.

 

Notre condition n’a pas varié.

Les nuances sont quantitatives.

La vie est triste par essence. Nous avons un seul pouvoir, celui de tenter qu’elle ne devienne pas sinistre.

Car, nous avons tous tendance à noircir encore  cette tristesse ontologique

par nos choix, par nos actes, par notre comportement social, par nos prothèses psychique, physique ou chimique,  par toutes nos stratégies minables pour tenter d’oublier, d’effacer, de masquer la tristesse de notre si misérable condition.

 

 

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Trouver les mots. Je dis souvent, maintenant, qu’il n’y a plus jamais de « syndrome de la page blanche » pour moi. Je peux me poser, n’importe où, n’importe quand, et écrire. Ceci ne garantit pas que je serais content du résultat. Mais le fait est là. Après les étranges expériences d’écriture en ligne de la dernière décennie, le problème n’est plus jamais « quoi écrire. Plus jamais, mais “comment”. Read More →

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Longtemps, je me suis excusé d’écrire comme les martinets volent

Ou comment faire d’une phrase malvenue un titre de billets. Oui, bon, c’est aussi une question importante. La question du style, au cœur de tant de polémique littéraire et autre, de batailles, de pamphlet, d’aigreur, de goût et dégoût, peut-être de duel en d’autres temps, de fanfaronnade et pantalonnade, et aussi, au bout de l’évidence qu’une époque ne se déroute pas d’un mot, de silence acide… Read More →

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Incise

Les martinets sont de retour.

D’exécrables depuis des mois, le temps est devenu « variable », oui, variable, donc distrayant. Une douceur de temps, mélange subtil de fraîcheur et de chaleur, gastronomie à petit vent frais qui invite à la sieste et la rêverie. Si la mélancolie vient, elle sera nécessairement apaisée et même réconfortante. Un vent de vague à l’âme. Read More →

2 pages du futur livre de François Bertin chez Warum éditions

Le réverbère

Hier matin, en vélo, je me suis pris un réverbère. PAF ! Une seconde de distraction, et pas vu l’arrière d’une camionnette qui rétrécissait l’espace derrière les voitures garées.

C’était étroit, mais je pouvais passer. Si j’avais vu la chose venir, je serais passé tranquillement, élégamment même, en accélérant avec un poil de morgue et cette sensation si agréable d’avoir 12 ans. Mais la surprise m’ayant déstabilisé, j’ai donné un violent coup d’épaule au pilier de métal qui n’a pas bronché. Selon les lois de la physique, mon corps tentant de pivoter autour de cet axe trop fixe, ma hanche s’est écrasée lourdement à son tour. Par réflexe, mon poignet est venu frapper le métal qui n’a même pas crié. Je ne sais pas comment j’ai évité la chute, mais j’ai repris maladroitement ma trajectoire, bien conscient qu’il n’y avait plus rien de gracieux là-dedans… En m’éloignant, je ressentais encore l’onde du choc dans tout le corps qui s’additionnait d’une légère contrition morale.

Étrangement, il me reste peu de choses de ce petit accident. Une trace brune sur le poignet, une légère onde de douleur dans les lombaires et la hanche et une raideur dans la nuque. Le choc a suffisamment été réparti sur la hauteur du corps pour m’éviter les hématomes.

M’en fous, car dans l’après-midi, François Bertin de l’atelier d’en face (distance : largeur du couloir), m’a remis la première partie de son livre en chantier sous forme d’une liasse de feuilles libres. J’avais été très surpris, lors de notre première conversation, de découvrir des similitudes entre ce que j’avais écrit en avril 2013 et son projet. Je lui avais donné mon texte et j’avais récolté des compliments et même un enthousiasme qui m’apparut sincère. Très agréable.

C’était donc à mon tour de le lire. Et ces feuilles volantes m’ont apporté un vif plaisir. En effet, nous avons quelques souvenirs presque communs, ou cousins, et une même manière de découvrir sa libido. Et moi qui croyais avoir écumé mes souvenirs présexuels, la lecture de son livre en chantier m’a provoqué une salve de réminiscence ! Des choses enfouies, perdues, dont je n’avais même plus idée me sont revenues, ravivées, comme à 13 ans,  la ligneuse grande sœur de mon copain avec qui je jouais au foot, entraperçu dans leur salle de bain. Ou encore cette fois, bien plus tard, où j’avais dû dormir dans la chambre de la sœur d’un ami. Une chambre de fille, avec toutes les odeurs et toutes les textures d’une chambre de fille. C’était si troublant de se glisser dans les draps de cette absente à l’aura si forte ! Et d’autres souvenirs encore que je ne noterais pas ici, par pudeur ou pour les garder pour ailleurs, peut-être…

Oui, ma vie actuelle émaillée de privilèges peut bien supporter un réverbère trop inflexible ! En un seul après-midi, parcourir les charmants carnets de dessins de Giulia Sagramola, parler avec elle de la spontanéité du premier trait,

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Classeur de Giulia Sagramola

ensuite lire un gros chapitre d’une fluide, élégante et sensible bande dessinée autobiographique, et enfin terminer en discourant sur le roman et les personnages avec son auteur…

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2 pages du prochain livre de François Bertin chez Warum