Robot
Je ne sais pas combien de fois il faudra répéter, dans les temps qui viennent : les machines ne veulent rien. (Le jour où elles voudront, on rigolera moins)
Carnet d'Alain François — ISSN 2823-8141 — 1999-2025 photos, livres, arts, humeurs
Je ne sais pas combien de fois il faudra répéter, dans les temps qui viennent : les machines ne veulent rien. (Le jour où elles voudront, on rigolera moins)
Je découvre qu’il croyait les sornettes du vieux mythomane Rousseau, qui n’a jamais été au Mexique. Et après tout, pourquoi ne pas le croire ? Je n’ai jamais compris qu’on attache tant d’importance à la véracité toujours relative des « dires ». Dès la cour de récré, j’étais surpris du plaisir des menteurs à tromper. Et alors ? Oui, … Continue reading En passant chez Apollinaire
Pense : « J’irais toujours là où vous n’êtes pas. Horreur de la foule ».
Je devrais peut-être faire comme mon grand-père, et écrire dans mon journal « réveil relax ». Relax est le mot qui revient le plus dans ces agendas qui couvrent 6 décennies. Mais je me suis trompé sur l’interprétation de ce mot. Pourtant, « relax » revient presque chaque jour, et parfois même « très relax », et j’ai cru y voir … Continue reading Retour devant le paysage
Depuis toujours, je suis pour le droit à l’indifférence. Ce droit a toutes les vertus : il assure la paix sociale et désamorce les provocations. (le problème étant la polysémie de « l’indifférence ») (le problème étant celui de réduire un phénomène complexe à un aphorisme) (le problème étant que parfois on peut avoir tord, qu’on soit pour … Continue reading Généralité
Malcolm Lowry sur « Au-dessous du volcan. » : « Bien que l’ouvrage fût considéré par les éditeurs comme « important et intègre », on me suggérait de larges corrections que je répugnais à faire. (Vous eussiez réagi de même si un livre écrit par vous vous avait tourmenté, avait été maintes fois refusé puis … Continue reading Se rappeler
« Je me souviens, j’étais petite, et ma mère se battait avec un poulpe » Je m’amuse à répéter plusieurs fois cette phrase de Sophie, volontairement tronquée, abusivement arrachée à son contexte. Elle s’en offusque, où surjoue l’offusquée : « Mais il était très gros, ce poulpe, sa tête était au moins comme ça ! » « trop tard, j’ai … Continue reading dialogue café / 10 août 2016
Et tout le monde faisait des scoubidous… et c’était la fin de la civilisation !
Donc, selon Robert Musil, la pulsion réactionnaire viendrait d’une stratégie très personnelle d’un individu n’assumant pas ses propres impuissances. Malheureusement, il y a une explication plus mécaniste : l’inertie. Le phénomène physique suffit largement pour expliquer cette allergie à la moindre altération de son environnement social. Je ne vais pas répéter ici la définition de l’inertie, que … Continue reading C’est déjà ça
«Bâtard», ça peut pas être une insulte. Ce qui s’oppose à bâtard, c’est consanguin, et consanguin, c’est un synonyme de dégénéré.
Si je n’étais pas brisé, je vous épaterais, sûrement. Je fais ce qui vient, avec ce qui reste de moi, sur mes ruines encore fumantes. Mais je ne trouve plus aucune raison.
On a toujours l’impression d’une déliquescence des choses dont on s’éloigne.
Nous vivons une guerre mondiale chaude, rageuse et destructrice. La guerre de l’attention. Et dans cette guerre, vous êtes tous de petits fantassins largement inconscients d’être malicieusement enrôlés par le camp qui vous est hostile.
En ces temps troublés et troublants, l’envie de lire des phrases qui m’emportent et de voir un art fort. Seul ce qui m’élève par l’esthétique calme ma viscérale angoisse d’être. J’ai peur de ces moments de vertiges que me provoquent le chaos du monde, sa complexité, son impossible résolution.
Nous vivons dans un pays très largement désindustrialisé. Bien. Nous vivons de l’exploitation des restes d’un empire coloniale (inavouable), de quelques contrats d’armement (immoral), du tourisme (pas glorieux) et en particulier de notre spécialité : le tourisme culturel (un résidu de gloire ancienne). Le gouvernement d’avant, personne ne semble s’en souvenir, a vendu une part du … Continue reading J’aimerais bien qu’on m’explique le plan
Toute ma vie m’a confirmé une chose : quand tu l’ouvres, tu t’exposes. Pourtant, au-dessus de tout et au-delà de toutes les conséquences possibles : le silence est toujours coupable.
Nos soirées résonnent d’un étrange sabir babylonien à laquel je ne comprends à peu près rien. Mais mes amis me rendent heureux.
Vous savez pourquoi les gens se parlent du temps ? De la météo… Vous savez ? Ce n’est pas parce que ça entretient les « liens faibles » à la con. Les liens forts, ça n’existe pas (t’as qu’à croire ! Quand ton père, ta mère, ton fils, ta fille, tes oncles t’auront volé, escroqué, manipulé, violé, assassiné, comme … Continue reading Le temps
Quand on a un minimum de fierté, on ne se laisse pas aller à la « déploration d’un monde disparu ». Les mondes passés sont factices, parcellaires, bancals et déviants. Ne pas s’en rendre compte est l’indice d’une profonde et coupable bêtise. ne pas en avoir conscience, c’est prendre ses sales petites masturbations pour de la pensée.
Le monde dans lequel je suis né n’existe plus. Le monde dans lequel j’ai grandi n’existe plus. Mais je ne le regrette pas. Ce monde était petit, mesquin, et sentait la poussière et la crasse Le monde d’aujourd’hui est cauchemardesque, mais il est grand et complexe.. Il est si grand et si complexe qu’aucun esprit … Continue reading Morte leçon