IMG_8455

Écritures en résidence

Je me dis que j’aurais dû tenir le journal de ma résidence. Mieux vaut tard que jamais… Donc…

Aujourd’hui, j’ai testé une autre configuration de travail. Plutôt que rester dans l’atelier confiné, je me suis installé sur le canapé du coin « thé/café », au bout du couloir, juste avant l’atelier qu’Aude partage avec Giulia. La lumière est plus belle ici, le canapé agréable et j’entends la musique que les filles écoutent juste à côté. Me cale dans le coin du canapé avec le portable sur les genoux, réglé sur le wifi de la résidence, et voilà un lieu d’écriture très agréable !

Aude, en passant, a trouvé ça si farfelu qu’elle m’a pris en photo…

 

 

chronos

Chronos

Je continue de poster ici, parcimonieusement, trop parcimonieusement, ça va s’éterniser, les vieux billets des blogs épars qui m’ont servi de lieu d’écriture. Je tente de trier ce qui peut être (encore) publié de ce qui ne peut pas, où pas avant deux ou trois siècles (quand tout le monde sera mort selon la délicate attention de Stendhal). Mais pour un type qui a toujours eu l’impression de ne pas écrire, plus j’en cherche et plus je trouve des bribes et parcelles dans les coins des archives numériques. Je ne sais pas pourquoi ça me fait tellement de bien de retrouver la chronologie de tout ça, mais oui, ça me fait foutrement du bien !

 

 

tarot

De l’autre côté du miroir

Le miroir, seuil, froid et dur, cassant coupant, déchirant les organes. Tu ne passes pas de l’autre côté comme ça, comme on fait un pas en avant. Non. 7 ans ont passé. Étrange conte. Étrange décompte.

Tiens, hier soir visionné deux choses pas mal du tout.

  • Super trash, un très bon doc sur une décharge géante (évoque « L’Île aux fleurs » de Jorge Furtado).  Super trash c’est un mec qui décide de vivre deux ans « sur » et « de » la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet. Ça aura dû être chiant, mais il filme ça malin, très malin même, limite western ! Une réussite. Montage dynamique, aussi et quelques trucs marrants comme le miroir devant la caméra pour s’impliquer dans le film en mode auto-fiction. Pas mal du tout ! Je ne parle pas du contenu ? Hum… Tout finit à la décharge. Tout, ou plutôt tout ce que nous sommes. Point. Et la décharge, en miasme empoisonné, nous revient gentiment par infiltration. Nous nous empoisonnons nous-mêmes, toujours aussi cons. Relire Effondrement de Jared Diamond avant de croire qu’on est capable d’autre chose…

  • Et ensuite, sur Arte, un reportage un peu léger sur l’origine des cartes du Tarot. Je passe sur l’attribution abusive d’une fresque horriblement mal dessinée au pauvre Botticelli qui n’aurait jamais foiré un raccourci du bras comme ça ! Bon, mais sinon, brusquement, enfin, une théorie plus que crédible sur l’origine des lames du Tarot. Et tout aussi brusquement, des siècles de mystères qui s’effondrent et une pratique divinatoire qui devient profondément ridicule. Car, si ces étranges images ne sont plus qu’un manuel scolaire voué à l’enseignement de la philosophie pseudo-platoniste de Marsile Ficin, alors inutile d’imaginer qu’elles vont vous éclairer l’avenir !

ombre

Sur un mode

C’est si étrange l’écriture ! Il suffit de s’éloigner d’une écriture pour la perdre. La perdre de vue, et la perdre totalement bientôt. Je sais que j’ai perdu une écriture dans une expérience dernière. Je savais que je perdais. Je sentais que je perdais, mais je n’ai pourtant rien fait pour retenir ce que je perdais.

Parce que je n’étais plus moi. Ou plutôt, je n’étais plus pour moi. Alors, cette écriture, que je reconstruis là, à l’instant même, narcissique, car je pouvais bien la laisser se perdre puisque je savais pouvoir la réinventer à tout moment, cette écriture là avait laissé la place à une expérience d’externalisation du moi inédite. Read More →