poésie

Courir

Courir

Nous étions sur une colline. En bas, ce mariage gigantesque. Je ne connaissais pas ces filles. Nous étions au faîte du paysage, terre rase et seule perspective du chemin. Nous étions là, cernés par la chaleur d’août. L’orage soudain, goutes énormes qui nous trempent jusqu’aux os et réflexe de fuite. Comme parfois on se perd Continue reading Courir

Paupière et théorie

Paupière et théorie

Je me réveille d’une maladie si commune. Retrouve le monde en aussi mauvais état que je l’avais laissé. Le « je » résonne étrangement. Comme dans un vide métallique. Suis-je ? Suis-je une unité de signification ? Me sens pas trop unité. Dois rassembler des… des vides. Assembler des vides ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Je me sens… discontinu. Continue reading Paupière et théorie

On n’écrit jamais pour soi

On n’écrit jamais pour soi

Rien ne compte, rien. Que ces minuscules choses. Que nous ne pouvons pas saisir. Mais que nous imitons avec les caméras de nos téléphones. Imperceptible tremblement. Art bavard. Qui cache les désarrois. Alors, retrouver le sens de la prose, du fleuve, pour laisser filer, sachant bien que c’est ici que ce qui doit être peut Continue reading On n’écrit jamais pour soi

Perds-toi !

Perds-toi !

Dans tes ombres Dans tes lumières Combien d’années ? Combien d’erreurs ? Combien de violences d’alcool d’abandon ? Je me souviens des jours ou j’ai voulu mourir Je me souviens surtout de ceux ou j’ai voulu qu’elle me tue Je suis arrivé jusqu’ici sur ce blog j’accepte ce que je déteste Je n’ai qu’une manière Continue reading Perds-toi !

Trou

Trou

J’ai mis deux jours à me souvenir de ce nom : Cy Twombly. Celui-ci, pour une raison que j’ignore, je l’avais abandonné si loin qu’il ne revenait pas sur la langue. Une souffrance. Dans ce cas précis, j’invoque toujours à haute voix « Psychopathologie de la vie quotidienne ». Incantation, peut-être consolation. Mais rien à Continue reading Trou

J’ai abandonné…

J’ai abandonné…

la peinture qui m’a changé, J’ai abandonné Monet et Kirchner, j’ai abandonné Zurbaran, Cézanne et Picasso, j’ai abandonné Bonnard, j’ai abandonné Gainsborough, j’ai abandonné… Oui, j’ai abandonné Chardin, oui… et même Fragonnard, j’ai abandonné Freud, Van Dongen, Tapies, et la repro délavée de Gauguin de mon père, j’ai abandonné Grosz et Goya Goya Goya, j’ai Continue reading J’ai abandonné…

C’est ici

C’est ici

Je cherche ailleurs, insatisfait. C’est ici. C’est ici que je reviens, ici, chez moi. C’est un balcon, une avancée, comme une scène au-dessus d’un air modeste. Pas de grandiose, rien de grandiloquent, pas le truc à faire frémir un romantique, non, juste un espace assez vaste qui se perd rapidement en vallons usés.  Dessous, en Continue reading C’est ici

J’aime

J’aime

J’aime les orages qui viennent

Le conte

Le conte

Je pense avec tristesse au pantin que j’envoie chaque matin à la guerre. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles devrait me faire mourir de honte.

du sable et des scorpions

du sable et des scorpions

J’habite dans le désert. Parfois, je m’éboue, et je racle ma gorge avant de jeter un râle un peu ridicule en guise de cri. J’écoute l’écho minable qui va sonder le vide. Personne. J’habite dans le désert. Je goûte la confirmation et je pleurniche. Je le savais, mais j’aime me faire mal. Au moins, personne Continue reading du sable et des scorpions

Ithyphallique

Ithyphallique

Ça revient ? C’est ça ? Avant, jusqu’à quoi ? Trente ans ? Confiance absolue et puissance vitale. La parole haute. Ensuite, l’animal piégé, tournant en rond dans sa cage. Transformé en rampant. Et aujourd’hui. Là. Je me suis vu comme un mammifère marin plongé dans des fonds noirs, en lente parabole, avant de remonter, péniblement, et d’émerger, enfin, Continue reading Ithyphallique

Exilé

Exilé

Encore un autre bout de trottoir qui traine sous mes yeux, encore un coin sale du monde, quelque part. Je pense « Je suis une insulte à ce qu’ils sont tous, comme ma naissance est une insulte faite à mes parents ». Et je laisse ça là, collé à la crasse de ce coin-ci du sol.   Continue reading Exilé

Métaphysique

Métaphysique

Je m’interrogeais… sur mon état mental… Je m’interrogeais, me demandant ce que ça pouvait bien indiquer de trouver « une qualité romanesque » à l’odeur de pisse et de merde montant du fond de ses chiottes…

Dans mon ciel

Dans mon ciel

Dans mon ciel se dessine une ligne blanche fine droite et tranchante. Cette ligne n’est pas à mon échelle. Elle passe haute coupant le monde traversant une chaine de montagnes et la méditerranée. Elle est la trace élégante d’une autre géographie. Ici, à mes pieds, mon monde d’ennui, de paix grise et douce, de mort Continue reading Dans mon ciel

explication de texte

explication de texte

la culture est une stratégie collective qui répond à la plus profonde des détresses individuelles.

Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Oui, qui suis-je ? Mais attention, pas le qui suis-je habituel, celui auquel je réponds, pour moi, depuis toujours, imparfaitement, et encore plus imparfaitement sur le réseau, en y stockant mes archives, comme un abandon à l’inéluctable, avec ce fond de mélancolie spécifique des poètes qui s’inscrivent tout en sachant que rien ne reste jamais Continue reading Qui suis-je ?

marche pas

marche pas

Ça n’a pas marché. J’ai pris une semaine de vacances, en espérant beaucoup, et rien. Le blocage complet. Juste attendre que le temps passe, sans cervelle, sans envie, sans énergie. Bien sûr, je peux bien dire que c’est le solstice d’hiver, qu’il n’y a plus de lumière, que tout le monde est à plat… Oui. Continue reading marche pas

Inquiétude

Je m’interroge parfois, car j’aimerais savoir pourquoi je ne peux inscrire la joie. Je m’interroge parfois, une seconde. Je me demande ce qu’est cette sourde inquiétude qui ne me quitte pas, cette inquiétude que je sais pourtant parfaitement inutile, ou plutôt vide. Une inquiétude vide, une inquiétude qui n’annonce aucune catastrophe, qui n’est le pressentiment Continue reading Inquiétude

Nerval

Nerval

« Qu’ils sont heureux les Anglais de pouvoir écrire et lire des chapitres d’observation dénués de tout alliage d’invention romanesque ! A paris, on demanderait que cela fût semé d’anecdotes et d’histoires sentimentales, — se terminant soit par une mort, soit par un mariage. L’intelligence réaliste de nos voisins se contente du vrai absolu. » Continue reading Nerval