photographie

Portait : Sole Otero

In extremis, je suis passé voir Sole Otero, jeune designeuse et dessinatrice argentine qui termine sa résidence, et scannérise les planches de son histoire d’amour entre un[e] extraterrestre et un humain… (Quelque chose comme ça, je crois… J’espère lire quand elle sera terminée !)

 

Istrati ! genèse d’un livre

Le nouveau livre de Golo, « Istrati ! » (Actes Sud BD), est en librairie. C’est un gros pavé bleu gitane, roman picaresque comme on en fait plus, gorgé de péripéties, grouillant de vie et d’esprit, qui renoue avec une longue tradition du récit de voyage et revivifie le souvenir de Panaït Istrati, éternel vagabond comme les aime tant Golo. Et ces 276 pages d’aventures ne sont que le premier tome de cet immense roman des romans d’Istrati sur lequel Golo travaille depuis 2014. j’ai assisté à la gestation de la chose, à la masse difficile à saisir de labeurs, composés de lectures intégrales, de recherches historiques, iconographiques (et un livre comme ça est bien l’équivalent d’une thèse), d’écritures et de dessins en quantité qui dépasse de beaucoup le résultat final.  Tout ça pour le plaisir du lecteur. Et le plaisir est là, j’ai déjà goûté ! 

Pour avoir assisté à cet immense voyage immobile, je ne peux qu’en témoigner à l’aide de quelques photographies : Read More →

Sarah Merhej & Lisa Frühbeis - Photo Alain François

Sur mon pictorialisme

J’ai pris en photo Sarah Merhej & Lisa Frühbeis dans leur atelier commun. Le dernier jour d’atelier pour Lisa, qui commence à décrocher ses planches en chantier de la table à dessin et du mur métallique.

Et je poste cette photo sur facebook le 21 septembre 2017…

Mes photographies fantômes, de ces images mentales mouvantes, incertaines, qui viennent jouer avec mon regard présent, sont de sources diverses. Il y a, bien sûr, des références à des esthétiques convenues de l’Histoire de la photo. Mais je lorgne souvent vers le photogramme et donc le cinéma, et sur ma culture majeure d’origine : la peinture. Et il faudrait ajouter des sources secondaires d’imageries, mineures, et souvent considérées comme vulgaires.

Mais oui, je crois que je suis souvent pictorialiste. Dans le sens où j’aime parsemer les images de clin d’œil à la « grande peinture » qui a ses tics et ses codes comme toutes les imageries. C’est peu relevé, mais de temps en temps, comme là, par l’œil affûté de Fabrice Neaud…

 

Golo en photo pour Cairo Comix

Bon, ce n’est pas tout à fait le premier événement facebook qu’une de mes photos illustre, mais ça fait plaisir de voir celle-ci servir pour annoncer la signature en avant-première du nouveau livre de Golo pendant le Festival de BD du Caire. Même si je trouvais cette photo de Golo pas très réussi… La voilà entière :

Golo chez lui - Photo Alain François

Je pense que pour la com dans sa période « barbe », j’aurais préféré celle-ci :

Golo devant le Musée de la bande dessinée

En attendant, c’est maintenant https://www.cairocomix.com

Et la photo se retrouve aussi là :

Xavier Bouyssou - Photo Alain François

Portrait : Xavier Bouyssou

Hier soir, pour le pot de départ de Lisa Frühbeis, Seul Xavier Bouyssou était dans une lumière amusante. Un peu l’impression qu’il a joué dans un Beineix, mais je ne résiste pas à la capacité d’évocation de certaines atmosphères.

Xavier Bouyssou - Photo Alain François

Thomas Mathieu - Photo Alain François

Portrait : Thomas Mathieu

En général, je ne connais pas le travail des gens que je rencontre. Je découvre la personne, et ensuite je trouve (a minima) civil de me pencher sur ses productions artistiques ou livresques. Parfois, une exception, comme Thomas Mathieu que j’ai rencontré la semaine dernière. Thomas Mathieu, c’est l’homme du « Projet Crocodiles », un tumblr dans lequel il publie depuis quelques années des témoignages de « harcèlement et de sexisme ordinaire » qu’il met en scène en bande dessinée. Et j’avais lu quand ses planches étaient devenues virales.

Déjà, la bande dessinée de reportages est relativement rare [Elric me signale au passage que depuis une quinzaine d’années, ce n’est plus vrai] mais il est encore plus rare que l’auteur s’efface derrière le témoignage. 

Je découvre à l’occasion de ce post que le Tumblr est maintenant dessiné par Juliette Boutant. Ce passage de flambeau pointant bien à la fois la modestie de la démarche (porter les témoignages sans sur-écriture excessive), et même son côté « d’utilité publique », qui là, pour le médium, est plus que rare.

Car on est très loin, ici, de l’insignifiance de la presque totalité de la production livresque (et j’englobe ici littérature et BD) ou de la putasserie de la production pseudo-sociétale habituelle. Le dispositif qui a été beaucoup discuté est malin, simplifiant, effaçant l’anecdote pour se focaliser sur les situations, donnant aux témoignages singuliers une dimension universelle. Si universelle que la réception est souvent violente. Pour l’écriture de ce tout petit billet, je suis passé lire un article d’un grand journal, et par faiblesse, j’ai glissé vers les commentaires. Je suis peu armé contre l’insondable de la connerie humaine, mais c’est à la mesure des réactions qu’on peut estimer la pertinence du propos de ce « projet ». En effet, souvent, en lisant, « on » (moi, comme « les autres »), ressent un malaise. Mais ce malaise est salutaire, il rappelle qu’on ne doit jamais imaginer détenir la vérité morale d’une situation à l’aune de son unique perception.

Évidemment, ce dispositif très simple, s’il apporte de la lisibilité aux situations, a les défauts de ses qualités. J’ai rencontré des femmes crocodiles, par exemple, et il y a un horizon hygiéniste qui peut produire des législations perverses. Mais il ne faudrait pas confondre l’anecdote avec le système et les effets pervers de la manière grossière de gérer politiquement le problème avec le problème. L’oppression sur les femmes est massive. Et encore partout, la dissymétrie de destin est absolue (sujet esquissé ici, à propos de « La vie domestique » d’Isabelle Czajka).

Ce travail de compilation des témoignages, qui met au jour une montagne de non-dits, de souffrances tues, d’adaptation bricolée à des situations perverses, est absolument salutaire, comme à chaque fois qu’on perce un abcès. C’est rarement beau dedans, ça pue, mais ça soulage. 

[Bon, le titre du billet est foireux. Je voulais juste poster un portrait photo…]

Et tiens, je devrais ajouter « Les Crocodiles » (au Lombard 2014) à ma vieille liste hautement perfectible :

Le rapport au réel – Bibliographie BD 2

 

 

Portrait : Léa Tsamantakis

Léa m’a dit qu’elle avait arrêté le dessin pour la musique. Actuellement, elle travaillerait sur la sonorisation de pièces de théâtre. 

Marine Blandin 28 aout 2017 - Photo Alain François

Marine Blandin en noir-et-blanc

Il y a 4 ans, j’utilisais les filtres noir et blanc d’une appli de smartphone. Mais très vite, la chose m’a agacé. Depuis, avec les photos de smartphone ou du reflex, je préfère fabriquer mes noirs et blancs « à la main » (enfin… avec Photoshop, mais sans automatisme). Je règle ainsi très finement et souvent par zone la manière dont le noir et blanc numériques peut évoquer telle ou telle esthétique ancienne, comme ces deux portraits de Marine Blandin chez elle, avant-hier, espérant deux évocations sixties, l’une en nuance de gris glamour, et l’autre en contraste nouvelle vague

Portrait : Laura Désirée Pozzi à la paillette

Après une journée tropicale, pendant la soirée de départ de Roman Muradov et Camilo Vieco, soirée toute en demi-teinte, embrumée de ces atmosphères grises que détestent les appareils photo numériques, seule Laura Désirée Pozzi, illustratrice jeunesse italienne revenant du déménagement d’Alice, prenait toute la lumière, calée au bout du canapé design du meublé, juste contre l’unique lampe du salon :

Laura Désirée Pozzi à la paillette - Photo Alain François

http://www.lauradesireepozzi.it

 

Portrait : Marc Bell

Je ne suis toujours pas passé voir Marc Bell (le cartoonist) dans son atelier. Mais je le croise parfois le soir. Un cartoonist à l’esthétique « indé US classique », mais avec des réminiscences 40′ et une fantaisie très particulière, d’une grande liberté formelle et d’un onirisme printanier. 

 

François Darnaudet - Photo Alain François

François Darnaudet, le molar

Visite éclair de François Darnaudet le Molar (« Les motards du polar » club des motards écrivains de polar), d’un coup de moto, le temps d’avaler un croque-madame et boire un p’tit noir… et de causer tranquille. Nous évoquons ses années « Gore » quand il s’y était adonné (l’un de ses romans a été réédité deux fois depuis l’époque, sous des titres différents chez des éditeurs différents), et comment il restait un groupe de 200 fans du genre, chiffre semble-t-il incompressible…

Je me souviens de l’arrivée du gore, à la fin de mon  adolescence, et c’était trop tard pour moi. Je n’en ai pas, ou peu lu, je crois. Pourtant, souvenir d’en avoir tenu entre les mains, des couvertures, de cet étrange logo de genre… et c’est tout.

François en a écrit, mais dit-il «les amateurs trouvaient que je n’y mettais pas assez de cul». Oui, le gore c’est sang et cul. Et rien d’autre en fait !

Pour rester dans le ton, un portrait trashouille, limite charge…

Profil noir de François Darnaudet - Photo Alain François

Portrait : Frank

J’ai enfin rencontré Frank (pseudo de « Frank Reichert »), scénariste de BD puissant, écrivain, traducteur de polar, qui a écrit de nombreux scénarios très noirs (et très drôles) pour Golo pendant une grosse décennie (à partir de 1978 et « ballades pour un voyou« ). Mais aussi pour Baudoin, entre autre…

Pas de wikimachin, mais deux entrées sur bnf.fr :

Frank Reichert http://data.bnf.fr/12073592/frank_reichert

Frank http://data.bnf.fr/11903451/frank

Je l’ai vu chez Golo, la nuit du 18 au 19 août 2017, et j’aurais bien aimé le croiser avec une meilleure lumière, et pas seulement dans la pénombre d’une soirée ! Mais je reste un indécrottable antiflash…