écritures

Cigish se cache

C’est une bonne surprise. Quelqu’un m’avait dit que c’était bien, quelqu’un m’avait dit que ça ne l’était pas. La balle au centre. Par contre, clairement, la couverture, qui m’évoquait des publications marginales du temps de mon adolescence, des choses que je n’aimais pas à l’époque, m’a légèrement refroidi. Allez, tu as écouté Florence Dupré La Tour, pendant la journée d’étude des petits masters, et tu avais été agréablement surpris, et comme d’habitude, inconscient, tu avais promis de lire ses livres. Alors ? Alors, va maintenant !

Et donc, j’ai lu «Cigish: Le Maître du Je», qui traîne chez les étudiants en Art, ici. Et j’ai été pris par le récit, instantanément, et je le répéterais, c’est à peu près tout ce que je demande maintenant. Oui, j’ai été pris.

Dans la première partie du livre, j’ai retrouvé ce que j’avais entendu en écoutant Florence Dupré La Tour, à quel point, malgré des origines sociales absolument opposées, nous avions des souvenirs communs d’une éducation catholique particulièrement folklorique. Elle m’a fait me souvenir de ces brainstormings entre enfants, pour se répartir les péchés imaginaires à dire pendant la confession. Comme les enfants veulent toujours « bien répondre », nous nous répartissions les péchés, comme on se répartit des rôles, pensant qu’il ne serait pas crédible d’avoir les mêmes à confesser. C’était, déjà, l’expérimentation de la manière perverse dont une question fabrique une réponse. Elle m’a fait me souvenir aussi comment, pendant la communion, j’avais regardé les grosses mains trop blanches de l’évêque, ces grosses mains couvertes de taches de vieillesse, molle de n’avoir jamais rien fait et si ostensiblement affectueuses avec les enfants alignés… et ses vêtements idiots, ses simagrées ridicules et si peu spirituelles, et comment ce jour-là j’étais sorti définitivement de la religion de mes parents. Non d’ailleurs à cause d’un comportement explicitement déviant, que devant l’arbitraire et le ridicule total, définitif, du cérémonial. j’avais eu honte, de moi, des autres, de tous, d’eux. J’en garde encore ce sentiment, qu’il y a dans ces rituels et ces croyances une indignité dont aucune conscience réellement mature ne se relève.

Et ensuite, le livre change. Évidemment, sa nature de compilation/anthologie d’un blog le rend un peu hétérogène, et explique peut-être l’évolution finale, mais de la première à la dernière page, le livre reste porté par sa qualité principale : Florence Dupré La Tour sait mener un récit, n’importe quel récit, n’importe quel discours, et t’emporter avec elle. Et j’ai rapidement commencé à ricaner, tout seul, comme un con, à en devenir agaçant pour mon environnement, et ça aussi, c’est très bon signe.

Après l’introduction très égotique, on rentre dans un récit à clef, qui joue avec le réel, qui se replie sur lui-même, qui s’emmêle, qui s’amuse du performatif des blogs dû à l’immédiateté de la réception, et qui joue en ça avec les codes des jeux de rôle, une culture que je n’ai pas croisée, ou si peu… Cette qualité-là, source d’humour, m’intéresse moins structurellement, sinon qu’elle m’évoque les « petits problèmes » que j’ai eus comme blogueur quotidien en 2006 et 2007, et surtout les très gros problèmes de Fabrice Neaud avec son Journal, ou ceux de Christine Angot pour la littérature… Il faudrait y revenir.

Mais peu importe ! La seule chose qui compte c’est que je me suis marré et qu’il y a des choses épatantes dans ce livre. Et surtout que s’y dévoilent une intelligence brillante, une générosité, une propension au don de soi, tordue et perverse à souhait, en accord parfait avec la perversion de cette éducation qu’on appelle si improprement « bonne ».

Bibliographie de Florence Dupré La Tour

(Il y aurait beaucoup à dire sur ce livre, entre la religion, les jeux de rôle, les troubles de l’identité, l’autofiction, la gémellité, mais comme le livre date de 2015, je suis sûr que tout ça a déjà été abordé ailleurs).

L’envie d’écrire

L’envie d’écrire me prend indépendamment du contexte. Depuis toujours. J’ai souvent cette gentille propension à confirmer la parano superstitieuse qui me susurre que j’ai toujours envie quand je ne peux pas, empêché par le temps, les tâches ou la fatigue… mais c’est faux. Il y a souvent des moments ou j’ai envie dans un joli vide devant, et ou je peux écrire à souhait… pas comme maintenant, où j’ai envie, de l’une de ces envies de fond de gorge qui confirment les ricanements des psychanalystes, alors que je dois m’éloigner de mon clavier…

(Au passage, la surprise de ces dernières années, c’est que cette envie se soit déplacée sur la photo, parfois…)

La boucle selon Claude Ollier

L’enfant enhardie faisait maintenant le tour de la maison, expérimentait le cercle, retrouvant interloquée son parc sous le citronnier où elle l’avait quitté l’instant d’avant, un soir un peu plus tard bouclant de nouveau le cercle et découvrant une autre lune. Ainsi, les génies du lieu raccordaient devant elle petit à petit les pans d’espace, ajustant pour ses yeux les dons de perception et de rappel. Pour son oreille aussi, et ses doigts rompus aux qualités des matières. Ces retours l’intriguaient, elle s’immobilisait parfois, répétait un geste, sa mémoire se modelait aux plis du vieux rituel.

 

Entre-lire

Le retour de la littérature se confirme. Je regarde de nouveau les livres. Évidemment, ma lecture a encore changée.

Avant, n’importe quel avant, j’aurais été épaté par Musil, par exemple, comme j’aurais été surpris de trouver des échos à quelques billets anciens d’ici chez Lars Lyer.

Mais je crois que le mal de l’écho littéraire contaminant le réel est plus grave encore que ne le pense Lars Lyer, puisque son pamphlet n’échappe pas à l’immédiate métalecture, classification tranchante comme un coup de sabre japonais. oui, nous sommes…

Non ! Je ne peux même pas m’adonner à la facilité des bêtasses formules de la réaction : «nous sommes décadent, car trop culturel», «plus qu’écho grossier d’une chose déjà écrite», etc.

C’est vrai. Hein ? C’est vrai, oui ça semble vrai… Sauf que la petite voix ironique, derrière, me dit à quel point c’est idiot, vérité à oeillères, et qu’il y a partout sur les côtés, au dessus, au dessous et derrière, le grand horizon, grand pour nous, car pour le reste de l’univers il est presque rien, l’infinie mélodie, croisement de mélodies, vaste champ sonore, océan chaotique des échos culturels de toute vie humaine.

En gros, rien à voir avec la littérature, si nous ne sommes plus qu’écho de la littérature, mais tout à voir avec la nature même de notre espèce.

De la même manière qu’il ne restait plus aucun espoir à Debord lorsqu’il découvre enfin que le spectacle est l’essence de l’humanité. Sa vérité première et dernière.

Il n’y a rien, pour nous, en dehors de nous.

Mille Butor !

Je remarque sur les réseaux que le Michel Butor était si graphomane que chacun a le sien, sans liens avec celui des autres. On peut donc juste dire qu’on a lu quelques livres… Je dois avoir un vieux poche de « la modification » quelque part, et d’autres…

Mais voilà, le mien Butor, je l’avais cité comme ça. C’était avant l’arrivée de l’iPad et des liseuses par millier… On en était encore à l’inconfortable affichage de texte sur l’écran. Les textes qui suivront cet extrait passeront aux oubliettes, car « balayé par l’Histoire » (incarné par Steve Jobs…) :

“En 1960, lorsque Michel Butor s’interroge sur l’architecture du dispositif de lecture, il ne pense pas au numérique évidemment, mais à tous les systèmes d’enregistrement « modernes » qui pourraient solder l’avenir du livre. Il détermine la spécificité de l’écriture dans la vision simultanée du texte :

« L’unique, mais considérable supériorité que possède non seulement le livre, mais toute écriture sur les moyens d’enregistrement direct, incomparablement plus fidèles, c’est le déploiement simultané à nos yeux de ce que nos oreilles ne pourraient saisir que successivement. L’évolution de la forme du livre, depuis la tablette, depuis le rouleau jusqu’à l’actuelle superposition de cahiers, a toujours été orientée vers une accentuation plus grande de cette particularité. »

Il y aurait donc une notion d’efficacité dans la « mise à plat » — la mise en page — de l’écriture, du simple souvenir d’un discours oral au livre, une histoire positive d’un perfectionnement progressif des archives de la mémoire.

Tout de suite, notre page Internet ne semble pas répondre à l’impératif progressiste de Michel Butor et si elle propose « simultanément à nos yeux une portion de texte », elle réactualise « les inconvénients de l’enroulement primitif » (page 134), et ne propose pas le « troisième axe en épaisseur, bien perpendiculaire aux deux autres, comme on empilait les lignes », mais une galaxie d’axes possibles qui apportent la perdition là où le livre permet « d’identifier rapidement telle région ». Le dispositif-monstre « écran/navigateur/page » de l’Internet ne correspond donc en rien à la définition des qualités du livre comme machine à relier et à lire les textes :

« C’est la disposition du fil du discours dans l’espace à trois dimensions selon un double module : longueur de la ligne, hauteur de la page, disposition qui a l’avantage de donner au lecteur une grande liberté de déplacement par rapport au « déroulement » du texte, une grande mobilité, qui est ce qui se rapproche le plus d’une représentation simultanée de toutes les parties d’un ouvrage. »

et aussi :

« Le fait que le livre, tel que nous le connaissons aujourd’hui, ait rendu les plus grands services à l’esprit pendant quelques siècles, n’implique nullement qu’il soit indispensable ou irremplaçable. »

« Décrire des meubles, des objets, c’est une façon de décrire des personnages, indispensables : il y a des choses que l’on ne peut faire sentir ou comprendre que si l’on met sous l’œil du lecteur le décor et les accessoires des actions »

Essais sur le roman, chapitre « Le livre comme objet », Gallimard 1960

Tiens, la dernière je vais en avoir besoin bientôt ! Encore… Sinon, je crois me souvenir que c’était à peu près le seul auteur “prénumérique ” que je pouvais citer pertinemment pour parler des évolutions numériques de la littérature.

 

 

 

Pour écrire

Je lis par intermittence le livre que Mai Li m’a tendu au café, il y a deux jours. c’est déjà un miracle que je lise un livre. Mais oui, je lis par bribes ce tout petit livre « L’urgence et la patience » de Jean-Philippe Toussaint, cet écrivain dont je possède déjà deux livres sans les avoir lus. Je lis et le trouve vaniteux. Je le dis à Mai Li, qui aime cet auteur, mais en convient. Je tempère en lui trouvant une joie enfantine à être / à se vivre / à se voir / à se raconter écrivain qui est presque attendrissante.

Évidemment, le sujet, l’écriture, renvoie à soi et à son propre rapport à l’écriture. Je ne me reconnais pas dans ce que raconte Jean-Philippe Toussaint. Je voulais écrire, longtemps, sans arriver à sortir autre chose que « je pars » (phrase lapidaire dont je me moquais pour son double sens) et quelques poèmes que j’espère disparus.

Et ensuite, le web est arrivé, et les blogs, et les exercices quotidiens d’écriture qu’ils suscitent. Et plus jamais je n’ai eu de problèmes pour écrire. Non, ce qui a disparu, en ce moment, c’est l’envie. Oui, avant, j’avais envie sans l’organe. Maintenant, j’ai l’organe — il vaut ce qu’il vaut — et pas particulièrement l’envie… Pour des raisons diverses. Peut-être, surtout, par peur de ressasser des douleurs.

Les images de Céline Guichard

[ Texte écrit en mars 2016 pour le catalogue de l’exposition “Mauvaises Graines II”, du 10 Mai au 16 Juin 2016, Espace Topographie de l’art / Paris ]

Les images de Céline Guichard provoquent rarement l’indifférence. Elle n’a pourtant jamais l’intention de choquer, mais une intention farouche, oui, de ne pas réprimer les images qui naissent du jeu complexe de la pratique quotidienne du dessin, de ses recherches visuelles et de toutes les réminiscences qui la traversent. Read More →

Micro roman

Le personnage écrit. Il tente « Je ne pleurerais aucune mort comme je pleure son absence. » et il s’arrête… Relève la tête, regarde vers la fenêtre et tend l’oreille. Juste à côté, une voix féminine, haute, avec un fort accent italien, parle en anglais. Il comprend peu.

Il se dit à voix basse « Je ne lui écrirais plus jamais ».

Une petite voix : « Et si tu devais en mourir ? »

Qu’il en soit ainsi.

Le podcast de Jessica Abel

Là, c’est un peu particulier. Ce n’est pas un cas de dissémination des photographies de mon blog, mais une demande spécifique. Jessica Abel voulait illustrer le lancement de son podcast sur le storytelling avec des photographies de pique-nique volontairement vieillies, hésitant entre une connotation XIXe ou 60′.

Le résultat est là :

http://jessicaabel.com/2015/09/07/cheese-and-grapes

J’ai utilisé un filtre qui imite, selon son appellation, une “carte postale ancienne” et un autre qui s’appelle “nostalgia” .

mince02

Sur la photographie : Matt Madden, Jessica Abel et Benjamin Frisch

Je marche sur des oeufs

Je dis à Elric : « Il n’y a que deux solutions : tu es mort ou tu es vivant. Rien d’autre. Pas de troisième terme. Alors… » Un silence. Mais je continue, pour tenter de perturber la gêne subtile que le drame a installé. Je continue, parce que ce n’est pas mon genre de laisser le silence gagner : « Alors, il ne faut pas avoir peur de l’avenir. La seule chose qui peut faire peur, c’est le présent. Mais… ». Read More →

Revenir

Trouver les mots. Je dis souvent, maintenant, qu’il n’y a plus jamais de « syndrome de la page blanche » pour moi. Je peux me poser, n’importe où, n’importe quand, et écrire. Ceci ne garantit pas que je serais content du résultat. Mais le fait est là. Après les étranges expériences d’écriture en ligne de la dernière décennie, le problème n’est plus jamais “quoi écrire. Plus jamais, mais “comment”. Read More →

Longtemps, je me suis excusé d’écrire comme les martinets volent

Ou comment faire d’une phrase malvenue un titre de billets. Oui, bon, c’est aussi une question importante. La question du style, au cœur de tant de polémique littéraire et autre, de batailles, de pamphlet, d’aigreur, de goût et dégoût, peut-être de duel en d’autres temps, de fanfaronnade et pantalonnade, et aussi, au bout de l’évidence qu’une époque ne se déroute pas d’un mot, de silence acide… Read More →

Le réverbère

Hier matin, en vélo, je me suis pris un réverbère. PAF ! Une seconde de distraction, et pas vu l’arrière d’une camionnette qui rétrécissait l’espace derrière les voitures garées.

C’était étroit, mais je pouvais passer. Si j’avais vu la chose venir, je serais passé tranquillement, élégamment même, en accélérant avec un poil de morgue et cette sensation si agréable d’avoir 12 ans. Mais la surprise m’ayant déstabilisé, j’ai donné un violent coup d’épaule au pilier de métal qui n’a pas bronché. Selon les lois de la physique, mon corps tentant de pivoter autour de cet axe trop fixe, ma hanche s’est écrasée lourdement à son tour. Par réflexe, mon poignet est venu frapper le métal qui n’a même pas crié. Je ne sais pas comment j’ai évité la chute, mais j’ai repris maladroitement ma trajectoire, bien conscient qu’il n’y avait plus rien de gracieux là-dedans… En m’éloignant, je ressentais encore l’onde du choc dans tout le corps qui s’additionnait d’une légère contrition morale.

Étrangement, il me reste peu de choses de ce petit accident. Une trace brune sur le poignet, une légère onde de douleur dans les lombaires et la hanche et une raideur dans la nuque. Le choc a suffisamment été réparti sur la hauteur du corps pour m’éviter les hématomes.

M’en fous, car dans l’après-midi, François Bertin de l’atelier d’en face (distance : largeur du couloir), m’a remis la première partie de son livre en chantier sous forme d’une liasse de feuilles libres. J’avais été très surpris, lors de notre première conversation, de découvrir des similitudes entre ce que j’avais écrit en avril 2013 et son projet. Je lui avais donné mon texte et j’avais récolté des compliments et même un enthousiasme qui m’apparut sincère. Très agréable.

C’était donc à mon tour de le lire. Et ces feuilles volantes m’ont apporté un vif plaisir. En effet, nous avons quelques souvenirs presque communs, ou cousins, et une même manière de découvrir sa libido. Et moi qui croyais avoir écumé mes souvenirs présexuels, la lecture de son livre en chantier m’a provoqué une salve de réminiscence ! Des choses enfouies, perdues, dont je n’avais même plus idée me sont revenues, ravivées, comme à 13 ans,  la ligneuse grande sœur de mon copain avec qui je jouais au foot, entraperçu dans leur salle de bain. Ou encore cette fois, bien plus tard, où j’avais dû dormir dans la chambre de la sœur d’un ami. Une chambre de fille, avec toutes les odeurs et toutes les textures d’une chambre de fille. C’était si troublant de se glisser dans les draps de cette absente à l’aura si forte ! Et d’autres souvenirs encore que je ne noterais pas ici, par pudeur ou pour les garder pour ailleurs, peut-être…

Oui, ma vie actuelle émaillée de privilèges peut bien supporter un réverbère trop inflexible ! En un seul après-midi, parcourir les charmants carnets de dessins de Giulia Sagramola, parler avec elle de la spontanéité du premier trait,

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Classeur de Giulia Sagramola

ensuite lire un gros chapitre d’une fluide, élégante et sensible bande dessinée autobiographique, et enfin terminer en discourant sur le roman et les personnages avec son auteur…

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2 pages du prochain livre de François Bertin chez Warum

 

 

L’écriture revient par la fenêtre

Je suis dans mon atelier, seul, au calme. La porte est ouverte sur le couloir silencieux. j’ouvre la fenêtre, pour laisser entrer le bruit de la rue. Le bruit de la circulation. Je me lève régulièrement et me penche dehors. Je regarde cette minuscule part du monde. Activité ancestrale, vieille comme les fenêtres. Personne ne se dit jamais que la fenêtre a eu une « invention », son moment zéro, qui vient peut-être longtemps après le « mur ». Mais c’est un objet technologique d’une importance considérable. Qui mesure l’incidence de la fenêtre sur les modes de vie et sur la culture humaine ? Sur la peinture, c’est documenté, mais sur l’ensemble de la culture ? La roue, c’est bien, mais la fenêtre, c’est pas mal non plus ! Si tu enlèves la fenêtre, toute la littérature antérieure au téléphone portable s’effondre ! (Pour dire : si tu enlèves le téléphone portable toute la fiction contemporaine s’effondre)

voilà. Voilà comment je reviens à l’écriture par la fenêtre. Juste en observant les voitures, en tentant de capter des choses infimes sur la vie des conducteurs, en observant le va-et-vient des clients du bar au coin de la place, ceux qui stagnent sur la terrasse en bois, et mes quelques camarades qui passent dans un sens ou dans l’autre, qui vont faire leurs courses au marché ou qui traversent dangereusement.

Oui, il est temps de revenir écrire ici.

 

 

Les lectures pour écrire

L’impression de passer d’un genre de lectures contraintes à un autre. Après les essais et autres écrits scientifiques pour ma reprise d’étude universitaire en 2006, maintenant c’est l’écriture de scénarios qui m’impose d’exhumer de ma bibliothèque des livres improbables !

Comme ce matin, le vieux « Mystère des Cathédrales » du vieux Fulcanelli, l’un de ces livres de l’enfer de ma bibliothèque, de ces choses étranges remplies de pompeuses âneries ou parfois d’évidences sémantiques énoncées sur le ton du mystère.

Écritures en résidence

Je me dis que j’aurais dû tenir le journal de ma résidence. Mieux vaut tard que jamais… Donc…

Aujourd’hui, j’ai testé une autre configuration de travail. Plutôt que rester dans l’atelier confiné, je me suis installé sur le canapé du coin « thé/café », au bout du couloir, juste avant l’atelier qu’Aude partage avec Giulia. La lumière est plus belle ici, le canapé agréable et j’entends la musique que les filles écoutent juste à côté. Me cale dans le coin du canapé avec le portable sur les genoux, réglé sur le wifi de la résidence, et voilà un lieu d’écriture très agréable !

Aude, en passant, a trouvé ça si farfelu qu’elle m’a prise en photo…

 

 

Chronos

Je continue de poster ici, parcimonieusement, trop parcimonieusement, ça va s’éterniser, les vieux billets des blogs épars qui m’ont servi de lieu d’écriture. Je tente de trier ce qui peut être (encore) publié de ce qui ne peut pas, où pas avant deux ou trois siècles (quand tout le monde sera mort selon la délicate attention de Stendhal). Mais pour un type qui a toujours eu l’impression de ne pas écrire, plus j’en cherche et plus je trouve des bribes et parcelles dans les coins des archives numériques. Je ne sais pas pourquoi ça me fait tellement de bien de retrouver la chronologie de tout ça, mais oui, ça me fait foutrement du bien !

 

 

“étant donnée” par Cécile Portier

Il y a deux ans, j’ai participé à la conception d’une petite part de ce web-objet de Cécile Portier : “Étant donnée”. L’objet, bien sûr, évoque l’installation de Marcel Duchamp (Étant donnés) en en dépliant le dispositif sur le web, mais surtout, propose une lecture de notre rapport très contemporain, conceptuel, social, politique et sensible, à la “donnée numérique”, cette nouvelle arcane de l’identité.

Naviguez dans etantdonnee.net :

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Un portrait de Cécile Portier : www.ciclic.fr/livre-lecture/residences-numeriques/cecile-portier-autoportrait

Le site d’écriture de Cécile Portier : petiteracine.net

Ont participé à la réalisation d’étant donnée :
Julien Kirch, Laure Chapalain, Juliette Mézenc, Stéphane Gantelet, Pierre Ménard, Alexandra Loewe, Julien Pannetier, Alain François, Benjamin Dufour, Lagrande Lessive, Saemmer Alexandra, Mathilde Trichet, Pascale Petit

 

 

Amruta Patil dans son atelier

En me dirigeant vers l’atelier d’Amruta Patil, une légère inquiétude : J’estime l’abîme de mon ignorance sur la culture indienne. Vertige ! En particulier, sur la culture contemporaine… Et mon cerveau tente tardivement de rassembler les quelques repères littéraires, artistiques ou cinématographiques à sa disposition : un dérisoire théâtre d’ombres noyé dans l’immensité d’un pays monde !

Mon flou mental est à l’exacte image de la brume sale, froide et humide qui efface la vallée aujourd’hui, ce 16 décembre si proche du jour le plus court de l’année. Je sais que la lumière sera faible et donc, que les conditions de prises de vue seront difficiles pour mon pauvre Smartphone. Read More →

Amazing #2 / ma petite participation

Déjà évoqué ici, ma participation à Amazing numéro 2 avec un article sur les galéanthropes extrait de celui-ci plus conséquent http://bonobo.net/la-femme-felin-figure-zoomorphe-transculturelle-2.

Mais qui dans la revue est superbement illustré par Sébastien Chrisostome !  Cet après-midi, j’ai récupéré mon exemplaire d’auteur. C’est une jolie revue bien épaisse, 114 pages avec de la BD, des articles et des nouvelles richement illustrées… Tout ça de haute tenue ! Et donc, mon article illustré par Sébastien Chrisostome ! Et là, c’est la grosse classe !

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Au sommaire de ce numéro 2 sur le thème du double :

Jérôme Allavena – Jean-Baptiste Bazin – Mai Li Bernard – Stéphanie Cadoret – Jean-Philippe Carton – Sébastien Chrisostome – Laure Clemansaud – Coco -Naïs Coq – Laurent Crevon – Johan Czajkowski – Anna Faivre D’Arcier – Thomas Desvigne – Cyrille Drevon – Gaelle Duhazé – Eyvie – Florent Fortin – Claire Fouquet – Alain François – Alexandre Froufe – Olivier Garcelon – Nicholas Gazeau – Julienne Jattiot – Olivier Joignant – Emmanuel Libigre – Olivier Leborgne – Thales Lira – Tony Manent – Lise Martegoutte – Barbara Muller – Shoko Ogashi – David Parrat – Morgane Parisi – Benjamin Peignon – Judicaël Porte – Boris Pramatarov – Razvan Anton – Clémence Rossi de lala – Romain Sein – Natacha Sicaud – Valentin Szejnman – Olivia Tô – Juliette Turner – Aurélia Vuillermoz

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Le deuil de Laura Ingalls

J’ai découvert au hasard d’un partage d’article sur facebook que Laura Ingalls est un personnage historique. C’est idiot peut-être, mais découvrir la chose m’a troublé. J’ai trouvé ce trouble idiot, puisque je n’ai pas d’attachement nostalgique à ce personnage de fiction.
Oui, enfant, j’ai subi « la petite maison dans la prairie », car lorsqu’on est enfant on absorbe ce qui se présente. Mais depuis toujours, j’ai une répulsion pour les fictions larmoyantes. Comme celles qui, à l’image de la littérature morale du XIXe siecle, n’hésitent jamais à se vautrer dans la boue poisseuse du pathos. Read More →

Pigmentation d’un discours amoureux

« Pigmentation d’un discours amoureux » est le titre d’un livre de Mai Li Bernard. C’est un petit livre blanc paru discrètement en octobre 2014 et qui aurait pu s’intituler « petit précis d’incommunicabilité ».

C’est un recueil de planches de bande dessinée mettant en scène des situations de la vie amoureuse. Bien, sauf que les malheureux protagonistes, déjà coincés dans la situation la plus riche en malentendus, n’ont à leur disposition pour dialoguer qu’un nombre très limité de gommettes de couleur !

La vie n’est pas toujours simple ! Read More →