sociologie

Visite de Sylvain Aquatias

Visite de Sylvain Aquatias

Sylvain Aquatias est un spécialiste des addictions et des conduites à risque… mais j’espère qu’il est surtout passé me voir vendredi après midi pour découvrir mon petit environnement sursaturé d’auteurs de bande dessinée, puisque c’est aussi l’une de ses passions. Nous sommes passés ensemble par l’atelier de sérigraphie  Lire la suite

Lucrèce contre le roi d’Hollywood

Lucrèce contre le roi d’Hollywood

Quand le scandale éclate, je suis en train de lire une traduction de Tite-Live. Et Denys d’Halicarnasse aussi. Il y avait une raison pour que je me perde là, aussi loin. Je partais d’une pièce de Shakespeare, de son sujet et de son pendant dans la peinture classique, commençant selon une vieille habitude à collecter les versions, par divers peintres, du suicide de Lucrèce…

Artification

Jeudi matin, j’ai entendu une communication courte mais limpide de Nathalie Heinich sur les mécanismes sociaux de l’artification, (néologisme bien pratique).

Je ne sais à peu près rien des polémiques autour de la sociologue, me méfie de la manière aujourd’hui dont les gens confondent fiction et réel, discours scientifique et opinion.  Lire la suite

Portrait : Thomas Mathieu

Portrait : Thomas Mathieu

En général, je ne connais pas le travail des gens que je rencontre. Je découvre la personne, et ensuite je trouve (a minima) civil de me pencher sur ses productions artistiques ou livresques. Parfois, une exception, comme Thomas Mathieu que j’ai rencontré la semaine dernière. Thomas Mathieu, c’est l’homme Lire la suite

Pauvres zombies !

Pauvres zombies !

J’avais bien noté, et ceci, depuis une bonne grosse décennie, que le Zombie était de retour au cinéma, mais que ce Zombie-là, en apparence old style, n’avait plus grand-chose à voir avec celui de George A. Romero.

En général, pour faire le malin et racheter la daube, l’intello franchouille t’explique que l’original, le Zombie de Romero, est une métaphore du consommateur moderne, esclave volontaire de « la société de consommation », et pourquoi pas, de « la société du spectacle ». OK, donc, le Zombie c’est l’homme moderne asservi par le mode de vie moderne : le gars ou la fille avec son pavillon, ses deux bagnoles, poussant son caddie dans son allée préférée de supermarchés, s’avachissant le soir devant sa TV, s’empoisonnant le week-end avec son barbecue, etc. (complétez la panoplie vous-même).

Le massacre est une forme culturelle

Le massacre est une forme culturelle

J’avais été fasciné, en parcourant des traités psychiatriques anciens, comme les formes de la folie se conformaient, comme toutes les autres formes culturelles, à l’esthétique de leur temps. Jusqu’à ce que Londres et l’âge d’or des journaux inventent conjointement la forme moderne du serial killer, celui-ci Lire la suite

Urgence urbaine

Urgence urbaine

On construit des lieux pour accueillir la détresse qui ressemblent à l’antichambre de l’enfer… Comme ça, les soignants y souffrent comme les blessés, dans une belle communion d’âme.

En bas de chez moi, un homme souffre

Il vient d’inhaler une dose du produit qu’il utilise pour nettoyer l’immeuble. Des fenêtres, on conseille à son collègue affolé d’appeler les secours, et son patron… son patron rechigne, la conversation au téléphone dure, pendant que l’autre, au sol, souffre gémit, se tient le visage avec un pull… Les voisins se scandalisent de l’immobilisme, la conversation dure… Lire la suite

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Juste avant la tornade de paranoïa collective qui s’est abattue sur les campagnes [électorales] de mon petit pays, je pensais à quoi, déjà ? Ha oui, je venais d’extraire de ma bibliothèque et reparcourir trois petits fascicules d’Alfred Kubin, le dessinateur autrichien, édités par Allia en 2007 : « Le cabinet de curiosité », « le travail du dessinateur » et « ma vie ». Je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment lu « ma vie », donc « sa » vie.

Je ne peux pas dire que j’ai une passion particulière pour Alfred Kubin, dessinateur que je classais instinctivement comme « symboliste tardif », ou pour être plus indulgent, coincé entre « symboliste tardif » et « précurseur du surréalisme »… Un artiste de transition en quelque sorte, coincé entre deux époques, coincé entre deux siècles… La lecture de sa vie, texte rapide mais informatif, m’a permis de préciser mon jugement et m’a, du même coup, provoqué quelques réflexions d’ordre plus générales.

Militantisme

Pendant une campagne, j’observe les réseaux : je remarque qu’à chaque fois qu’un militant s’exprime, il fait perdre des voix à « son » candidat… Je baptise ça, outrancièrement, le syndrome « Misery » : ton fan est ton pire ennemi.

M’évoque un grand non-dit de la communication que je note parfois ici : s’exprimer, c’est cliver, cliver, c’est exclure. Lire la suite

En passant chez Apollinaire

Je découvre qu’il croyait les sornettes du vieux mythomane Rousseau, qui n’a jamais été au Mexique. Et après tout, pourquoi ne pas le croire ? Je n’ai jamais compris qu’on attache tant d’importance à la véracité toujours relative des « dires ». Dès la cour de récré, j’étais surpris du plaisir des menteurs à tromper. Et alors ? Oui, et alors ? Lire la suite

Alors ?

Pense : une certaine pensée politique soi-disant « décolonisée » cache une conception ultralibérale de l’émancipation.

On ne peut pas non plus considérer que « toute personne est à sauver », sans distinction… (Extrême gauche). N’oublions jamais que certains jouissent de leurs entraves. Et qu’il n’y a pas de vie sans entrave.

La famille est une prison, la classe Lire la suite

Généralité

Depuis toujours, je suis pour le droit à l’indifférence. Ce droit a toutes les vertus : il assure la paix sociale et désamorce les provocations.

(le problème étant la polysémie de « l’indifférence »)

(le problème étant celui de réduire un phénomène complexe à un aphorisme)

(le problème étant que parfois on peut avoir tord, qu’on soit pour où contre un truc à Lire la suite

dialogue café / 9 août 2016

« Et alors, ce mariage ? »

Lucie me répond une chose parfaitement limpide : « Et bien tu vois… l’image exacte est celle-là : la solitude au milieu de la cour de récré quand tu n’as aucun ami. »

Oui limpide. Nous rions, et elle ajoute « mais ça vient de moi, je ne suis pas… »

Je la coupe « Non, ça ne vient pas nécessairement de toi. J’ai cru longtemps que Lire la suite

La pulsion doxique

Je cherchais à nommer ça, ce que je vois partout, ce que j’entends partout, ce que je lis partout, trouvant brusquement que le « réflexe réactionnaire » n’était qu’une des expressions d’un phénomène plus large.

Non, en voyant passer sur facebook des pseudosentences philosophiques idiotes qui trouvaient instantanément assentiment général, je me suis posé cette question : Lire la suite

décantation

Je tousse, je crache. Évacuer la poussière de l’atelier de mon père est une tâche herculéenne. Ce serait con de crever de ce qui l’a peut-être tué.

Je laisse décanter mes lectures croisées, et vient le sens, tranquillement. Il m’est impossible aujourd’hui de réprimer la lecture de classe. Le contraste entre les petits délinquants de Carco et les bobos viennois Lire la suite

Ce que dit Albert-Kahn en Open data

Ce que dit Albert-Kahn en Open data

J’ai toujours éprouvé une certaine fascination pour l’exemplaire Albert Kahn. Son projet, au-delà de la philanthropie et de l’humanisme affiché, semble démontrer qu’il ressentait très puissamment le pouvoir de la photographie, sa capacité à provoquer une mélancolie dont l’objet n’a pourtant aucun lien biographique avec nous.

Aujourd’hui (14 juin 2016), un ami facebook partage un lien sur le site de la fondation :

Je vais voir, et découvre avec satisfaction la géolocalisation des clichés :

Deux féminismes

Je ne suis pas un spécialiste, mais il me semble comprendre qu’il y a deux féminismes incompatibles :

— Un féminisme indiférentialiste

et

— Un féminisme différentialiste

le premier me semble plus politique et historique, dans le sens où les revendications sont datées, datables et claires :

Avoir le droit de vote,
avoir le droit d’ouvrir un compte en banque à son nom,
avoir Lire la suite

Aux lecteurs masochistes

Vous êtes tous responsables de la dégradation de la liberté de la presse en France : pourquoi vous entêtez-vous à lire une presse dont vous connaissez le [les] patron ? Pourquoi ?

C’est donc vous qui continuez à assurer la mainmise sur l’information par quelques groupes d’intérêts privés.

Ha, au fait, un partage d’un article est tout aussi coupable. Arrêtez de lire et colporter Lire la suite