philosophie

Sur notre pire

Je me suis rendu compte aujourd’hui, en lisant les réactions collectives, que ma relation à la Seconde Guerre mondiale et à la Shoah n’était pas passée par Claude Lanzmann, mais directement par les contes familiaux, par des photos anciennes, par, dans un corpus gris-vert indifférencié, le cinéma cathartique de l’après-guerre qui me provoqua parfois des Continue reading Sur notre pire

Artification

Jeudi matin, j’ai entendu une communication courte mais limpide de Nathalie Heinich sur les mécanismes sociaux de l’artification, (néologisme bien pratique). Je ne sais à peu près rien des polémiques autour de la sociologue, me méfie de la manière aujourd’hui dont les gens confondent fiction et réel, discours scientifique et opinion. Je ne peux juste que rendre Continue reading Artification

Le massacre est une forme culturelle

Le massacre est une forme culturelle

J’avais été fasciné, en parcourant des traités psychiatriques anciens, comme les formes de la folie se conformaient, comme toutes les autres formes culturelles, à l’esthétique de leur temps. Jusqu’à ce que Londres et l’âge d’or des journaux inventent conjointement la forme moderne du serial killer, celui-ci se prenait pour un loup, et attendait la nuit Continue reading Le massacre est une forme culturelle

Vivre aux frontières du cône de frottement

« le monde n’est qu’une bransloire perenne ; toutes choses y branslent sans cesse, la terre, les rochiers du Caucase, les pyramides d’Aegypte, et du bransle publicque et du leur ; la constance mesme n’est aultre chose qu’un bransle plus languissant. » Le plus beau cerveau de par mes contrées ne pouvait imaginer que ce « pérenne » deviendrait douteux. J’ai Continue reading Vivre aux frontières du cône de frottement

L’irrépressible lecture des signes

Je voulais mettre le doigt sur ce qui me gênait, dans ce que j’ai lu et vu pendant toute la campagne électorale française. Je voulais exactement trouver le commun à toutes mes réticences. Et je crois que c’est ça : L’irrépressible lecture des signes. Car nous avons une propension à croire que le désir de lire Continue reading L’irrépressible lecture des signes

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

[dropcap]J[/dropcap]uste avant la tornade de paranoïa collective qui s’est abattue sur les campagnes [électorales] de mon petit pays, je pensais à quoi, déjà ? Ha oui, je venais d’extraire de ma bibliothèque et reparcourir trois petits fascicules d’Alfred Kubin, le dessinateur autrichien, édités par Allia en 2007 : « Le cabinet de curiosité », « le travail du dessinateur » et Continue reading Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

L’élevage de poussière

Théorie esthétique d’Adorno est un grand texte. Je m’y plonge hasardeusement, et y trouve de la grandeur, oui, mais aussi malheureusement me heurte à sa dimension historique. C’est un moment daté de la perception idéologique de l’Art. Ce moment est passé. Et ne reviendra plus. D’où déjà l’odeur de suranné et un début de rigidité Continue reading L’élevage de poussière

Le pince-oreille d’Adorno

Hier, j’emprunte « Théorie esthétique » d’Adorno à la médiathèque… En rentrant, je le pose sur l’accoudoir très plat et large du canapé gris. Ce matin, j’attrape machinalement le livre, l’entrouvre et le lâche en poussant un cri. Juste entre la couverture et la première feuille de ce gros livre blanc, il y a une bête noire Continue reading Le pince-oreille d’Adorno

Les belles histoires de l’oncle Paul Jorion

Les belles histoires de l’oncle Paul Jorion

Paul Jorion est un type épatant. En lisant « Le dernier qui s’en va éteint la lumière », je me disais ça : « ce type est épatant ! Une belle figure d’honnête homme du XVIIe ! » Et pourtant, il nous annonce tranquille l’extinction de l’humanité à plus ou moins brève échéance. Oui, mais il fait ça avec classe, brassant culture Continue reading Les belles histoires de l’oncle Paul Jorion

La noisette

Je croquais dans cette noisette, brusquement conscient de la séquence narrative incroyablement complexe qu’elle m’offrait. de l’approche des lèvres, des dents, au dernier arôme de fond de bouche, une aventure longue et inouïe de subtilité. Et je me disais que les industriels se dispensaient de cette complexité et tentaient, surtout, d’éviter toute variation et tout Continue reading La noisette

Alors ?

Pense : une certaine pensée politique soi-disant « décolonisée » cache une conception ultralibérale de l’émancipation. On ne peut pas non plus considérer que « toute personne est à sauver », sans distinction… (Extrême gauche). N’oublions jamais que certains jouissent de leurs entraves. Et qu’il n’y a pas de vie sans entrave. La famille est une prison, la classe sociale Continue reading Alors ?

Pape polysémique

Hier, sur mes réseaux, je vois passer deux citations du même discours du Pape qui m’a piqué mon nom. Ces deux citations sont contradictoires et incompatibles. Pourtant sorties d’une même bouche, elles sont colportées par deux populations distinctes de récepteurs et commentateurs. Je regarde ça. Ce petit phénomène. Pense que chacun prend du monde tout Continue reading Pape polysémique