Détresse visuelle

Maestro : imitation de la beauté

Maestro : imitation de la beauté

En regardant Maestro, de Léa Fazer, je me posais cette question : l’imitation de la beauté produit-elle de la beauté ?

Mais avant ça, une autre question, sur ce désir actuel de quelques auteurs discrets de parler du cinéma d’auteur dans leur film. C’est un sujet en soi, de mettre en scène le tournage ou la promotion d’un film d’auteur, mais aussi d’aborder les problèmes complexes et irrésolus du goût que posent ces objets esthétiques qui peinent souvent à trouver leur public.
Problèmes complexes et nuancés abordés par la distraction des adolescents comme unique critère de financement dans le film de Claude Duty (Chez nous c’est trois ! ), et ici, dans « Maestro », par la rencontre de l’acteur « au gout vulgaire » avec un réalisateur poète, pseudo Rohmer incarnant la notion même d’auteur.

Amruta Patil dans son atelier

Amruta Patil dans son atelier

En me dirigeant vers l’atelier d’Amruta Patil, une légère inquiétude : J’estime l’abîme de mon ignorance sur la culture indienne. Vertige ! En particulier, sur la culture contemporaine… Et mon cerveau tente tardivement de rassembler les quelques repères littéraires, artistiques ou cinématographiques à sa disposition : un dérisoire théâtre d’ombres noyé dans l’immensité d’un pays monde !

Mon flou mental est à l’exacte image de la brume sale, froide et humide qui efface la vallée aujourd’hui, ce 16 décembre si proche du jour le plus court de l’année. Je sais que la lumière sera faible et donc, que les conditions de prises de vue seront difficiles pour mon pauvre Smartphone.

Le deuil de Laura Ingalls

Le deuil de Laura Ingalls

J‘ai découvert au hasard d’un partage d’article sur facebook que Laura Ingalls est un personnage historique. C’est idiot peut-être, mais découvrir la chose m’a troublé. J’ai trouvé ce trouble idiot, puisque je n’ai pas d’attachement nostalgique à ce personnage de fiction.
Oui, enfant, j’ai subi « la petite maison dans la prairie », car lorsqu’on est enfant on absorbe ce qui se présente. Mais depuis toujours, j’ai une répulsion pour les fictions larmoyantes. Comme celles qui, à l’image de la littérature morale du XIXe siecle, n’hésitent jamais à se vautrer dans la boue poisseuse du pathos.

Les promenades de Nylso

Les promenades de Nylso

IMG_8435Vendredi (5 décembre 2014), je suis passé voir Nylso à la Maison des auteurs (Angoulême). Sa résidence s’arrête à la fin du mois de décembre et je voulais le photographier dans son atelier avant son départ. Il est encore installé pour quelques jours dans un grand atelier collectif en sous-pente. J’aime bien ce 3e et dernier étage de La Maison des Auteurs, car les fenêtres mansardées barrent les photographies de grandes diagonales de lumières qui évoquent un décor de SF ou de film expressionniste.

Pigmentation d’un discours amoureux

Pigmentation d’un discours amoureux

« Pigmentation d’un discours amoureux » est le titre d’un livre de Mai Li Bernard. C’est un petit livre blanc paru discrètement en octobre 2014 et qui aurait pu s’intituler « petit précis d’incommunicabilité ».

C‘est un recueil de planches de bande dessinée mettant en scène des situations de la vie amoureuse. Bien, sauf que les malheureux protagonistes, déjà coincés dans la situation la plus riche en malentendus, n’ont à leur disposition pour dialoguer qu’un nombre très limité de gommettes de couleur !

La vie n’est pas toujours simple !

Visite de l’atelier de Jessica Abel

Visite de l’atelier de Jessica Abel

Hier était une très belle journée de novembre. Une lumière exceptionnelle à un mois du solstice d’hivers. Je décide d’en profiter pour faire une petite visite à la Maison des Auteurs (Angoulême) pour ramener des photographies de Jessica Abel dans son atelier. L’occasion d’apercevoir les planches de ses projets en cours, dont son intriguant « Trish Trash : Rollergirl sur Mars » qui va paraitre en janvier prochain chez Dargaud :

Tumblr, média social. 1 / approche expérimentale / introduction

Tumblr, média social. 1 / approche expérimentale / introduction

Je ne fais jamais les choses très simplement. C’est vrai, mais malgré la complexité de ma démarche actuelle, je vais tenter de vous l’exposer en quelques articles nouveaux, comme l’année dernière.

J’ai commencé il y a environ un an et demi à observer le réseau social Tumblr.

L’approche expérimentale était indispensable vu la nature sociale et numérique du médium.

Si vous rentrez dans le métro et que vous vous asseyez à côté d’un parfait inconnu, il y a de grandes chances pour qu’il ne se passe rien. Si vous engagez la conversation, vous créez la conversation, et vous provoquez l’interaction sociale. Mais vous ne l’inventez pas. Cette réalité de la conversation était potentielle dans le fait que deux humains se retrouvaient côte à côte. Donc, vous ne perturbez pas ce que vous observez, mais vous en faites partie, car votre nature est la même que celle de votre sujet. Poncif.

Ce qui est évident en sociologie l’est encore plus dans un réseau social numérique. Celui-ci n’est observable que si vous provoquez vous-même des interactions sociales. Donc, si vous acceptez de participer. Sinon ? Sinon, il n’y a simplement rien à observer.

L’épreuve sexuelle

L’épreuve sexuelle

À partir de :

– La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche
– Welcome to New York,
d’Abel Ferrara
– Nymphomaniac,
de Lars von Trier

Où sont les désirants ?

Dans ce début de XXIe siècle, Le sexe au cinéma est morbide, sadien, triste, marchand, froid, sportif, désespéré… Mais aussi paradoxalement cru et factice. Et devant le rejet à peu près universel que provoque le dernier Ferrera, je me suis demandé si nous n’étions pas arrivés à un point limite ? Car je n’aurais jamais cru écrire ça un jour, mais au cinéma, je sors maintenant moralement et physiquement épuisé des scènes à caractère sexuel.

La vie domestique et autres dépendances

La vie domestique et autres dépendances

Je poste (très en retard) ce billet sur « La vie domestique » d’Isabelle Czajka…

Je me disais, comme ça, en regardant un film ni bon ni mauvais, chronique française de la vie pavillonnaire, pensant que je n’en pensais rien, que cet ennui si ennuyeux qui me prends parfois devant ce genre de spectacle, mais aussi tout autant au court de lectures qui devraient me nourrir l’esprit, peut-être, était l’indice d’un bouleversement essentiel de mon rapport à ces choses-là.

Ces choses-là, nourritures culturelles.

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 4 / subjectivité

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 4 / subjectivité

Les chapitres précédents de cette promenade en Tumblr :

1 / Introduction
2 / construction de la machine
3 / lectures

Mais là, maintenant, reprenons du début. Puisque j’ai décidé ici de simplement raconter mon parcours dans Tumblr, dedans Tumblr, car il y a un dedans de Tumblr qui n’est pas accessible par la navigation Web. Puisque j’utilise Tumblr pour observer Tumblr. Et puisque je ne connais pas d’autre moyen que rentrer quelque part pour savoir « comment c’est dedans ». Et il sera toujours temps de se poser la question du sens de cette expérience. Mais pour l’instant, continuer à raconter…

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 3 / lectures

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 3 / lectures

Voilà, si vous avez lu les deux premiers chapitres, j’ai maintenant à disposition des collections d’images thématiques, dont les thèmes m’ont été dictés par l’observation d’un flux d’image alimenté par plus de 450 blogs tumblr. De nouveaux thèmes pourront émerger, s’imposer, et d’autres que j’avais « pressentis » se sont avérés décevants.

Chapitre 1

Chapitre 2

Ce qui est à comprendre, au vu des premières réactions et de quelques conversations, c’est que je ne suis pas un utilisateur lambda sur Tumblr. En général, on me dit « je n’ai pas la même expérience que toi». Mais si je m’en étais tenu à une expérience d’utilisateur lambda, ou de « joueur » adolescent qui chasse le follower, je ne verrais passer que des images ayant de près ou de loin rapport à l’Histoire de l’Art dans un cas, ou des Lolcats dans l’autre. Je n’aurais pas croisé les obsessions visuelles involontaires des « autres », à définir, ni la pornographie dont je n’ai pas l’usage. Pour avoir une idée, même imprécise, de ce qui parcourt ce réseau en arrière-fond, il fallait accepter ce que personne ne fait jamais : s’abonner à des blogs avec lesquels je ne partage à priori rien. Je dis à priori, car je crois que je partageais bien plus de choses avec mes contemporains que je n’aurais pu l’imaginer, et surtout que je n’aurais dit si l’on m’avait demandé de décrire mes goûts.

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 2 / construction de la machine

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 2 / construction de la machine

Je pensais originellement écrire un gros article synthétique sur Tumblr… Mais j’ai cette étrange habitude de me donner à l’expérience, au point de m’installer comme rat de laboratoire à l’intérieur même du dispositif que je construis.
Je n’ai donc pas dérogé à mes habitudes ici.

Reportez-vous à l’introduction pour la présentation de Tumblr.

J’en suis là de mon récit : Je me retrouve maintenant avec un blog de « collecteur », c’est-à-dire de partage d’images que je devais choisir dans ce que proposaient les blogs auxquels j’étais abonné. Ce premier bog :

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 1 / Introduction

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 1 / Introduction

On n’aborde pas un réseau social sans s’y plonger

Depuis environ 6 mois, je me suis immergé dans l’un des hauts lieux de l’imaginaire contemporain partagé, le réseau social et plateforme de blog « Tumblr ». Si vous connaissez peu, n’allez pas imaginer que ce réseau est très secondaire. Relativement peu connu en France, il semblerait qu’il arrive devant Facebook chez les jeunes américains (13-25 ans), et sa courbe de croissance est très supérieure à celle de Facebook.

La présence nue et la présence informée

La présence nue et la présence informée

J’avais écrit ce texte pour la Journée d’étude « Exposer les arts extra-européens Trans et multimédia, de nouveaux outils muséographiques? » organisée par le Groupe d’études et de recherches des musées d’Angoulême et le Musée d’Angoulême à L’Espace Franquin à Angoulême le samedi 6 avril 2013.

Ma copine Émilie Salaberry m’avait un peu forcé la main en me demandant d’introduire cette journée. J’ai donc écrit ça la veille, sans trop savoir si j’étais hors sujet ou pas… Il semble que, à part ma diction chaotique, ça faisait l’affaire :

Un conte avec des parents abusifs, de la violence et la mort !

Un conte avec des parents abusifs, de la violence et la mort !

 

 Caran d'Ache
Caran d’Ache

C‘est un conte cruel, comme un roman de Boris Vian, qui raconte comment des parents angoissés tuent l’imaginaire de leurs enfants à force de vouloir les garder de tout et n’importe quoi. Comment des parents dans un mélange de superstition et d’appréhension espèrent pouvoir préserver leur progéniture des tourments mentaux, accidents naturels de notre vie psychique en formation. Des parents qui ont plus peur des cauchemars de leurs enfants que de ce qui sort de leur propre bouche, chaque jour, quand ils s’adressent à eux.

Töpffer en ligne : La naissance de la bande dessinée disponible

Töpffer en ligne : La naissance de la bande dessinée disponible

Je ne vais pas vous proposer le énième article sur Rodolph Topffer, inventeur de la bande dessinée, mais sur sa disponibilité en ligne. La Cité internationale de la bande dessinée propose au feuilletage en ligne sa collection d’albums de Rodolphe Töpffer (1799-1846). Je ne m’appesantirais pas sur la solution de feuilletage désastreuse, anti-ergonomique, qui a été choisie, sans compter l’usage de flash, ringarde et inaccessible aux terminaux iOs, mais sur le principe même de la mise à disposition hautement louable. Dommage que la présentation gâche l’initiative !

Le nerd comme agent culturel (approche)

Le nerd comme agent culturel (approche)

homme-vitruve_brooksCet article note en vrac et peut-être trop rapidement quelques réflexions un peu fermées sur la figure du NERD comme objet historique. Il faut préalablement lire « Spider-Man est-il un mythe ? », être familier des concepts préférés d’André Gunthert et connaitre à peu près ce qui s’est produit depuis 1945… L’article utilise l’univers de la Marvel, pour rester cohérent avec le postulat « Spider-Man », mais aurait pu très bien s’illustrer avec Hollywood, ou l’édition japonaise, ou même française (en plus tardive).

Spider-Man est-il un mythe ?

Spider-Man est-il un mythe ?

J’ai un peu l’impression de faire un sort à mon enfance, depuis quelque temps…

Integrale-66-178-300x293Et j’ai compris lors de la sortie du dernier Spider-Man que j’allais devoir m’y coller. Mais Spider-Man, c’est à la fois un gros morceau en matière de notoriété, très au-delà d’Albator par exemple, et un gros morceau de mon imaginaire. Et oui, Spider-Man, c’est MON super héros, celui qui a  accompagné ma triste adolescence. Alors, il me fallait bien quelques mois de réflexion avant de remuer ça.  Mais la dernière adaptation, «The Amazing Spider-Man » de Marc Webb le pourtant bien nommé, a tellement gâché la sauce qu’il ne me semblait pas inutile de revenir sur sa recette. Après tout, l’adaptation était possible puisque Sam Raimi avait réussi à garder les ressorts originaux !

Albator : Trésor vivant, nostalgie et misogynie

Albator : Trésor vivant, nostalgie et misogynie

matsumotoJe me suis dit un peu rapidement « pour me remettre en jambe, pourquoi ne pas profiter de la venue en France d’un trésor vivant du Japon ? ». Oui, c’est vrai ça, pourquoi pas ? Et c’est innocemment que je me suis penché sur le cas de Leiji Matsumoto de passage au 40e Festival international de la Bande dessinée et papa de celui qui reste ancré dans la mémoire d’une génération de français sous l’étrange nom d’« Albator », série d’animation qui participa à l’invasion de la TV française par les animés nippons dans les années 80.