poésie

Pink Pieles

Pink Pieles

Vu ce soir, « Pieles », le conte rose-bonbon d’Eduardo Casanova, jeune réalisateur espagnol. Ce n’est pas un grand film, mais encore une « première œuvre curieuse » et déjà un amusement. En espérant qu’il confirme, car oui, les réalisateurs finissent mal, en général…

À suivre. Et d’ailleurs, facile à suivre sur Instagram :

 

Ce matin, il pleut

Ce matin, il pleut

Et ce matin, je lis « Poème de l’amour« , de la Comtesse Anna de Noailles. Celle qui, paraît-il, a provoqué le suicide d’un poète.

Pourquoi la lire ? Je ne sais pas. Sérendipité. Poésie descriptive, précise et souvent inspirée, mais déjà plus dupe d’elle-même, une lettre d’un amour désenchanté. Oui, mais pourquoi, en vrai ? En vrai, je suis tombé au hasard Lire la suite

Les arbres

En glissant le long du paysage, les arbres se perdant dans l’atmosphère fermée de l’automne, je me suis souvenu que j’avais beaucoup aimé Corot.

Et je me rendais compte, enfin, que je l’aimais encore.

Dans la nuit

Au dessus de ma tête, au dessus du béton, le cri des grues, l’annonce d’une saison.

langue des oiseaux

Lundi :

suivant la grève, l’océan, rattrapé, doublé par une nuée de mouettes rieuses. Plus rapides que moi.

Dimanche :

Une autre nuée joueuse au dessus de mon ordinateur. Me surprend à suivre des yeux, à me tordre pour identifier. Est-ce des martinets ? Manière de jouer, manière de plonger là, derrière le bâtiment. Brusque émotion réprimée.

quand le ciel est blanc

Toucher les bords du vide, les explorer du bout des doigts, quand le ciel est blanc.

Accepter.

Prison esthétique

Le moteur esthétique est si puissant chez les poètes que Verlaine était heureux d’être dans une belle prison.

Les prisons de Verlaine

Les prisons de Verlaine

Oui, c’est la rentrée littéraire, alors, puisque malade, je passe par quelques textes annexes de Daniel Defoe, Théophile Gautier, Paul Verlaine et quelques autres, accessoirement, largement rebuté par mes tentatives de jetage d’œil dans l’océan contemporain.

Aujourd’hui, « mes prisons » de Verlaine, qui passe ici comme une parodie du genre. Je ne suis pas sûr de Lire la suite

proemio

Luxe, calme et volupté (sans fric)

Quelle audace !

Qu’il est audacieux, cet entêtement à se consacrer à l’esthétisation de son monde proche quand le reste va à l’abîme ! Qu’il est audacieux de ne pas avoir besoin d’argent pour ça !

Quelle audace !

Oui, on a le droit de se moquer du monde. Fait-il quoi que ce soit pour ne pas prêter le flanc à l’ironie ? Lire la suite

Poésie perdue

Cette nuit, un rêve étrange.

Je cherche quelque chose, ou plutôt « des choses » dans ma bibliothèque.

Mais cette bibliothèque n’est pas ma bibliothèque réelle. C’est une bibliothèque éclatée, répandue sur un territoire assez vaste, constituée de constructions de taille réduite, en bois, comme des hangars, granges ou cabanes, et des terrains accidentés, boueux, mais aussi Lire la suite

Il m’arrive

de voir la lumière dans mon obscurité. Étincelle. Je n’ai pas peur de l’ombre, mais de la douleur qui s’y cache.

 

Ce soir

Ce soir

Je tente de ne croiser ni chien ni loup. Pourtant le ciel est sombre et couvre la vallée.

je suis dévoré.

J’entends de nouveau le bruit de ses ailes.

 

Sur l’autre rive

à l’horizon se perdait la terre. Des eaux sans fin, tumultueuses, sombres, ombre des peurs.

De cette trouille des profondeurs, du dessous sans prise, des pertes, des dangers cachés.

De l’autre bord du corps.

Du froid qui mord.

Des engourdissements.

Du revers de la surface.

Des symétries verticales.

De toutes les pertes.

À  l’horizon se perdait la rive. L’ancienne. La vieille. Lire la suite

sublime

sublime

Quand le temps s’y met, ainsi, à enchanter le monde. Quand il s’y met. Des troués de ciel bleu dans de sombres et lourds nuages de pluie. Tour de vélo ? Ok, mais il va pleuvoir, alors on reste en ville. Sauf qu’au bout de la ville, à droite, un passage inconnu et brusquement, en plein champ à perte de vue. Et au bout de la route, un bois, un chemin qui tombe raide, sombre. Que faire ?

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Les enquêtes imperceptibles d’Emilio Ajar #1

Les enquêtes imperceptibles d’Emilio Ajar #1

Florian Huet, étrange auteur de bande dessinée, perceur maniaque, se serait confectionné dans son garage une tout aussi étrange machine à poinçonner, tout ça pour édité de petits fascicules pliés de papier blanc percés de petits trous dessinant des formes à distinguer, yeux plissés, en cherchant Lire la suite

Envie

J’ai vu ces algues. Longues et souples.

J’ai voulu en être, bouger comme ça, sans lutter.

Vibrer des courants, des houles, des reflux.

Courir

Courir

Nous étions sur une colline.
En bas, ce mariage gigantesque.
Je ne connaissais pas ces filles.
Nous étions au faîte du paysage,
terre rase et seule perspective du chemin.
Nous étions là, cernés par la chaleur d’août.

L’orage soudain, goutes énormes qui nous trempent jusqu’aux os et réflexe de fuite.
Comme parfois on se perd dans la course et le rire.
Vers le mariage, vers Lire la suite

Paupière et théorie

Paupière et théorie

Je me réveille d’une maladie si commune. Retrouve le monde en aussi mauvais état que je l’avais laissé. Le « je » résonne étrangement. Comme dans un vide métallique. Suis-je ? Suis-je une unité de signification ? Me sens pas trop unité. Dois rassembler des… des vides. Assembler des vides ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Je me sens… Lire la suite

On n’écrit jamais pour soi

On n’écrit jamais pour soi

Rien ne compte, rien. Que ces minuscules choses. Que nous ne pouvons pas saisir. Mais que nous imitons avec les caméras de nos téléphones. Imperceptible tremblement. Art bavard. Qui cache les désarrois. Alors, retrouver le sens de la prose, du fleuve, pour laisser filer, sachant bien que c’est ici que ce qui doit être peut apparaître, par le caprice des euphonies Lire la suite