philosophie

Sédentaire

Je trouve une date, pour les premiers villages sédentaires : -5300. Ce qui nous donnerait 7000 ans de sédentarisation. On en revient environ au 5000 ans d’Histoire… Que dalle…

Une espèce qui aurait eu 300 000 ans de stabilité génétique relative, et les 5000 dernières années comme une forme d’accélération vers le néant. Donc, pendant 295 000 ans…

295 000 ans !

Pendant 295 000 ans, on s’est tenu peinard, à se balader, espèce maline et culturelle, mais sans histoire, sinon les saletés de querelles d’amour, de guéguerres de clan, les fratricides et les prédateurs… et brusquement… PAF ! Accélération !

Et ceci, sans changement génétique. Donc… Quoi ? Qu’est-ce qui s’est produit ? Et comment peut-on estimer la race humaine selon cette portion minuscule et dernière de temps plutôt que sur l’immense océan d’avant ? En quoi serions-nous plus le conquérant des étoiles que les chasseurs cueilleurs sans emmerde d’avant ?

Et qu’est-ce qui a bien pu se produire pour qu’on change autant et si vite ?

Si c’était « dans notre nature » d’être ce que nous sommes aujourd’hui, pourquoi ce n’est pas arrivé avant ? Car si c’est dans notre nature d’être « ça », c’est-à-dire si l’hominisation c’est ce que nous sommes aujourd’hui, que ce serait “inscrit dans le patrimoine génétique”, ce qui qualifie notre espèce, ça aura dû arriver dès le premier homme « tel que nous », c’est-à-dire il y a 300 000 ans…

Notre histoire n’est pas claire…

Pas plus que la vision que nous avons de nous-mêmes…

Un homme moderne

L’homme moderne aurait au moins 300 000 ans. Qui se rend compte de ce que ça veut dire ?

Je disais, pendant un repas sur une petite place, charmante, qu’il n’y avait jamais eu d’homme non culturel, et que toutes les visions style “guerre du feu” étaient fausses; ridicules, et même dangereuses.

Est-ce que quelqu’un se rend compte de ce que ça veut dire, 300 000 ans de générations d’hommes dont on ne sait rien, et surtout, comment ça rend fragile et étrange l’incroyable accélération historique de la fin… De notre fin, de la sédentarisation catastrophique à l’Histoire des territoires, et donc des guerres, jusqu’à notre dislocation inévitable…

Dans le bréviaire du chaos

J’admire les gens qui ont la certitude du néant. Je n’ai pas même cette certitude-là. Je trouve chez eux une rigueur rassurante que je n’ai pas. Ou que je ne crois pas avoir. Pourtant, ce sont mes frères, comme tous, comme Albert Caraco que je lis ce matin grâce où à cause de David, qui a balancé sur facebook que « le bréviaire du chaos » est maintenant étrangement « libre de droit »…

Un psychiatre, quelque part, trouve dans ce bréviaire l’indice d’un syndrome pré-traumatique, mais c’est plutôt, simplement, un post-trauma classique, le traumatisme ici étant le merveilleux XXe siècle, et le malade mental celui qui en serait sorti sans choc.

Et puis, Albert Caraco n’est pas si rigoureux, oscillant entre vrai désespoir et réaction classique, avec, honte, des indices d’espérance à force de “si”,  de timide “demain” ou autre « besoin »… Le tragique de notre condition n’est donc pas si certain, ou si absolu, si même les désespérés doutent parfois.

Vivre aux frontières du cône de frottement

« le monde n’est qu’une bransloire perenne ; toutes choses y branslent sans cesse, la terre, les rochiers du Caucase, les pyramides d’Aegypte, et du bransle publicque et du leur ; la constance mesme n’est aultre chose qu’un bransle plus languissant. »

Le plus beau cerveau de par mes contrées ne pouvait imaginer que ce « pérenne » deviendrait douteux. J’ai trouvé la citation par le livre que je feuillette en ce moment : “ZickZack” (“Feuilletage” en français) de Hans Magnus Enzensberg. Livre remarquable par ailleurs et dont je reparlerais pour d’autres sujets. Au passage, quand même, noter la catastrophique traduction du titre ! Voilà ce qui se passe quand on donne la responsabilité d’une collection à Philippe Sollers…

Bien, donc je trouve cette citation, très belle et chantante, et retourne chercher Montaigne dans ma bibliothèque. Je trouve la version modernisée en Quarto, et je prends conscience que je ne me souviens plus si j’ai quelque part une édition plus ancienne. Cet extrait du chapitre deux du livre trois, le bien nommé “du repentir”, est assez laidement écrit en français moderne dans l’édition Quarto. Impossible de reprendre cette version ici. Comme je veux retrouver le contexte, je charge une édition de 1802 sur Gallica. Là, ça sonne !

Et comme Montaigne y est aimable :

« je ne peinds pas l’estre, je peinds le passage »

« soit que je sois aultre moy mesme, soit que je saisisse les subiects par aultres circonstances et considérations : tant y a que je me contredis bien à l’adventure, mais la vérité, comme disoit Demades, je ne la contredis point. Si mon ame pouvoit prendre pied, je ne m’essaierois pas, je me resouldrois : elle est toujours en apprentissage et en espreuve. »

« Je propose une vie basse et sans lustre : c’est tout un ; on attache aussi bien toute la philosophie morale à une vie populaire et privée, qu’à une vie de plus riche estoffe : chasque homme porte la forme entière de l’humaine condition. »

Etc. Il est aimable.

 

L’irrépressible lecture des signes

Je voulais mettre le doigt sur ce qui me gênait, dans ce que j’ai lu et vu pendant toute la campagne électorale française. Je voulais exactement trouver le commun à toutes mes réticences.

Et je crois que c’est ça : L’irrépressible lecture des signes.

Car nous avons une propension à croire que le désir de lire quelque chose dans tout ce qui se présente à nous est de l’ordre de la raison, alors même que cette pulsion est de l’ordre de la pensée magique. C’est l’un des grands mécanismes de la superstition, celui qui entretient notre maladie la plus commune : la paranoïa.

La raison, si nous l’écoutions, nous garderait d’interpréter. Devant le spectacle du monde, il faudrait d’abord, pour être raisonnable, ne rien y voir de particulier, ou plutôt rien de plus que la chose en soi, et surtout ne pas tenter d’y trouver des liens avec soi ou autre chose. La raison n’interprète pas, elle laisse en l’état.

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Juste avant la tornade de paranoïa collective qui s’est abattue sur les campagnes [électorales] de mon petit pays, je pensais à quoi, déjà ? Ha oui, je venais d’extraire de ma bibliothèque et reparcourir trois petits fascicules d’Alfred Kubin, le dessinateur autrichien, édités par Allia en 2007 : « Le cabinet de curiosité », « le travail du dessinateur » et « ma vie ». Je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment lu « ma vie », donc « sa » vie.

Je ne peux pas dire que j’ai une passion particulière pour Alfred Kubin, dessinateur que je classais instinctivement comme « symboliste tardif », ou pour être plus indulgent, coincé entre “symboliste tardif” et “précurseur du surréalisme”… Un artiste de transition en quelque sorte, coincé entre deux époques, coincé entre deux siècles… La lecture de sa vie, texte rapide mais informatif, m’a permis de préciser mon jugement et m’a, du même coup, provoqué quelques réflexions d’ordre plus générales. Read More →

Pas de politique

Je ne discute pas de politique sur les réseaux sociaux. J’y publie des photographies qui sont des messages muets, abscons, indéchiffrables, signifiants seulement pour moi, mais qui gardent toujours en eux l’espoir d’être lu.

Je voudrais que certains de mes posts disent quelque chose de précis, ou plutôt se présente comme un indice discret d’une vérité universelle. Je voudrais, c’est idiot, que naisse une étincelle dans le cerveau d’un autre, que cet autre regarde et comprenne que je parle de la distance relative entre les choses et nous. Que si je poste quelque chose de ma vie, à contretemps du temps collectif, c’est pour dire quelque chose de précis.

 

L’élevage de poussière

Théorie esthétique d’Adorno est un grand texte. Je m’y plonge hasardeusement, et y trouve de la grandeur, oui, mais aussi malheureusement me heurte à sa dimension historique. C’est un moment daté de la perception idéologique de l’Art. Ce moment est passé. Et ne reviendra plus. D’où déjà l’odeur de suranné et un début de rigidité cadavérique qui va irrémédiablement nous rendre ça illisible (Décryptable, oui, mais plus véritablement lisible comme chose vivante).

En ces temps d’explosion démographique, d’atomisation des milieux (de quel réel devons nous parler ? De quelle réalité sociale, économique ?, de quel réseau ?), de mondalisation des esthétiques (j’ai encore feuilleté il y a quelques jours un collectif Taiwanais de jeunes auteurs parfaitement conformes à la scène mondialisée actuelle), nous en somme réduit à récupérer des bribes de théories et à les manipuler honteusement pour les actualiser de force, comme je le fais pour ma lecture de Baudrillard quand je fais mine d’y lire des oracles.

Mais oui, j’ai bien raison de dire et redire que les morts ne peuvent pas nous aider.

Ce qui se joue est inédit.

Le pince-oreille d’Adorno

Hier, j’emprunte « Théorie esthétique » d’Adorno à la médiathèque… En rentrant, je le pose sur l’accoudoir très plat et large du canapé gris. Ce matin, j’attrape machinalement le livre, l’entrouvre et le lâche en poussant un cri. Juste entre la couverture et la première feuille de ce gros livre blanc, il y a une bête noire bien vivante. Le réflexe instinctif passé, je reprends le livre et découvre un solide et vigoureux pince-oreille. Je m’approche de la fenêtre et le pince-oreille est évacué. Qu’il vive sa vie ailleurs !

Les belles histoires de l’oncle Paul Jorion

Paul Jorion est un type épatant. En lisant « Le dernier qui s’en va éteint la lumière », je me disais ça : « ce type est épatant ! Une belle figure d’honnête homme du XVIIe ! » Et pourtant, il nous annonce tranquille l’extinction de l’humanité à plus ou moins brève échéance. Oui, mais il fait ça avec classe, brassant culture classique, histoire économique, philosophie et films contemporains de merde avec une certaine pertinence.

Alors, même si souvent, on a l’impression de réviser : « on sait déjà tout ça », oui, on sait qu’on est dans la merde, malgré tout, il a de belles intuitions, comme cette opposition entre « zoon politikon » et « loup contractuel ». Lecture fructueuse de l’Histoire des idées, qui éclaire pas mal nos petits problèmes et bien plus largement d’ailleurs que son propos. Il raconte comment Thomas Hobbes et Rousseau se plantent sur la nature humaine (l’homme n’est pas un animal solitaire qui devient social par contrat, mais bien un animal social par nature), et provoque par enchaînement les malheurs économiques et sociétaux actuels. Oui tout ça est très bien, et ça ne fait pas de mal de se le refaire dire.

Mais, ses contradicteurs, déjà

Ha ceux-là, s’ils s’imaginent que quelque chose comme un système économique très récent va durer perpète ! Non, oui, non, rien ne dure jamais. Et surtout pas en matière humaine. Oui, ça va foirer. C’est inéluctable, comme tout ce que l’homme produit. Et c’est déjà en train de foirer, mais comme on est dans le mouvement, on ne peut pas le percevoir, car… il n’y a jamais d’arrêt, de moment T idéal d’un système, mais un mouvement chaotique perpétuel, qui par moment connaît des crises. Et puisque nous allons vers une triple crise, montre à trois têtes de l’apocalypse, la coïncidence des trois risque de faire des ravages… (Combien de fois ai-je pensé à ce livre de Barjavel, dans ma vie ?). Alors oui, tout système a une fin, et les trucs humains, ça finit rarement bien…

L’extinction

Hum… Peut-être. Une chose est sûre, c’est que si tout se termine un jour, l’extinction n’est pas sûre. La dislocation d’un moment de civilisation planétaire, c’est beaucoup plus crédible. En fait, à force de gueuler contre tout ce qui ne va pas, nous avons une vision complètement faussée de notre présent, et pour imaginer des rescapés futurs des fiascos futurs, ils considéreront peut-être que nous avons vécu un âge d’or, un comme jamais l’humanité n’en avait vécu…

L’avenir aux robots

Bon, c’est amusant, et correspond à peu près aux fictions de sa génération. Sauf que là, on est dans l’urgence, il nous l’a répété, et que l’altérité cybernétique, on n’en voit toujours pas l’esquisse… Loin encore ! Et de plus, la part robotisée de notre société est tout aussi tributaire du gaspillage énergétique qui doit participer à notre extinction… Alors, si on s’arrête bientôt, tous englué par million dans notre merde (panne d’électricité, plus d’eau courante…), la part robotisée s’arrêtera elle aussi, parfois un poil plus tard…

Ce qui nous attend ?

Je n’en sais rien, comme tout le monde et Paul Jorion compris. Il a le mérite de gratter dans la plaie, et peut-être a-t-il raison ? Peut-être qu’il ne reste que deux ou trois générations à l’humanité ? Je n’en sais rien, mais il n’y a aucune raison pour que l’état naturel du monde, le chaos, ne perdure pas tel qu’en lui-même, chaotique donc, et oui, l’humanité proliférante va peut-être se dégonfler dans d’immenses violences à venir… Car Paul Jorion le signale trop rapidement, ses inquiétudes ont l’oreille des riches de cette planète, et ceci est bien inquiétant, car ils iront (ou vont déjà) vers la solution la plus simple, la plus évidente : une vidange de l’humanité par la guerre. Et franchement, en la matière, le pire est à peu près certain.

Tout ça est déprimant !

Alors, pour s’en tirer (du livre), il suffit de disqualifier son propos en classant le texte entier dans le rayon « pulsion eschatologique » des idées tardives des hommes vieillissants qui finissent tous par confondre leur inéluctable destin avec celui de l’humanité. à l’image du triste “pourquoi tout n’a-t-il pas déjà disparu ?” de Jean Baudrillard. On pourrait…

Mais, n’oubliez pas, même si la pensée de Paul Jorion est contaminée par sa propre échéance, il finira par avoir raison, quoi qu’il arrive, car oui, rien ne dure jamais.

Patrimoine

Il m’est venu cette idée… Mais comprenez, c’est agaçant, qu’en particulier tant de gens prennent encore la culture comme un patrimoine !

Et à propos de patrimoine, combien encore ne comprennent pas que le patrimoine est un fluide ? Ou plutôt, la valeur patrimoniale, qui ne s’attache que très grossièrement à la matière. Et même, après tout, il n’y a pas un centimètre carré de terrain, pas un grain de pierre, pas un gramme d’or qui n’est appartenu qu’à une seule personne… Non, la valeur patrimoniale passe à travers votre corps comme un virus, en contaminant votre esprit pour lui faire prendre des vessies pour des lanternes… J’ai peut-être la part belle, de marquer ça ici, moi qui ne possède rien à l’envi…

 

La noisette

Je croquais dans cette noisette, brusquement conscient de la séquence narrative incroyablement complexe qu’elle m’offrait. de l’approche des lèvres, des dents, au dernier arôme de fond de bouche, une aventure longue et inouïe de subtilité. Et je me disais que les industriels se dispensaient de cette complexité et tentaient, surtout, d’éviter toute variation et tout raté, car on est jamais à l’abri d’une mauvaise expérience, avec une noisette… Avec les produits industriels, cinéma, littérature ou bande dessinée, nous sommes à la fois garanti de retrouver ses pantoufles, et de n’être réveillé par rien de fâcheux… et malheureusement, ni d’excitant non plus.

 

 

Alors ?

Pense : une certaine pensée politique soi-disant « décolonisée » cache une conception ultralibérale de l’émancipation.

On ne peut pas non plus considérer que « toute personne est à sauver », sans distinction… (Extrême gauche). N’oublions jamais que certains jouissent de leurs entraves. Et qu’il n’y a pas de vie sans entrave.

La famille est une prison, la classe sociale est une prison, la géographie est une prison. Son corps est une prison. Son esprit est une prison.

Alors, le cadre social doit offrir des échappatoires.

Que des évasions individuelles soient possibles, permises, encouragées.

État inverse aujourd’hui.

Généralité

Depuis toujours, je suis pour le droit à l’indifférence. Ce droit a toutes les vertus : il assure la paix sociale et désamorce les provocations.

(le problème étant la polysémie de “l’indifférence”)

(le problème étant celui de réduire un phénomène complexe à un aphorisme)

(le problème étant que parfois on peut avoir tord, qu’on soit pour où contre un truc à la con)

(le problème étant qu’on a beau brasser la merde de l’actu dans tous les sens, ça reste de la merde)

 

 

Erreur de perspective

La culture est une atmosphère avec une météorologie, et non une géopolitique féodale.

On est dedans, pas dessus. Tenter d’y construire des frontières, c’est s’exposer au ridicule.

Maître idiot

J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi, dans les conversations, tous avaient tant de mal à accepter la profonde médiocrité des dominants sociaux… Je crois que le mécanisme peut se résumer comme ça :

Pour justifier ta servitude, tu surestimes la valeur de ton maître.

 

 

 

 

Derrière Disney, ou la revanche des auteurs

J’exhume ici un brouillon d’article qui date d’au moins 2 ans (je ne sais plus exactement quand je l’ai commencé, l’ayant déplacé de Dropbox à Drive et enfin dans les brouillons de ce blog), mais qu’il me semble intéressant de publier aujourd’hui car il évoque un rôle culturel des fans (déjà abordé dans “Le nerd comme agent culturel” et Pourquoi Roland est-il furieux ?). C’est ma modeste contribution à quelques questions importantes développées ailleurs.

 Alain François, 3 Janvier 2016

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vie

La vie humaine est triste. Nos ancêtres communs (nous avons tous les mêmes, connard) le savaient.

La vie humaine est courte et triste, mais réussit souvent à être infiniment longue, s’étirant en torture morale et physique.

Elle s’est, pour une part de l’humanité, largement adoucie.

Mais elle reste ce qu’elle est : triste.

 

Notre condition n’a pas varié.

Les nuances sont quantitatives.

La vie est triste par essence. Nous avons un seul pouvoir, celui de tenter qu’elle ne devienne pas sinistre.

Car, nous avons tous tendance à noircir encore  cette tristesse ontologique

par nos choix, par nos actes, par notre comportement social, par nos prothèses psychique, physique ou chimique,  par toutes nos stratégies minables pour tenter d’oublier, d’effacer, de masquer la tristesse de notre si misérable condition.

 

 

Responsabilité

c’est dans la nature même d’un acte d’avoir des conséquences

Iconoclastie

Définitivement, c’est la réception qui manipule les images, et ceci avec l’outil premier de la manipulation : le langage.

L’éditorialiste n’est pas le producteur de l’image de presse. Il en est « la première réception », et donc l’instance de la première grande manipulation.

Pourquoi Roland est-il furieux ?

Donc, le virus ne meurt jamais vraiment, puisque, comme petit paquet mignon d’informations organisées, il n’a fait que glisser à travers moi vers d’autres gentils hôtes. Je me demandais, s’il était possible de se détecter en période d’incubation et que nous réussissions à nous isoler pendant ce temps, entendrions-nous l’exaspération du virus brusquement célibataire ?

Et j’en sors comme de petites vacances. Où plutôt, en bon hyperactif, voilà qui est à peu près ce qui se rapproche le plus du concept de vacances pour moi. Alors, sur mon canapé, me suis avalé une série entière adaptée de l’univers Marvel, et je ne suis pas sûr de pouvoir en dire vraiment quelque chose d’intelligent, sinon noter les manigances scénaristiques auxquelles je suis maintenant plus sensible peut-être ? Hum… Non. Et j’ai lu Roland furieux de l’Arioste (début de rédaction : 1503), un texte que j’avais fréquenté, mais sans franchement lui porter l’intérêt qu’il mérite. Read More →

“étant donnée” par Cécile Portier

Il y a deux ans, j’ai participé à la conception d’une petite part de ce web-objet de Cécile Portier : “Étant donnée”. L’objet, bien sûr, évoque l’installation de Marcel Duchamp (Étant donnés) en en dépliant le dispositif sur le web, mais surtout, propose une lecture de notre rapport très contemporain, conceptuel, social, politique et sensible, à la “donnée numérique”, cette nouvelle arcane de l’identité.

Naviguez dans etantdonnee.net :

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Un portrait de Cécile Portier : www.ciclic.fr/livre-lecture/residences-numeriques/cecile-portier-autoportrait

Le site d’écriture de Cécile Portier : petiteracine.net

Ont participé à la réalisation d’étant donnée :
Julien Kirch, Laure Chapalain, Juliette Mézenc, Stéphane Gantelet, Pierre Ménard, Alexandra Loewe, Julien Pannetier, Alain François, Benjamin Dufour, Lagrande Lessive, Saemmer Alexandra, Mathilde Trichet, Pascale Petit

 

 

Le deuil de Laura Ingalls

J’ai découvert au hasard d’un partage d’article sur facebook que Laura Ingalls est un personnage historique. C’est idiot peut-être, mais découvrir la chose m’a troublé. J’ai trouvé ce trouble idiot, puisque je n’ai pas d’attachement nostalgique à ce personnage de fiction.
Oui, enfant, j’ai subi « la petite maison dans la prairie », car lorsqu’on est enfant on absorbe ce qui se présente. Mais depuis toujours, j’ai une répulsion pour les fictions larmoyantes. Comme celles qui, à l’image de la littérature morale du XIXe siecle, n’hésitent jamais à se vautrer dans la boue poisseuse du pathos. Read More →