psychanalyse

Tarot de Céline Guichard

Somptueux tarot de Marseille

Ce matin est arrivé le colis des exemplaires d’auteur du tarot de Marseille que Céline Guichard a réalisé pour l’éditeur tout aussi marseillais « Le dernier cri ».

Pour ce tarot portfolio, Céline Guichard aurait pu choisir de s’approprier totalement l’exercice, de le moderniser à outrance, de le dévoyer et l’embarquer loin… Mais elle a préféré respecter la tradition pour dessiner les véritables arcanes majeurs, celles qu’on utilise pour la divination, tout en distillant discrètement ses codes habituels. Le résultat est superbe, déjà, et étonnant, évoquant à la fois les lames traditionnelles, l’imagerie d’Épinal, et rénovant la symbolique implicite et souvent très incertaine des figures ancestrales.

Entre interprétation classique et réinterprétation, le dépoussiérage guichardien est à l’image de ses travaux habituels : humoristique et explicite. Ainsi, l’érection du pendu dépasse de son slip, l’étoile tire la langue, l’amoureux présente un trio homosexuel, on devine ce que fait la papesse sous son livre… etc. De quoi observer, découvrir, et provoquer une nouvelle vague d’exégèses !

Tiré à 500 exemplaires en offset 6 passages couleurs directes, il est en vente chez l’éditeur, ici : http://www.lederniercri.org/prod/celine-guichard-tarot-de-mars-1246,new.html

Pas de politique

Je ne discute pas de politique sur les réseaux sociaux. J’y publie des photographies qui sont des messages muets, abscons, indéchiffrables, signifiants seulement pour moi, mais qui gardent toujours en eux l’espoir d’être lu.

Je voudrais que certains de mes posts disent quelque chose de précis, ou plutôt se présente comme un indice discret d’une vérité universelle. Je voudrais, c’est idiot, que naisse une étincelle dans le cerveau d’un autre, que cet autre regarde et comprenne que je parle de la distance relative entre les choses et nous. Que si je poste quelque chose de ma vie, à contretemps du temps collectif, c’est pour dire quelque chose de précis.

 

Charybde et Scylla

Le problème avec facebook, c’est la mémoire. Tout le monde a vécu cette petite frustration à ne pas retrouver quelque chose qu’il a vu juste quelques minutes avant, parfois. C’est la dure dictature du flux. Alors, il est cruel de se dire qu’un commentaire génial va se perdre dans les méandres de ce monstre tout à la fois Charybde et Scylla.

Et là, je n’arrive pas à me résoudre à perdre ce commentaire d’Olivier Beuvelet à propos d’Onfray :

« il y a un courant de pensée, auquel appartient Onfray et quelques autres sombres individus autrefois plus lumineux, que j’appellerai le névrotisme, dans lequel la névrose n’est plus un agent de sublimation créatif mais une triste et froide torpeur à partager… les obsessions paranoïdes de Houellebecq dont la mère maltraitante s’est convertie à l’islam au lieu d’aimer son Hephaistos de fils deviennent des prophéties politiques (???), les blessures intimes d’un ancien pensionnaire des bons pères salésiens parfois pédophiles (https://dejavu.hypotheses.org/151) tiennent lieu de fondement à une approche du christianisme, Zemmour et l’Algérie perdue, Ménard aussi … et j’en passe… le déclinisme est un névrotisme … la pensée, la créativité, l’invention, qui devaient autrefois s’appuyer sur la névrose (énergie conflictuelle) pour atteindre les cimes de l’intelligence dans la sublimation, se retrouve maintenant complètement prise dans les fantasmes névrotiques eux-mêmes … et, chose incroyable, au lieu de n’y voir que des blessures personnelles, respectables en tant que telles mais déformantes, les médias, la critique, prennent ces visions apocalyptiques au sérieux … C’est le coup de génie commercial de Houellebecq, dans les années 1990 : avoir fait passer sa dépression pour une vision théorique, voire économique, des relations humaines à l’ère du désenchantement néolibéral … Avec Extension… il visait juste mais après, la pente était sans doute délicieuse, il a trouvé le coupable idéal… le signifiant qui va se substituer à tous les autres. Onfray n’en est pas loin… Et Houellebecq a ouvert la voie à tous les névrosés qui n’avaient plus envie de s’emmerder à sublimer… « oui mon fantasme est la réalité, à quoi bon en faire autre chose ? » et ils on cru devenir authentiques en croyant à leurs propres illusions… Etre vrai ce n’est plus être différent et en mouvement dans un « je » toujours en fuite, comme chez Montaigne, c’est s’enfoncer en soi, dans sa brume, dans un moi qu’on ne cesse d’objectiver dans l’exagération de sa peur de l’autre … »

 

 

 

Mes stratégies fatales

Encore un titre trompeur. Mais l’évocation d’un des meilleurs titres de tous les temps : « les stratégies fatales » (bien meilleur que cet horrible « À la recherche du temps perdu » qui sonne si vulgaire, si « roman pour mémère »), car je retourne à Baudrillard, depuis quelques jours, avec… avec un certain soulagement.

Je m’y demande si je n’y retrouve pas, dans ce vieux livre jauni, les racines de mon antipsychologisme et de cette allergie aux petites paranoïas inversées, si vicieuses, qui nous font prendre l’interne pour l’externe et réciproquement.

Dans la nuit de jeudi à vendredi

Dans une poisse d’insomnie, retour à conscience claire avec ça dans la tête : « Tous nos désirs cachent un salaire vil ». Tends le bras par réflexe, prends le smartphone et note la phrase. Le matin, m’en souviens, et accepte, sans être sûr de bien comprendre…

Revenir à soi

Après tout, ce blog est narcissique, alors revenir à soi, trahir le rêve (l’interpréter donc) pour ne retenir que racine.

Interpréter mes morts, interpréter les photographies anciennes. Se demander, vite, pourquoi j’évite d’écrire ces petites choses.

J’ai lu, dans ces morts récentes, des petites choses de moi brouillée par mon narcissisme.

Une.

Ma grand-mère était si autoritaire qu’elle m’a traumatisé par sa colère lorsque mon père a vidé mes poumons de l’eau sale du fleuve. Un vrai traumatisme qui a eu des implications graves sur mon évolution. À trois ans, de victime (de mon jeune oncle), je devenais coupable. Ensuite, les vacances à la campagne, carcérales, autoritaires, chiantes, sous la surveillance de cette « sale femme sans cœur » à l’accent horrible.

Voilà mon point de vue, obtus, obstiné, maladif, jamais remis en question, sinon par l’âge qui assagit les rancoeurs anciennes.

Ce que les photographies racontent : Une jeune fille qui grandi en période troublée, période tragique où un enfant meurt de peur, d’avoir couru sous la pluie, d’une écharde infectée, ou d’un bombardement… Dans cette période étrange que je ne connaîtrais jamais, moi, enfant des baby-boomers, une jeune fille a perdu un petit frère de la maladie bleue, un grand frère idolâtré qui ne reviendra jamais du front, et une soeur très aimée sous un bombardement aveugle.

Et voilà, ce que je prenais pour de l’autoritarisme maladif était l’expression d’une angoisse profonde, aussi vive que parfaitement réprimée, inexprimée, jamais, celle de la perte.

Elle nous a gardé, excessivement.

 

 

Un rêve de fin de nuit

J’ai fait un rêve étrange, étrangement sérieux, qui me dit de sortir de ma bibliothèque « Sur Racine » de Barthes et de travailler sur le comics US avec ça… Heu… Dans le rêve même, je sais que c’est chiant comme la mort, à la fois limpidement pertinent, et chiant comme la mort.

Ce matin, comme un automate, je sors « Sur Racine », mais aussi par association semi-consciente « Morphologie du conte », « Essai de poétique médiévale », « Poétique du récit », la naissance de la tragédie » et « La violence et le sacré ». Je regarde ces livres. Ils sont tous blancs sauf deux parfaitement rouge sang.

Me réveillant, je me dis que Racine n’est pas une référence anglo-saxonne, que les structuralistes ne m’aideront pas… Et je ne me vois pas me plonger « là » dans tous ces livres, alors que j’ai tant à écrire, tant de retard, de brouillon brouillon…

Chiant, les rêves impérieux.

 

L’organe du père

Ha oui, à propos de cet organe du père… Quand on m’a mis un réflex numérique entre les pattes, comme ça, alors que je n’en voulais pas (c’est sale), j’ai été surpris de voir ce doigt glisser la molette en position « manuel » (tout ça est un cadeau aux freudiens, évidement), et monter l’appareil à l’œil (ce que je ne faisais plus depuis mon premier numérique en 1998), et réussir une photo, comme ça, sans réfléchir…

Je disais « je ne sais plus faire ».

Sauf que j’étais un bébé quand mon père m’a mis son appareil entre les mains, à l’œil (cadeau), et si je me souviens du labo avant 5 ans (j’ai un repère temporel infaillible : un déménagement),  je me souviens surtout de la bague qu’il fallait ajouter avant l’objectif pour réaliser des « macros » de fleurs dans le nouveau jardin (donc j’avais 6 ans), genre, la macro, que j’exècre évidement aujourd’hui (re-cadeau). Tient, je devrais en faire pour rire !

Et donc, quand on m’a mis un réflex entre les mains, je n’en avais pas touché depuis 1994, et mes mains ont fait le taff, toutes seules…

Bizarrement, ça n’a pas été une sensation agréable. Comme quelque chose qu’on m’imposait, un héritage forcé, que j’avais toujours refusé.

L’organe le plus paradoxal :

Mon père ne s’est coupé aucun doigt. Il aurait abandonné l’ébénisterie pour ne pas perdre un doigt, dit-on. Mais il n’a jamais abandonné. Il en faisait chaque soir, et tous ses week-ends. Mais, malgré ces étranges et terrifiantes machines castratrices, il n’a perdu aucun doigt, respectant scrupuleusement les consignes de sécurité apprise dans la douleur pendant son apprentissage.

Il est mort avec tous ses doigts. J’y reviendrais dans longtemps.

Et, un week-end dernier, dans le nouveau jardin de ma soeur, son mari veut couper un laurier que l’ancien propriétaire indélicat a laissé pousser haut et envahir les deux jardins voisins attenants. Alors, il sort la tronçonneuse, qui tombe en panne. Il se rabat sur une grande scie égoïne qui semble presque neuve. Une longue scie. Et je le vois cogner le bois avec les dents, et je comprends (je comprends ?) que c’est moi qui sais utiliser cette grande lame agressive. Je lui prends la scie, et par delà les décennies, laisse mes mains couper tranquillement les troncs du laurier géant.

Sentiment ambigu, renouvelé, comme pour le reflex… Encore un héritage forcé. Je sais me servir, geste inscrit profond, d’un tas d’outils à main, un tas, dont sûrement beaucoup dont j’ai même oublié l’existence.

De combien d’organes du père clandestins suis-je composé ? (j’ai évité « m’habite », parce que ça suffit, les cadeaux)

Où aller, si, un dernier pour la route : le nom de famille de ma mère évoque le laurier.

Photo Céline Guichard

Photo Céline Guichard

Pape polysémique

Hier, sur mes réseaux, je vois passer deux citations du même discours du Pape qui m’a piqué mon nom. Ces deux citations sont contradictoires et incompatibles. Pourtant sorties d’une même bouche, elles sont colportées par deux populations distinctes de récepteurs et commentateurs. Je regarde ça. Ce petit phénomène. Pense que chacun prend du monde tout ce qui confirme ses opinions, en occultant soigneusement, plus ou moins consciemment, tout ce qui pourrait contredire ou remettre en question ses convictions.

Grande lassitude. Je pense que j’ai cette graine de l’esprit scientifique. C’est-à-dire toujours tenter de privilégier la confirmation contre la cohérence du discours et contre soi-même.

Mais ce n’est pas ce que vous faites, vous tous. Non, vous collectez les matériaux qui composent la carapace qui vous sert à distordre l’image du monde selon votre inclinaison.

Bien sûr, l’Art majeur de ce monde est le mensonge. Et il faut une tête froide pour tenter de défricher dans la jungle des manipulations. Mais ce n’est pas impossible.

Je vous regarde, arracher un bout de sens qui vous convient et le coller sur vous, sur vos fringues, sur vos réseaux, et je me dis qu’il y a pire que la consommation matérielle. Il y a un mal sourd qui consume le monde, son sens, son esthétique, c’est la consommation de l’information. Vous êtes des consommateurs d’information, avec tous les travers du consommateur : jamais satisfait, avide de nouveauté marketing, trop vite lassé, vous êtes à la merci des émetteurs de mensonge professionnel, et d’inconscients menteurs vous-même.

 

Poésie perdue

Cette nuit, un rêve étrange.

Je cherche quelque chose, ou plutôt « des choses » dans ma bibliothèque.

Mais cette bibliothèque n’est pas ma bibliothèque réelle. C’est une bibliothèque éclatée, répandue sur un territoire assez vaste, constituée de constructions de taille réduite, en bois, comme des hangars, granges ou cabanes, et des terrains accidentés, boueux, mais aussi d’une petite terrasse pavée. Je passe d’un endroit à l’autre, d’un coin à l’autre, d’un recoin à l’autre, m’élevant sur la pointe des pieds, me pliant, me penchant, fouillant pour retrouver, je crois, quelques petits fascicules de poésie illustrée. Le terrain couvert par cette bibliothèque est humide et encombré et je me souille les pieds et les genoux, et même les mains qui s’enduisent de boue et de poussière.

Dans ce rêve, je n’ai pas vraiment perdu ces livres, mais plutôt simplement négligé, comme si j’avais oublié ce rayon là de [ma] bibliothèque [imaginaire].

À la toute fin du rêve, notion insaisissable, j’avance vers le centre de la petite terrasse, vers l’espace d’un carreau de sol manquant. Dans ce carré de terre libre au milieu de cette terrasse bien lisse pousse un arbuste plutôt moche. Je me mets à genoux et au pied du tronc chétif et grisâtre, je récupère un cahier carré richement illustré. C’est à ce moment, dans le rêve, que je formule ce que je cherche : les livres de poésie. Et je me souviens de la conscience réflexive qui me fait remarquer que tous mes livres de poésie [dans le rêve] sont illustrés par des artistes contemporains. Le rêve ne distingue pas la poésie des mots et des images, comme une confusion des genres à la Charles Grivel.

Cette nuit

J’ai rêvé d’une ascension vers le bas, à deux, à travers des escaliers paradoxaux et enfin un boyau étroit rempli de vase et peuplé de rats géants.

 

En me levant, je reprends l’écriture pour Marine.

 

 

Revenir

Trouver les mots. Je dis souvent, maintenant, qu’il n’y a plus jamais de « syndrome de la page blanche » pour moi. Je peux me poser, n’importe où, n’importe quand, et écrire. Ceci ne garantit pas que je serais content du résultat. Mais le fait est là. Après les étranges expériences d’écriture en ligne de la dernière décennie, le problème n’est plus jamais « quoi écrire. Plus jamais, mais “comment”. Read More →

« étant donnée » par Cécile Portier

Il y a deux ans, j’ai participé à la conception d’une petite part de ce web-objet de Cécile Portier : « Étant donnée ». L’objet, bien sûr, évoque l’installation de Marcel Duchamp (Étant donnés) en en dépliant le dispositif sur le web, mais surtout, propose une lecture de notre rapport très contemporain, conceptuel, social, politique et sensible, à la « donnée numérique », cette nouvelle arcane de l’identité.

Naviguez dans etantdonnee.net :

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Un portrait de Cécile Portier : www.ciclic.fr/livre-lecture/residences-numeriques/cecile-portier-autoportrait

Le site d’écriture de Cécile Portier : petiteracine.net

Ont participé à la réalisation d’étant donnée :
Julien Kirch, Laure Chapalain, Juliette Mézenc, Stéphane Gantelet, Pierre Ménard, Alexandra Loewe, Julien Pannetier, Alain François, Benjamin Dufour, Lagrande Lessive, Saemmer Alexandra, Mathilde Trichet, Pascale Petit

 

 

Un tramway nommé… ennui

Passage TV et révélation : « Un tramway nommé Désir », si tu fantasmes pas sur le torse de Brando jeune (C’est pas ma came)… C’est quand même une pauvre chose surjouée gavée d’humour involontaire, de ridicule qui tue, de scènes improbables et psychologiquement infondées et surtout, surtout, d’interminables tirades de la frigide Vivien Leigh !

Ce n’est pourtant pas la première fois que je le vois. Mais quand j’ai commencé à rire, à rire, j’ai enfin accepté d’outrepasser son aura monstrueuse, et enfin compris que j’avais vu des tas de meilleurs films de l’époque, et même de bien meilleur Kazan (il faudrait revoir, mais j’ai un bon souvenir de « Sur les quais » par exemple). Read More →

Amazing #2 / ma petite participation

Déjà évoqué ici, ma participation à Amazing numéro 2 avec un article sur les galéanthropes extrait de celui-ci plus conséquent http://bonobo.net/la-femme-felin-figure-zoomorphe-transculturelle-2.

Mais qui dans la revue est superbement illustré par Sébastien Chrisostome !  Cet après-midi, j’ai récupéré mon exemplaire d’auteur. C’est une jolie revue bien épaisse, 114 pages avec de la BD, des articles et des nouvelles richement illustrées… Tout ça de haute tenue ! Et donc, mon article illustré par Sébastien Chrisostome ! Et là, c’est la grosse classe !

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Au sommaire de ce numéro 2 sur le thème du double :

Jérôme Allavena – Jean-Baptiste Bazin – Mai Li Bernard – Stéphanie Cadoret – Jean-Philippe Carton – Sébastien Chrisostome – Laure Clemansaud – Coco -Naïs Coq – Laurent Crevon – Johan Czajkowski – Anna Faivre D’Arcier – Thomas Desvigne – Cyrille Drevon – Gaelle Duhazé – Eyvie – Florent Fortin – Claire Fouquet – Alain François – Alexandre Froufe – Olivier Garcelon – Nicholas Gazeau – Julienne Jattiot – Olivier Joignant – Emmanuel Libigre – Olivier Leborgne – Thales Lira – Tony Manent – Lise Martegoutte – Barbara Muller – Shoko Ogashi – David Parrat – Morgane Parisi – Benjamin Peignon – Judicaël Porte – Boris Pramatarov – Razvan Anton – Clémence Rossi de lala – Romain Sein – Natacha Sicaud – Valentin Szejnman – Olivia Tô – Juliette Turner – Aurélia Vuillermoz

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Le deuil de Laura Ingalls

J’ai découvert au hasard d’un partage d’article sur facebook que Laura Ingalls est un personnage historique. C’est idiot peut-être, mais découvrir la chose m’a troublé. J’ai trouvé ce trouble idiot, puisque je n’ai pas d’attachement nostalgique à ce personnage de fiction.
Oui, enfant, j’ai subi « la petite maison dans la prairie », car lorsqu’on est enfant on absorbe ce qui se présente. Mais depuis toujours, j’ai une répulsion pour les fictions larmoyantes. Comme celles qui, à l’image de la littérature morale du XIXe siecle, n’hésitent jamais à se vautrer dans la boue poisseuse du pathos. Read More →

Les promenades de Nylso

IMG_8435Vendredi (5 décembre 2014), je suis passé voir Nylso à la Maison des auteurs (Angoulême). Sa résidence s’arrête à la fin du mois de décembre et je voulais le photographier dans son atelier avant son départ. Il est encore installé pour quelques jours dans un grand atelier collectif en sous-pente. J’aime bien ce 3e et dernier étage de La Maison des Auteurs, car les fenêtres mansardées barrent les photographies de grandes diagonales de lumières qui évoquent un décor de SF ou de film expressionniste. Read More →

Au cœur de la mélancolie numérique

Oui, en son cœur même il y a la question de la sauvegarde. Lorsqu’on se penche sur ses archives numériques, il y a toujours un petit moment de vertige, devant l’ampleur, devant l’impossibilité physique de trier, ordonner ou même choisir. Alors, on stocke, on stocke dans des volumes de plus en plus grands, qui représentent un deuil d’autant plus grand lors d’une défaillance… J’ai déjà évoqué le traumatisme du premier crash disque, moment important de notre vie numérique. Et ensuite, selon les personnalités, des stratégies différentes. Pour moi et pour beaucoup, pour l’avoir entendu, la stratégie psychologique préférée aux stratégies paranoïaques matérielles : accepter de perdre. Sinon, c’est la course angoissante à la sauvegarde. Read More →

L’épreuve sexuelle

À partir de :

– La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche
– Welcome to New York,
d’Abel Ferrara
– Nymphomaniac,
de Lars von Trier

Où sont les désirants ?

Dans ce début de XXIe siècle, Le sexe au cinéma est morbide, sadien, triste, marchand, froid, sportif, désespéré… Mais aussi paradoxalement cru et factice. Et devant le rejet à peu près universel que provoque le dernier Ferrera, je me suis demandé si nous n’étions pas arrivés à un point limite ? Car je n’aurais jamais cru écrire ça un jour, mais au cinéma, je sors maintenant moralement et physiquement épuisé des scènes à caractère sexuel. Read More →

La vie domestique et autres dépendances

Je poste (très en retard) ce billet sur « La vie domestique » d’Isabelle Czajka…

Je me disais, comme ça, en regardant un film ni bon ni mauvais, chronique française de la vie pavillonnaire, pensant que je n’en pensais rien, que cet ennui si ennuyeux qui me prends parfois devant ce genre de spectacle, mais aussi tout autant au court de lectures qui devraient me nourrir l’esprit, peut-être, était l’indice d’un bouleversement essentiel de mon rapport à ces choses-là.

Ces choses-là, nourritures culturelles. Read More →

Dialogue sur la fille virtuelle

— « Hé, je pense un truc… Oui, hier soir, grosse fatigue, mais là ça va un tout petit peu mieux… Dis, Twin Peaks, c’est pas une sorte de remake de Laura d’Otto Preminger, dont tu me parlais ? »

— « Haaaa… Pas pensé… Mais maintenant que tu le dis… »

— « Donc, la chaine c’est Gradiva > Laura > Twin Peaks… La chaine de la fixette du gars dérangé sur la fille morte depuis longtemps… »

— « Vont pas bien, ces mecs… »

— « Ça montre juste qu’on peut investir symboliquement n’importe quoi, nous, les humains… Une buche ou une image… C’est le principe même du fétiche… »

— « Et si on mettait Eurydice en tête de liste ? »

— « Hum… Eurydice c’est une histoire consommée qui finit mal, en fait… Ce n’est pas vraiment une fixette sur un fantasme… Mais c’est une bonne idée de tenter de remonter la source ! »

Catharsis (κάθαρσις)

J’ai souvent culpabilisé, d’utiliser ce qui m’arrivait pour faire de l’esthétique. Mais c’est prendre le phénomène à l’envers.

On m’accusait de deux crimes : utiliser ma vie, et donc la vie de mon entourage, pour faire de viles formes esthétiques, donc, utiliser une chose lourde, grave, la vie, pour faire des choses futiles et narcissiques. C’était un crime, un vol, une appropriation de quelque chose qui ne m’appartenait pas (tu utilises tout !).

On m’a aussi accusé de faire ces formes pour tenter de fasciner, de manipuler même, et d’obtenir donc un « effet » sur la réception.

En fait, ces deux buts, utilitaires, sont des accusations sans fondement, qui n’ont pas eu lieu, et n’ont jamais lieu. Et d’ailleurs qui sont si dangereuses qu’elles remettent en question l’intégralité de la culture humaine. Alors, tout artiste est en accusation, et que reste-t-il ? Plus rien.

Non, la vérité de l’œuvre, au sens générique de forme produite, est la catharsis, juste, simple, et ceci, les Grecs anciens le savaient déjà. Et c’est étrange qu’il faille chaque fois le répéter à nos contemporains.

La sœur de David Benito, psychologue, et contre l’avis de ses collègues, à dit à Fabrice « Et lorsque tu as fait paraître le premier tome, tout était réglé, non ? » « Oui, c’est vrai, quand le premier tome est paru, l’histoire était enfin résolue… » « Et bien voilà, tu n’as aucune question à te poser, tu n’es pas fou, pas parano, pas maso, je t’emmènerais voir des « vrais », si tu veux comprendre, et donc pas déviant, tu as juste formulé « ton » problème, et sa mise en forme l’a réglé… Tu es un artiste, juste… »

Oui, voilà, j’ai encore cette saleté de culpabilité, lorsque j’écris un dialogue, qui devenant forme, sous mes yeux, se règle et enfin, m’aide à gérer ma vie. Voilà ce qui me manquait, ce blog, qui est à la fois une forme esthétique, donné à qui veut passer par là, mais qui m’aide tant à gérer ma vie…

De l’avantage du blogueur égotique…

Juste à se relire pour savoir que tous les ans, à la même période, tu te fais ta petite déprime saisonnière… Et voilà ! pas la peine de ruminer sur ta vie ça ou ta vie pas ça, c’est juste que tu manques de soleil, crétin !